Sémites et racistes, malheureusement ça existe et c’est douloureux.

M. Zemmour vient d’être condamné pour la deuxième fois pour injure et provocation à la haine, c’est juste, mais s’il n’y avait que lui.

En réalité, ce polémiste radical, sombre interprète d’une Histoire de France et d’Europe plus que contestées par nombre d’historiens,  se situe à la pointe d’une équipée dans laquelle pas mal d’autres figures juives du paysage médiatique et de la société civile, bénéficiant d’un espace, y compris public, aussi ample que complaisant, expriment, moins violemment certes, mais avec la même obsession et au nom d’une liberté de parole plus que débridée, leur répulsion, leur stigmatisation à l’encontre de leurs concitoyens d’origines, Arabe, musulmane, Africaine et plus généralement non Européenne.

Un comportement inimaginable il y a seulement quelques années. Et oui, un vrai casse-tête pour la LICRA et toutes les associations antiracistes, quand des sémites promeuvent un racisme à plusieurs étages, de Zemmour à Finkielkraut, en passant par Bensoussan, Goldnadel, Elisabeth Lévy et pas mal d’autres (il suffit de consulter la liste des signataires de l’indécent manifeste des 300), il y a là matière à s’inquiéter et pas qu’un peu. L’étrange distinction entre racisme et antisémitisme aurait dû en son temps mettre la puce à l’oreille de bon nombre d’observateurs, car quand on est raciste on est raciste et c’est tout, cette altération de l’âme humaine ne suffit-elle pas à elle seule ?

Aujourd'hui, on ne peut que regretter de voir des juifs, dont beaucoup ont eu des membres de leur famille, stigmatisés, spoliés, déportés, assassinés, reprendre le plus librement du monde nombre d’arguments utilisés au siècle dernier contre leur propre communauté. Il y a quelque chose de grotesque de voir un Zemmour, un Finkielkraut, se parer du rôle de chantres d’une civilisation retoquée par eux comme exclusivement Judéo-Chrétienne et dont ils s’évertuent au fil de leurs brulots à en redéfinir la « juste » substance.  Il y aurait de quoi rire si leurs délires obsessionnels n’étaient pas relayés sur pratiquement tous les médias mainstream y compris publics, le tout dans une indifférence quasi générale. Malgré quelques courageuses mais inaudibles voix, le silence de trop nombreux juifs, sans aucun doute ébranlés par de telles éructations, est, quant à lui, assourdissant, incompréhensible, mais surtout douloureux.

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