Il n'y a pas de revirement de F. Hollande, il fait du Hollande, du PS !!

On a beau savoir qu'il va se produire avec la même certitude qu'une journée humide en Normandie, le détournement du vote populaire par les politiques, surtout ceux qui se proclament socialistes, a quelque chose de tout à la fois frustrant, révoltant et scandaleux.

On a beau savoir qu'il va se produire avec la même certitude qu'une journée humide en Normandie, le détournement du vote populaire par les politiques, surtout ceux qui se proclament socialistes, a quelque chose de tout à la fois frustrant, révoltant et scandaleux.

La réformette au pipi de chat sur le fonctionnement du système bancaire, que propose Moscovici au parlement en est une ultérieure et éclatante illustration.

Je sais, je vois d’ici fuser les critiques sur le sempiternel thème du “Attention, on ne peut pas mettre sur le même pied la droite et la gauche…c’est dangereux…etc.” justement, parlons-en !

Le gouvernement ultraconservateur de David Cameron semble avoir été, sur la régularisation des activités bancaires, infiniment plus à gauche que l’association de sauvegarde d’un capitalisme en souffrance, que constitue de plus en plus clairement notre propre gouvernement.

Pourquoi diable devons-nous tolérer, jusqu’à l’humiliation, le fait qu’un gouvernement ”populaire“ défende de façon obséquieuse les délinquants qui ont mis sur les genoux l’économie mondiale ? Tout comme à Wall Street, on ne peut que constater que le politique ne prime pas, ne prime plus, et ce depuis bien longtemps, sur les potentats financiers, bien au contraire, il est là pour les servir, pour leur permettre de continuer, si non sur des rails, sur des sentiers praticables, leur prédation du monde !

Cette triste réalité est d’autant plus éclatante quand c’est un gouvernement qui se dit de gauche qui est aux commandes. Ses premières actions ont consisté à donner des gages aux puissances d’argent, aux partisans des manières fortes, c’est ainsi qu’un Valls essaie de montrer qu’il peut faire aussi bien dans les basses besognes que la police d’Hortefeux, on n’hésite pas à intervenir au Mali, comme au temps béni de la françafrique, dont nous ne pouvons que constater le caractère immortel. On encourage un accord entre syndicats et patronat totalement en faveur de ce dernier, obtenant ainsi la précarisation légalisée de salariés qui doivent s’estimer heureux d’avoir un job au milieu de cette tourmente. Constater que des gens qui se disent socialistes participent de vile façon au chantage à l’emploi m’amène à poser la question suivante à leurs militants et électeurs : “Est-ce pour cela que vous avez voté ?”

Je ne reviendrai pas sur toutes les promesses ravalées par nos dirigeants ministres, à peine leur maroquin enfilé sous le bras.

Ce qui m’intéresse ici c’est que soit posée, une bonne fois pour toutes, la question du que faut-il faire pour arriver, de façon démocratique, par le vote, à établir un pouvoir qui prenne en compte les aspirations du peuple ? Un état qui lutte contre le chômage et la délinquance financière, qui enverrait derrière les barreaux, au-delà des petits dealers, des voleurs d’autoradios, les plus grands des délinquants au vu des dégâts qu’ils occasionnent dans des millions de foyers, pour une durée autant indéterminée qu’ insoutenable.

Comment faire pour que le politique puisse primer un jour sur le socle, la Superstructure, d’un Capitalisme intouchable par le vote, même si ce dernier exprime la volonté de sa mise au pas ?

A quoi sert une gauche qui ne saurait se fixer cet objectif ? Il faudra un jour en finir avec ce triangle des Bermudes, ce tremplin aux ambitions personnelles que n’a jamais cessé d’être le PS dans ce pays. Cette réflexion doit se poser en premier lieu aux militants socialistes de bonne foi, si, toutefois, et compte tenu de la situation, il puisse encore en exister.

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