Pour des statistiques ethniques

Il est grand temps d’avoir un aperçu objectif de ce qu’est notre pays à un moment donné, on pourrait ainsi mieux comprendre les disparités réelles qui l’affligent et contrer les dangereux ragots stigmatisant nombre de nos compatriotes désignés comme des parias sécessionistes.    

A l’ère du delirium de bon nombre de nos politiciens, président en tête, mais aussi, hélas, de beaucoup de nos compatriotes, sur le communautarisme et le séparatisme, au moment d’attaques permanentes d’une rare violence à l’égard de nos compatriotes d’origines (fussent-elles lointaines) maghrébine, africaine, en particulier à l’encontre de ceux supposés pratiquer ou pas la religion musulmane, il convient de façon urgente de proposer un recours aux faits, aux chiffres, afin de rétablir un minimum de raison et, faut-il l’espérer, de bon sens.

Il est urgent d’identifier et de détricoter les véritables petits entre-soi de la République afin de comprendre qui profite du système, des systèmes, qui vit où, qui étudie où, qui occupe les positions dominantes dans les entreprises, administrations, médias, universités, centres de pouvoir, qui épouse qui, qui se mélange et qui se mélange moins ou pas, qui gagne quoi, afin de confondre et de défaire les à priori fallacieux de ceux qui accusent toujours les mêmes, cités ci-dessus, de refuser l’intégration et l’assimilation prônées à tue-tête par les nouveaux idéologues de l’apocalypse qui guetterait selon eux notre magnifique pays, sa culture et sa civilisation. Il serait alors aisé de constater que s’il existe un séparatisme de fait, c’est bien celui de ces apprentis sorciers qui visent avant tout le maintien de leurs privilèges et de ceux qui les stipendient.

La loi Informatique et Libertés du 6 janvier 1978 punit de 5 ans de prison et 300 000 euros d'amende le fait de recueillir et d'enregistrer des informations nominatives relatives aux origines ethniques ou à l'appartenance religieuse des personnes interrogées. Une telle loi est infondée, injustifiée. Preuve en est que la plupart des démocraties que nous considérons sœurs, ont de telles statistiques sans que cela ne pose le moindre problème.

Si l’on ne comprend pas de prime abord ce que protège cette loi, on est sûr qu’elle permet tous les délires qui sapent la cohésion de notre société en laissant le champ libre à l’haro permanent sur les mêmes baudets sans que cela n’émeuve le moins du monde nos législateurs.

Il est grand temps d’avoir un aperçu objectif de ce qu’est notre pays à un moment donné, on pourrait ainsi mieux comprendre les disparités réelles qui l’affligent et contrer les dangereux ragots stigmatisant nombre de nos compatriotes désignés comme des parias sécessionistes.     

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