La librairie de la rue commerçante est ouverte.

Il existe beaucoup de solutions pour rouvrir les librairies pendant la menace de la Covid-19. En voici une, je vous laisse en imaginer des dizaines d'autres.

Lisa fait la queue devant l’entrée de sa librairie préférée. Fort heureusement il n’y avait que 3 clients qui attendaient d’avoir la possibilité d’entrer étant donné les distanciations réglementaires. Après quelques minutes d’attente, elle pénètre dans la boutique. Sur le seuil, à côté du gel-hydro alcoolique de rigueur, un vendeur propose un « mag-biper » (biper pour magasin) de la dimension une petite boite d’allumettes. C’est un petit appareil qui bipe lorsqu’il est à moins d’1m20 d’un autre « mag-biper ». Rudimentaire puisqu’il n’a que cette fonction, il a été mis au point lors du premier mois de confinement en mars 2020 avec le soutien financier du gouvernement (Ce texte est une fiction, ne rêvez pas). Depuis, il est disponible dans tous les magasins dits non-essentiels. La grande quantité de mag-biper produite a permis un coût ridicule de fabrication et donc une mise à disposition de tous les magasins. La librairie en dispose d’une dizaine, ce qui lui permet d’équiper ses 2 employés et les 8 clients tolérés dans la boutique en même temps. Le mag-biper est rendu à la sortie du client et aseptisé systématiquement avant d’être remis en service.

Ce qui surprend Lisa c’est la disposition de la boutique qui a changé. Plus de tables mais des présentoirs verticaux un peu inclinés montant jusqu’à hauteur d’homme sur lesquels sont posés les livres. Les allées sont assez espacées de manière à permettre aux clients de circuler sans se toucher. Le nombre de livres est impressionnant car cette disposition permet l’exposition de deux ou trois fois plus de livres que d’habitude. Les livres, qui sont protégés des manipulations interdites en boutique par un film transparent, sont toutefois bien visible, présents physiquement et attirent le regard des clients. Certes, Lisa ne peut pas feuilleter les livres mais la présence physique des livres est bien plus agréable que celle des images sur écran.

Les livres, dont la première de couverture conserve le pouvoir attractif habituel préparé par les éditeurs, comporte au bas un code QR. Lisa, attirée par l’un deux, saisit le code avec son téléphone mobile et immédiatement, la première de couverture apparait suivie de la quatrième de couverture où est présenté un résumé et les 10 premières pages du livre, permettant de bien se rendre compte de son contenu (style, imagerie, etc.). Les données sont sur le site internet de l’éditeur ; le travail de saisie de données complémentaires à celles réalisées systématiquement par les maisons d’édition ont été faites avec le soutien financier du gouvernement qui anticipait les difficultés des libraires face à la covid19. (Je rappelle que ce texte est hélas une fiction). De cette manière, un résumé de tous les livres édités en France est disponible également pour les bibliothèques publiques et les particuliers. Ce qui reste à la charge des boutiques est la mise en place sur chaque livre exposé du code QR qui se génère automatiquement dès qu’on a l’URL de la page de présentation du livre de l’éditeur.  Pour les clients qui n’on pas de téléphone mobile, la librairie prête un appareil qui est un vieil appareil recyclé disposant uniquement des fonctions de lecture de code QR et de navigation internet pour lire les informations.

Mais Lisa a aussi à sa disposition en boutique deux bureaux d’accueil qui d’une part répondent efficacement aux demandes d’informations des clients sur tous les livres édités mais d’autre part en tant que caisses de la librairie permettent de payer et de faire venir du stock un exemplaire des livres achetée qu’elle pourra récupérer dans les minutes qui suivent l’achat. Lisa peut donc de cette manière venir acheter des livres en toute sécurité, d’autant que le système de climatisation aseptise l’air circulant dans la boutique et le stock de la librairie.

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