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Billet de blog 11 mars 2015

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Des revues ?

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Je traîne souvent aux anciennes abattoirs de Vaugirard, devenues avec le temps un marché de livre un peu couru, le marché Brassens, du nom du chansonnier comme du parc voisin. Ici et là, entre des livres rares, des reliures luxueuses, des monticules de livres, on peut humer, renifler, respirer, découvrir, retrouver, se rappeler. Et, justement, dans l'un des monticules de livres que je privilégie toujours, du fait surtout de la modicité de ma bourse, CREATION, une revue de ma jeunesse, de mon adolescence, d'une liste donnée par un éditeur peu scrupuleux à l'égard des apprentis-poète dont j'étais - dont je suis.

Création, une revue que dirigeait une femme, Marie-Jeanne Durry, dont tous les sorbonnards en lettres ont lu et relu ses études, notamment celles d'Apollinaire, et plus exactement d'Alcools d'Apollinaire. Nous étions incollables ensuite à propos de ce texte, même moi qui ne fus pas sorbonnard. Marie-Jeanne Durry était poète - poètesse. Je la connaissais d'avant cette revue même, par le biais du petit Poète d'Aujourd'hui qui lui était consacré. Poète d'Aujourd'hui dont un éditeur me dit qu'il était des fois à Compte d'Auteur; que Seghers pratiquait, souvent, le compte d'Auteur. A qui se fier ?

Qui se souvient aujourd'hui des poèmes de Marie-Jeanne Durry ? Pourtant, ils étaient pleins de sève, d'un lyrisme maîtrisé; de longs poèmes souvent. Création, cette revue qu'elle dirigeait depuis l'Ecole Normale Supérieure de jeunes filles, boulevard Jourdan, non loin de la cité U. J'ai une tante qui y a étudié, dans les années cinquante. On y découvre des poètes, évidemment, mais des poètes de toute provenance. Ainsi, un Jean Lebrau, poète de province, par exemple. Et d'autres, qu'on ne s'attendrait pas à lire, dans une revue dirigée ainsi par une universitaire parisienne de haut vol.

C'est tout. Je voulais juste évoquer cette revue, cette figure de la poésie aussi, cet écho encore à Alcools dont un poème, Le Mai le joli Mai En barque sur le Rhin...appris en première m'est resté depuis lors. Aussi, une façon d'évoquer des fantômes, de ceux qui ne hantent même plus, quasiment plus personne. Une façon d'épaissir ce temps, ce souvenir d'un temps qui ne sera plus jamais. Celui où, dans un monticule de livres chez Laffitte, rue de Buci, piochant ici et là, pêchant en compagnie d'un camarade perdu de vue depuis, j'extrayais des trésors tels ces volumes d'Alcools d'Apollinaire par Marie-Jeanne Durry. Un temps où je rêvais d'une carrière littéraire qu'en définitive je n'aurai fait qu'effleurer et de si loin qu'aucun écho n'en résonne encore.

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