Que puis-je griffonner sur mes pages immaculées de mes cahiers d'écolier

QUE PUIS JE GRIFFONNER SUR LES PAGES IMMACULÉES... DE MES ANCIENS CAHIERS D’ÉCOLIER... Voici quelques - uns des Souvenirs d'UNE ENFANCE INNOCENTE ...QUAND LE CIEL MUTICOLORE MURMURE A L'OREILLE DES CIELS D'OUEST DES HISTOIRES MYSTÉRIEUSES QU'IL VAUT MIEUX CHUCHOTER !! …

--   HISTOIRE INSOLITE N° 1    ---

QUE PUIS JE GRIFFONNER SUR LES PAGES IMMACULÉES DE MES ANCIENS CAHIERS D’ÉCOLIER,

...quand le ciel gris et multicolore me  murmure à l’oreille des choses mystérieuses qu’il vaut mieux

chuchoter …à l'oreille innocente des ciels d'Anjou à peine  réveillés de leur torpeur hivernale...

 

Bruissements orangés d’un petit matin d’hiver où subrepticement le soleil couvre de son or les grands clochers encore endormis de notre  rouge quartier déjà réveillé par les cris enfantins du matin hélés sous caresses de lumière vermeille.

 

HIVER EN LUMIERES MATINALES © LHEUREUX HIVER EN LUMIERES MATINALES © LHEUREUX
 

Frémissements de la femme du dauphin blanc royal qui se trémousse, déclaration de flamme dans le ventre de l’océan où le plaisir  archi- indescriptible   et mouillé de mille vagues autant féminines que troublantes et gigantesques,  éclabousse de mille gouttes de tendresse  son conjoint à l’immense  queue qui dépose en direct ses délicats baisers sur les moustaches de ses babines aquatiques, alors que l’astre solaire dessine avec le zénith un vrai angle plein.

 

Chansonnette improvisée inclassable au Top 50 d’une petite fille au sourire timide et aux pommettes rose chewing gum qui revient  encore  et tranquillement ...mais assurément vers son petit chez-elle froid et rigide avec un trésor dans sa poche, dix sur dix à son contrôle inopiné de  belles  et sauvages mathématiques modernes.

 

Chatouillis grisonnant de deux chatons noirs et feu aux yeux de perle d’ébène, à peine nés déjà qui se frottent naseaux sur la queue maternelle et tigrée de leur mère pour supprimer le trop plein de lait de leurs moustaches anodines.

 

Equilibre renversé de l’épeire diadème dégustant, sérénité du souper oblige, sa congénère masculine après ébats amoureux et enchevêtrés  -et oui-  devant une aurore bleutée n’en finissant pas de traînasser sur le jardin à peine endormi du boulanger grignotant une croûte avant que d’enclencher la grande opération des empaquetages des gâteaux de farine.

 

Murmures et grimaces d’une marmaille de gamins ébouriffés comme un as de trèfle et  empaquetés dans culottes courtes, amassés qu’ils sont  les uns contre les autres devant la porte de l’école du petit village picard attendant la stridente sonnerie qui annonce la rentrée des classes et  sacralisant la fin programmée de la grande récréation estivale.

 

Couple d’hirondelles de cheminées au ventre blanc gonflées de chagrin se chuchotant toute la méchanceté des garnements  du coin ayant alors déplacé la gamelle de saindoux délicatement déposé par une vieille dame affable dont la richesse des rides témoigne de la grandeur de son age ...Le chien de la ferme n’avait pourtant pas besoin de cette manne graisseuse supplémentaire avec ses bourrelets intercostaux  rappelant sans  une concertation préalable les plis ventraux de mon gentil grand-père.

 

Myosotis souriant sous cape et serrant chaleureusement ses clochettes outremer les unes contre les autres pour se tenir au chaud d’une soirée de printemps où bougre de Sainte Félicité, la rudesse obstinée et précoce rafraîchissait  petites  gambettes et courtes cuisses des vieilles  femmes déjà au labeur malgré l’heure, la fleur de la tranquillité se demandant si elle s’était trompée de saison devant les affres non prévisibles d’une vraie matinée où mon ardent désir de douceur ne put se costumer.

 

Il est des petits matins précieux et rares où les brouillards de pacotille de nos villages éveillés et les caprices  des brumes envoûtantes des clairs et sautillants ruisseaux  ont le souci de se désagréger sans contrainte particulière pour permettre l’accouchement merveilleux et imprévisible des précoces bourgeons entrouvrant délicatement  leur manteau pourpre pendant que les beautés ineffables d’une bonne journée qui s’annonce  déjà balbutient leurs premiers mots.

 

C’est dans l’alcôve sereine de cette précieuse guarrigue et dans les subtils embruns de cette tendre atmosphère que j’aime à habiller mes mots, à costumer mes idées et trousser mes phrases pour habiller le rêve des poésies que mes mains enfantent  sur la blancheur immaculée  de mes si beaux cahiers d’écolier.

 

(extrait d'un futur ouvrage d'histoires courtes chuchotées aux oreilles des ciels d'Anjou) (édité par La Plume Angevine, Revue Littéraire)

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