L’Agent Orange s’en va, Old Joe arrive, l’Empire,lui, demeure.

Le piteux spectacle des élections américaines et l’intérêt quasi puéril manifesté par les millions de suiveurs de cette farce ne sauraient masquer la sombre réalité : tout changera pour que rien ne change.

Le piteux spectacle des élections américaines et l’intérêt quasi puéril manifesté par les millions de suiveurs de cette farce ne sauraient masquer la sombre réalité : tout changera pour que rien ne change. Nous continuerons à subir l’ultra-puissance de ce pays, son arrogance, son bellicisme sans égal, bien qu’au crédit du faussaire menteur de la Maison Blanche il faille constater que contrairement à tous ses prédécesseurs, il n’aura déclencher aucune guerre ouverte contre un état souverain.

La politique étrangère des Etats-Unis continuera avec la même agressivité, même si elle revêtira les gants blancs de la communication diplomatique protocolaire et policée. Les GAFA verront leurs intérêts garantis, à commencer par leur pillage fiscal légalisé par la pusillanimité de nos gouvernements soumis à l’Allié. Les tensions avec la Chine, la Russie demeureront et pourraient même s’amplifier avec cette dernière, celles avec la Corée du Nord retourneront revigorées, la menace de guerre permanente à l’Iran pourrait devenir réalité, le soutien à l’expropriation et à la mise en coupes réglées des Palestiniens ne variera pas d’un iota. Afin que n’implose pas le monstre au déficit abyssal, le dollar devra rester roi fût-ce au prix d’une confrontation majeure avec qui oserait remettre en cause le totem.

Sur le plan interne, le capitalisme sauvage, avec sa spéculation démesurée, ne sera pas inquiété par la nouvelle administration. La lutte contre le racisme, institutionnalisé au sein des forces de l’ordre, pervasif dans la société civile, n’est pas près de régresser tant il est ancré dans la culture dominante. La paupérisation de millions d’Américains dans les états centraux, mais aussi l’érosion des revenus des classes moyennes y compris dans les grands centres urbains plutôt démocrates, maintiendront les tensions énormes dans le pays ce qui ne sera pas sans conséquences sur une politique étrangère déjà insupportable.

Et oui, seules les bonnes âmes sensibles aux formes et les thuriféraires du mythe Américain leader d’un monde libre quoique sacrément couché, se réjouiront au point de regretter que le confinement empêche de fêter comme il se doit le changement de locataire d’une maison, blanche en apparence, noire dans ses desseins, et qui restera ce qu’elle a toujours été depuis 1945, l’instrument de l’hégémonie.

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