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Billet de blog 18 mai 2020

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L'AMOURIER EN L'AN 2020

présenter ici dans son cadre de vie un éditeur dont le nom déjà prête à quiproquo.

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J'avais, il y a quelques années déjà, évoqué ici Jacques Brémond, éditeur de province, de poésie dont le catalogue porte trace d'auteurs reconnus - il y a ainsi un auteur portugais prix Nobel de littérature - excusez du peu - et aussi Thierry Metz que Jean Grosjean - poète s'il en est - aura porté au catalogue des éditions Gallimard.

Mais aujourd'hui, c'est d'un autre éditeur, d'une autre pratique d'édition qu'il sera fait profil .

Ici, nous sommes bien loin de Paris, bien loin de la ville - si même Nice n' est distant que d'un peu plus de vingt kilomètres - Ici, c'est un village pas très grand, dont le coeur domine depuis un éperon rocheux qui incline. Quand on le regarde, depuis une hauteur voisine, on voit église, arbres, maisons doucement penchés d'un côté et l'on imagine ainsi l'ensemble verser lentement vers le bas, vers le Paillon, la rivière du coin, encaissé. Y demeurer, pierres fracassées, oliviers et chênes brisés, des temps infinis, sans qu'aucun...pas même le chercheur de champignons obstiné...ni même le pêcheur improbable ( seules, mouettes...) 

Et, au soir, comme une aile grise de pierre semble envelopper Coaraze. Le nom du village dans les Alpes Maritimes.

Certains, peu nombreux, des anciens surtout, à ce nom,  se rappelleront  un poète, Paul Mari, poète qui fut maire de ce village, poète qui initia des rencontres culturelles dont beaucoup ont duré, dont l'éditeur évoqué aujourd'hui a prolongé le legs en proposant, chaque fin Mai, "les journées du Basilic, " les rencontres de l'Amourier".

La maison d'édition - son bureau - est un boyau d'ombre profonde - où le soleil n'entre pas - demeure sur le pas-de-porte. Les éditeurs - puisqu'ils sont deux, un homme - Jean Princivale - une femme - Bernadette Griot - si le premier est le fondateur de la maison d'édition - s'y tiennent chaque jour que Dieu - pourquoi pas ? - a fait. 

Le bureau, donc, ce boyau d'ombre profonde à l'enseigne de bois vert au pied du vieux village, quand débute la montée redoutable qui mènera à l'église et - plus haut encore de quelques volées de marche - au défunt château - à la pelouse plantée d'arbres qui lui a succédé - où se font les livres, après décisions  collectives d'un bref comité de lecture composé - dans sa grande part - d'auteurs et d'un artiste - auquel on devra motifs des couvertures.

Au tout début, le catalogue était de poésie surtout. Désormais, il est  plus de romans, de récits, de biographies politiques. Quelques titres récents: Auguste Blanqui, Franz Fanon, Murray Bookchin. pour les biographies...Et aussi, " A un jour de la source"( Françoise Oriot) "Le pays que je te ferai voir" (Michel  Seonnet, un ancien de Gallimard) "Contre le désert" (Alain Freixe, chroniqueur à l'Huma)  et le dernier à ce jour, "Et n'oublie pas la lumière avant de" - un récit d'Alain Guillard.

C'est donc ici, dans ce petit village, parsemé entre pentes couvertes d'oliviers, où le soleil brille souvent, où la lumière mène à la place, au bistro de la place - on y mange fort bien une cuisine qui ressemble à celle de toute mère - où ça braille, ça chante, ça rit et ça sourit aimable quant en ville, grise mine, on se bouscule, on est pressé, on est...Ici, seuls les citrons sont pressés.  Ici que l'Amourier, cet homme, cette femme, dans un décor qui - sans justesse - m'évoque la scène où tout se joue de " Sous le Volcan" de Malcom Lowry - pensent, imaginent, font des livres. Des écrans d'ordinateur, un savoir faire, un sens de l'ordre, des finances, le souci de persuader et convaincre, un goût des livres surtout - d'abord. Et c'est parti.

Mais ce n'est  pas simple. Et de toujours - pas seulement de cette dernière période - qui dure.

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