Le Tango de Valls et le Slow du citoyen

Un petit billet pour répondre une bonne fois pour toutes à tous ceux qui, ayant pourtant voté Hollande, ne comprennent pas les réactions critiques à l’encontre de M. Valls. Je tiens à préciser, en ce qui me concerne, qu’elles ne sont en rien liées à la fonction du ministre de l’intérieur, pas plus qu’elles ne relèveraient d’un quelconque esprit  anti-flics, même si les nôtres manquent certainement de formation et de méthodes: le tutoiement de rigueur, les contrôles abusifs au faciès, le sourire narquois à qui porte un nom à consonance étrangère même si Français depuis deux, voire trois générations, etc. bref, la façon de faire ce difficile métier est fondamentale pour qui cherche honnêtement à juguler l’insécurité et la violence au lieu d’en faire des machines à engranger des bulletins de vote. Les flics que nous avons aujourd’hui, encouragés par des politiques irresponsables, ont tendance à radicaliser les voyous que nous nous trouvons, or il est urgent  de casser ce cycle infernal en réinstaurant, au détriment de celle de boutefeu, la fonction de Gardien de la Paix au vrai sens du terme. Malheureusement, avec le locataire actuel de la Place Bauveau, on est plutôt loin de commencer cette salutaire mutation.

Convenons-en, notre ministre en fait trop, pardon, en dit trop, et ça me rappelle justement un certain Sarkozy, lequel a bénéficié de ses rodomontades faisant croire qu’il était le sauveur que d’aucuns attendaient, résultat: il a été élu président de la République, atteignant son véritable et unique objectif, peu importe que les choses aient empiré dans tous les domaines et en tout premier lieu ceux, très liés, du chômage et de la sécurité.

Les tirades de Valls sur les Roms, ses fixations sur le voile, ses paroles en liberté sur la culture corse, ses crocs en jambe à Taubira, seule innovatrice de l’équipe, et vue par lui comme une dangereuse concurrente, son attitude incompréhensible par rapport à Snowden, qui n’a fait que lui ouvrir les yeux quant à ses idoles étatsuniennes qui nous espionnent à tire larigot, son admiration pour Tony Blair, autre point commun avec son prédécesseur, etc. etc. Tous ces faits m’autorisent à poser ces questions de base: Avons nous voté pour ce genre de politique ? Pensez vous que la sécurité dans le pays sera améliorée en tirant les mêmes ficelles éculées de la peur et de la division du pays ? Moi, ce que je vois, c’est un homme qui construit son parcours personnel vers l’Olympe qu’il s’est assigné, déjà depuis tout petit, le PS étant un tremplin comme un autre et peu importe les digressions grossières par rapport au programme du candidat patron et la claque cinglante ramassée lors des primaires du parti, de toutes les façons, ce qu’il faut, c’est ratisser en dehors du PS et d’une gauche de plus en plus minoritaire à force de renoncements . Il faut contrer ce parcours et ces méthodes que nous avons déjà expérimentés avec de cuisantes désillusions, alors qu’il est grand temps de s’engager vers de nouvelles manières de faire de la politique.

Malheureusement la léthargie ambiante des citoyens, et qui ressemble de plus en plus à une terrible résignation, ne présage rien de bon.

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