le vent qui souffle dans les feuilles

Je tourne la dernière page et replie sur lui-même l'ensemble du cahier, le plie encore en deux avant de l'abandonner au fond d'une corbeille à papier. Ce lourd amas de phrases creuses; ce manteau éculé de la pensée unique; cet écheveau inextricable de théories fumeuses git maintenant entre des vieux mégots, tout recroquevillé qu'il est sur les restes d'un repas dont il absorbe désormais les liquides. On dirait une plante fanée aux rameaux tous gonflés d'une forme de sève toxique. L'objet suinte le mensonge et la cupidité. Quelques publicités le rongent qui en accèlèrent la dégradation.

Mais qu'elles ont l'air abjectes toutes ces pages grises et que l'encre de presse est devenue fétide !

Le vent qui souffle dans les feuilles annonce avec force le renouveau du printemps.

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