Solidarité avec les enfants du Rif.

Appel à la solidarité avec les enfants du Rif suite aux sévices qui leur ont été infligés par la police marocaine en cette fin d'année 2017. Une centaine d'enfants du Rif qui ont entre 6 et 17 ans ont subi arrestations, menaces, insultes et passages à tabac par la police marocaine pour leur participation à des marches pacifique réclamant la libération des prisonniers politique du Rif.

Communiqué du 09/01/2018 de la coordination européenne de soutien au mouvement populaire dans le Rif sur les derniers événements qui ont eu lieu au Maroc 

Eu égard du respect que chacun se doit d'accorder à la dignité de son prochain et à plus forte raison à la dignité et au bien être des enfants qui symbolisent l'innocence et qui doivent, au regard de leur manque de maturité physique et intellectuelle, bénéficier d'une assistance et d'une protection particulière,

eu égard du principe 2 de la déclaration des droits de l'enfant adopté unanimement par la communauté internationale lors de l'assemblée générale des nations unies du 20 novembre 1959 qui stipule:

"L'enfant doit bénéficier d'une protection spéciale et se voir accorder des possibilités et des facilités par l'effet de la loi et par d'autres moyens, afin d'être en mesure de se développer d'une façon saine et normale sur le plan physique, intellectuel, moral, spirituel et social, dans des conditions de liberté et de dignité. Dans l'adoption de lois à cette fin, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être la considération déterminante.",

eu égard de l'article 5 de la déclaration universelle des droits de l'homme qui stipule:

"Nul ne sera soumis à la torture, ni à des peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants.",

eu égard de l'article 9 de la déclaration universelle des droits de l'homme qui stipule:

"Nul ne peut être arbitrairement arrêté, détenu ou exilé.",

nous, coordination européenne de soutien au mouvement populaire dans le Rif, condamnons dans les termes les plus fort, les arrestations, les traitements dégradants, les menaces de viol et les actes de torture lâchement infligés par les forces de police et de gendarmerie marocaines à l'encontre des enfants du Rif.

Parmi les crimes de l'état marocain envers les enfants du Rif:

  • Le 21/07/2017 arrestation et actes de torture sur Bilal Elhamzouai, 12 ans habitant Al Hoceima.
  • Le 10/12/2017 arrestation dans la ville de Imzouren de Mahames Nahhas, 12 ans.
  • Le 10/12/2017 arrestation de Zakaria ElGhabzouri, 13 ans.
  • Le 10/12/2017 arrestation de Ayou El Qadaoui, 15 ans.
  • Le 19/12/2017 arrestation dans la ville de Imzouren de Issa Moussaoui, 10 ans.
  • Le 19/12/2017 arrestation de Anouar Abjij, 14 ans.
  • Le 19/12/2017, en tout, 19 enfants ont été arrêtés par les fonctionnaires marocains dans la ville d'Imzouren dont 3 frères, l'un ayant 6 ans, le deuxième 8 ans et le troisième 10 ans.

 

En tout, une centaine d'enfants ont été arrêtés par les fonctionnaires marocains. Tous ces enfants ont subit insultes, menaces et passages à tabac.

Voici certaines des menaces vociférées par les agents de la police marocaine «Nous prendrons la fine fleur de votre jeunesse, et ensuite nous amènerons vos filles, vos mères et vos sœurs pour les violer.»

Tous ces enfants ont été arrêté et ont subit les sévices sus-mentionnés pour avoir participé à une marche pacifique pour réclamer la libération de tous les détenus politiques rifains.

Voila la véritable face du régime marocain. Un régime d'une grande lâcheté qui terrorise les enfants et qui ne recule devant aucune bassesse pour faire taire toute contestation et parole libre.
Après avoir jeté en prison une personne âgée, une jeune artiste ainsi que des centaines de jeunes hommes et après avoir condamné certains de ces manifestants pacifistes à des peines allant jusqu'à 20 ans de prison, le régime marocain a décidé de terroriser les enfants. Ce régime utilise les procédés les plus abjects afin de faire taire les aspirations du peuple rifain à la liberté, à la dignité et à la justice, de maintenir le statu quo hérité de la colonisation et de garantir à ses dirigeants tous les pouvoirs ainsi que tous les privilèges.

Nous appelons toutes les organisations qui ont pour mission de protéger et défendre les droits de l'enfant dont l'UNICEF, The Global Movement for Children, Defence for Children International, le Comité de Solidarité Trois-Rivières, la Fondation pour l'Enfance, la fondation La Voix de l'Enfant ainsi que toutes les âmes éprises de justice à se solidariser avec les enfants du Rif et à leur apporter leur soutien.

Nous tenons également à apporter notre soutien aux populations des ville de Jerada, Azemour, Essaouira, Tinghir, Imider, Sidi Ifni et Safi. Solidarité avec la ville de Jerada qui connaît une épidémie de silicose, maladie pulmonaire provoquée par l'inhalation de fines poussières de charbon, et dans laquelle 2 mineurs de charbon, Houcine et Jedouane, 2 frères âgés respectivement de 23 et 30 ans, sont décédés suite à l'inondation de la galerie dans laquelle ils se trouvaient. Solidarité avec la ville d'Azemmour qui réclame un accès aux soins de santé. Solidarité avec la localité de Sidi Boulaalam qui se situe à 60 km au nord-est d'Essaouira suite à une bousculade lors d'une distribution de denrées de première nécessité durant laquelle 17 personnes dont 14 femmes et trois enfants ont été tuées alors que 38 autres ont été blessées. Solidarité avec la province de Tinghir suite à la disparition tragique de la petite Idya, 3 ans, décédée faute de soins de santé, deux jours après une chute. Les habitants de cette province souffrent d'une grande pauvreté malgré le fait que leur sous-sol regorge de minerais (or, plomb), ressources dont les habitants ne bénéficient aucunement. Solidarité avec le village d'Imider et en particulier avec le mouvement 96 Imider qui lutte depuis le 1er août 2011 contre le pillages de ses richesses naturelles (Imider repose sur les plus importantes réserves d'argent d’Afrique), la destruction de l’environnement à cause de la pollution et de la surexploitation des richesses naturelles (eau, terres, sables et mines...), les politiques de marginalisation, d'appauvrissement et d'exclusion menées par l'état à l’égard des communautés. Malgré ses importantes reverses d'argent, Imider est maintenu dans une extrême pauvreté. Solidarité avec la ville de Sidi Ifni qui est maintenu dans un état de grand délabrement et dont la population a sauvagement été réprimée en 2006. Solidarité avec la ville de Safi dans sa lutte contre l'importation, décidée par les autorités marocaines, de déchets toxique en provenance d'Italie qui selon l'institut italien de santé causeraient des maladies graves dont des cancers du colon ou du foie.

Nous demandons l’arrêt immédiat de la maltraitance que fait subir la police marocaine aux enfants du Rif, nous demandons la libération immédiate de tous les enfants et de tous les prisonniers politiques du Maroc. Nous demandons l'abrogation du décret qui fait de la province d'Al Hoceima une zone militaire ainsi que le départ de cette ville des milliers de militaires qui l’assiègent. Nous demandons enfin la satisfaction des demandes légitimes et minimalistes du cahier revendicatif du mouvement populaire du Rif.

Nous continuerons avec une détermination sans faille notre lutte contre l'oppression et les injustices jusqu'au triomphe de la liberté et de la justice.


La coordination européenne de soutien au mouvement populaire dans le Rif.

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