Buzyn, la compromission, la Vème République et… notre santé

Les larmes de Buzyn et les nôtres...

Il aura fallu attendre une piètre performance au premier tour des Municipales et le constat amer d’une fin de carrière annoncée, pour qu’un esprit de vengeance à peine voilé amène notre ex-ministre de la santé à faire enfin des révélations d’utilité publique, lui redonnant la dimension humaine que sa fonction n’aurait jamais dû lui faire perdre.

Cet épisode est très intéressant à maints égards, il souligne d’abord combien certaines ambitions personnelles peuvent conduire facilement à des compromissions, à des silences complices, y compris au prix de laisser se propager une épidémie catastrophique.

Mais sur le fond, cette affaire démontre l’inadéquation totale des institutions de notre Vème République, son mépris du débat démocratique, non seulement avec les élus, les différents partis, mais au sein même d’un exécutif qui dépend au bout du compte de la volonté et des convictions d’un seul homme. Cette situation devient intenable dans une république digne de ce nom, dans un contexte mondial qui exige la concertation et le consensus avec responsabilités partagées.  Nous sommes le seul pays au sein de ce qu’on appelle les « Démocraties » où sévit un état tel que, de fait, nous pouvons le qualifier de régime, un régime certes remis en jeu tous les cinq ans pour le même ou pour un autre toujours aussi inacceptable dans la forme et sur le fond. Rappelons-nous les critiques acerbes d’un Mitterrand à De Gaulle, pour, une fois au Pouvoir, n’y rien changer, et pire encore, en utilisant les moyens d’état à des fins personnelles ce que n’avait jamais fait le créateur du monstre.

L’association de telles institutions, sanctifiant une solidarité gouvernementale totalement démesurée, avec les ambitions effrénées de pas mal de pseudo-serviteurs du peuple, conduit à coup sûr à une impasse démocratique, à un déni des droits des citoyens y compris celui de leur propre santé.

Quand donc tout cela changera-t-il ?

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