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Billet de blog 12 nov. 2020

COVID-19 : Est-ce qu’on va dans le mur ou bien on remet le monde à l’endroit ?

Les deux piliers de la politique de nos dirigeants pour contrer la Covid-19 sont « la peur » et « les interdictions sans discernement ». Pour se justifier, ils nous envahissent d’informations imprécises, incohérentes et même contradictoires. Cette politique est à l’opposé de l’évolution de la société contemporaine. Il est urgent de participer à une autre politique.

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Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

« La peur n’évite pas le danger » dit la sagesse populaire et pourtant, provoquer et maintenir la peur semble être le premier pilier de la politique de nos dirigeants pour lutter contre la Covid-19.

À la peur d’attraper le virus, entretenue pas des informations anxiogènes permanentes, s’ajoute la peur de ne pas être soigné parce qu’il y trop de malades dans les hôpitaux ; cette raison étant présentée comme une fatalité pour mieux masquer les lacunes d’origine et pour rejeter la responsabilité sur les citoyens pas assez soumis aux règles.

Le second pilier de cette politique est « l’interdiction sans discernement » qui est présentée comme la seule réponse possible à la propagation du virus.

Cette politique imposée avec autorité, voire par la force, est utilisée afin de tenter de soumettre tous les citoyens à des consignes peu argumentées. De ce fait, cette politique génère une soumission acceptée avec plus ou moins de réprobation mais toujours accompagnée d’une incompréhension couvant une grogne de plus en plus forte risquant de dégénérer.

Alors, les dirigeants, redoutant que les ordres ne soient pas suivis à la lettre, et incapables de présenter une alternative à leur politique, se servent de la peur du gendarme et des amendes pour faire oublier la vacuité de leurs propositions.

Ce qui me semble grave, c’est que cette politique répressive fait perdre de vue que l’important n’est pas le respect du confinement et des gestes barrières, mais bien la lutte contre le virus et sa propagation.

Pour justifier leurs consignes, qui paraissent illogiques voire incompréhensibles à beaucoup de citoyens, les dirigeants ont recours à une diffusion massive (à la limite du matraquage) d’informations imprécises, incohérentes et même contradictoires. Immanquablement, cette diffusion provoque une totale perte de confiance dans les dirigeants et de leurs propositions. Elle fait également penser que les dirigeants n’ont que du mépris pour des citoyens qu’ils infantilisent.

UNE POLITIQUE EN DÉCALAGE COMPLET AVEC LA SOCIÉTÉ CONTEMPORAINE 

Cette politique autoritaire voulant mettre une population au garde à vous et mettre tous les citoyens dans le même panier est d’autant plus stupide qu’elle est à contre-courant de l’évolution de la société actuelle.

En effet, si il y a une trentaine d’années, les informations étaient relativement peu nombreuses et leur diffusion limitée, depuis le développement des technologies de l’information et de nos jours la présence des réseaux sociaux, une énorme quantité d’informations est accessible. Bien que ces informations soient parcellaires, discutables, et souvent fausses (fake news) elles ont provoqué un véritable changement de société. Les citoyens ont de plus en plus besoin d’une part de comprendre, et d’autre part de donner leur point de vue. Même si on peut caractériser la société comme de plus en plus individualiste, c’est la multiplicité des idées et le respect des nuances qui s’imposent et qui font la force de notre société.

Ce qui fait que vouloir soumettre la population dans des cases prédéfinies n’a jamais été aussi absurde.

Déjà, fin 2018, il paraissait évident qu’il était impossible d’obliger les Gilets-jaunes d’avoir un représentant, tant ils étaient socialement différents, d’opinions politiques multiples voir opposées et tant leurs souhaits étaient disparates. Alors, comment peut-on penser qu’une politique imposée de force à tous sans aucun discernement puisse être comprise et efficace.

Les dirigeants pour prouver qu’il n’y a qu’une seule solution, font émerger un dilemme « entre Santé et Travail ». Il est évident que c’est un faux dilemme car il n’est pas question de choisir ; il faut à tout prix trouver toutes les solutions possibles pour conserver les deux ; et le temps presse.

Par ailleurs, il me semble clair que pour nos dirigeants, nos valeurs républicaines « Liberté, Egalité, Fraternité » qui sont clamées sans arrêt à propos de laïcité ou de terrorisme ne sont que des mots sans aucune importance pour eux puisque lorsqu’il s’agit de lutter contre la covid-19, nos libertés sont broyées, l’égalité n’existe ni socialement, ni sur le plan des activités, et la fraternité si elle est encore tolérée pour aider les plus démunis, est fortement entravée par toutes les solutions proposées : confinement, masque, couvre-feu. Pourtant, ce sont nos valeurs qui nous permettront de sortir de l’impasse dans laquelle nous sommes engagés.

Combattre le virus actuel et ceux qui vont apparaitre dans l’avenir, ne peut être fait qu’avec la participation et l’imagination de tous sur des bases qui nous rassemblent.

UNE ACTION COLLECTIVE EST POSSIBLE ET SOUHAITÉE PAR TOUS

 Les dirigeants ont employé le terme de « guerre » pour attiser la peur. Non seulement ce n’est pas une bonne approche mais la question qui se pose est : pourquoi mettre en prison (heu pardon, en confinement) toutes les personnes susceptibles de combattre le virus. Ne vaudrait-il pas mieux de se servir de la participation et de l’imagination de tous. Dès l’arrivée du coronavirus dans le pays (fin 2019) les médecins et infirmiers ont fait preuve de réaction et d’imagination pour lutter contre la propagation du virus avec des moyens dérisoires. Plus tard, les responsables de PME, les gérants des boutiques se sont immédiatement organisé pour respecter les gestes barrières et ont mis en œuvre des solutions plus contraignantes que celles proposées.

Dans ce combat, les solutions viendront de l’imagination des personnes qui sont face aux réalités car nous avons à faire à un virus redoutable et imprévisible.

On peut s’étonner qu’à l’époque de l’Intelligence Artificielle, qui permet des simulations et surtout d’analyser finement des milliards d’informations en quelques secondes, des investissements importants voire massifs n’aient pas été engagés pour recueillir toutes les informations possibles en provenance des centres de soins, des villes ou villages touchés pas l’épidémie, des malades, des boutiques, etc. et pour créer les milliers d’applications utiles pour aider tous les citoyens dans leurs activités quotidiennes. On est alors tenté de penser que les dirigeants ne croient pas non plus à l’utilité de l’informatique et n’y voient qu’un nouveau business qui peut rapporter.

On peut s’étonner que des concours n’aient pas été lancés pour recueillir toutes les initiatives ou idées pourtant servir le combat contre la Covid-19 et les mettre en place.

Alors que les dirigeants clament qu’ils vont dépenser sans compter pour compenser les catastrophes causées par leurs consignes incompréhensibles, on peut s’étonner que rien ne soit investi pour mobiliser la créativité des milliers de citoyens qui ne demandent qu’à combattre la Covid-19 et les futurs virus.

TROUVER LES MILLE ET UNE SOLUTIONS CONTRE UN VIRUS AUX MILLE PIÈGES

Il faut considérer que ce virus, extrêmement complexe (pour ne pas dire diabolique), et des centaines de questions sont sans réponse ou bien divisent les médecins et les scientifiques :

  • Comment se propage le virus - par les positions émis en parlant ? dans l’air ? via des objets manipulés par tous comme les poignées de porte, les claviers des dispositifs de paiement, les rampes d’escalier, etc. parce qu’il reste actif longtemps ?
  • Comment organiser des lieux à forte présence (écoles, entreprises, universités, bibliothèques, salles de spectacles) pour qu’ils ne se transforment pas en cluster ?
  • Quels dégâts ce virus peut-il provoquer sur l’être humain (tous les jours les médecins découvrent des nouvelles zones endommagées ; récemment des zones du cerveau sont fortement endommagés chez les malades gravement atteints)
  • Quand risque-t-on de contaminer d’autres personnes sachant qu’on peut être bien portant et porteur du virus et combien de temps après la guérison. Cette guérison garantie-t-elle qu’on ne peut plus contaminer d’autres personnes.
  • De quelle manière peut-on détruire le virus ; c’est apparemment possible par un lavage à plus de 35° détruisant sa couche protectrice ou bien avec des dissolvants ou des détergents ou bien par l’utilisation d’ultraviolets.
  • (Ce ne sont que des exemples, merci d’ajouter les centaines de questions que vous vous posez)

Chaque métier utilise des gestes quotidiens susceptibles de propager le virus mais les responsables d’entreprises et les employées sont tout à fait capables de les lister et de définir les solutions bien adaptées s’ils sont correctement informés sur la manière dont agit la Covid-19

Nous avons besoin de données claires, précises plus que de propos contradictoires propres à emberlificoter des citoyens responsables et jamais à court d’imagination pour trouver des solutions.

Il me semble donc que la mise en place d’une politique reposant sur la confiance, l’action et la volonté de chacun est indispensable car je ne vois pas comment les hommes et les rapports humains peuvent survivre au port de masques, à une distanciation et à l’enfermement pendant plusieurs mois, voire plusieurs années.

( 11 / 11 / 2020 )

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