Catalogne : le processus politique peut-il se terminer en guerre civile ?

Barcelone : les députés « Pé a Corsica » twittent et selon un journaliste de France 2 (Rome) « Madrid a déjà perdu ». Deux millions de bulletins sont confisqués et avec des fleurs, les citoyens protègent les urnes, face aux forces anti-émeutes qui frappent aussi les pompiers. Le long processus politique catalan vers l’autonomie, peut-il se terminer en guerre civile ?

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Sur place à Barcelone et à Gerone, ls députés « Pé a Corsica » twittent comme des reporters et un journaliste France 2 (Rome et Vatican) ) estime que « Madrid a déjà perdu ». Des footballeurs du Barça votent en soutien au processus démocratique catalan, alors que 2 millions de bulletins de vote ont été confisqués sur ordre de Madrid. Avec fleurs et banderoles, les citoyens protègent les urnes face aux forces spéciales suréquipées et à bout de nerfs. Au milieu, les pompiers casqués sont eux-aussi frappés par la police anti-émeute madrilène. Un long processus politique vers l’autonomie peut-il se terminer en guerre civile et ce au coeur de l’Europe dirigée par Bruxelles, et qui jamais plus, ne pourra donner de leçons de démocratie à la planète entière ? D'autant que selon le quotidien Libération: certains observateurs britanniques annoncent " une plainte contre l’Espagne au tribunal pénal international". Sont attendues les réactions du Président Emmanuel Macron, de Jean-Claude Juncker, d’Angela Merckel et du Roi d’Espagne Philippe VI. L’Etat espagnol à l’évidence fragilisé et en deshérance, est-il devenu totalitaire (et donc sans avenir), comme l’ont été les dictatures criminelles de Franco ou d’Hitler ?
Tenter d’empêcher, par la violence, les citoyens catalans de voter - pour ou contre l’indépendance - , signifie l’abrogation de fait d’une liberté politique fondamentale. C’est inadmissible comme l’est le silence de l'Union Européenne, à l’exception de la déclaration de Charles Michel Premier Ministre de Belgique : « la violence ne peut jamais être la réponse !  Nous réaffirmons notre appel au dialogue politique ».
Depuis 2010 les négociations entre la Catalogne et Madrid avaient péniblement avancé malgré les reculades des gouvernements espagnols et les invalidations constitutionnelles.
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François Beaudonnet‏ Correspondant France 2 à Rome et au Vatican
est doté d’une haute conscience politique européenne. Il commente avec aplomb et pertinence les milliers d’images et de vidéos qui circulent et, il interpelle le compte @JunckerEU #UE : « Un Etat qui réprime par la force une consultation populaire, ce ne serait pas contraire aux valeurs de l'Europe ? Cette scène de violence contre une personne âgée va faire le tour du monde. Quoiqu'il se passe aujourd'hui, Madrid a déjà perdu. »
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A Barcelone ce dimanche, des élus européens de l’Alliance Libre Européenne et de Régions & Peuples Solidaires sont présents en tant qu’observateurs. Dont Victor Gallou de l’Union démocratique bretonne (UDB) qui dit-il réaffirme « le principe du droit des peuples à disposer d'eux-mêmes, tels qu'il est énoncé dans l'article 1er de la Charte des Nations unies. Nous exigeons du gouvernement espagnol qu'il stoppe sa répression antidémocratique contre le peuple et les élus catalans, et qu'il puisse laisser le référendum se dérouler. »
A 15h le décompte annonce 110 blessés chez les manifestants et 11 chez la police. Des milliers de citoyens catalans ont campé depuis deux jours dans les bureaux de vote avant d’en être délogés par des engins blindés et des tirs de projectiles en plastiques. A leurs côtés sont présents des élus de Corse dont Jean-Guy Talamoni Président de l’Assemblée de Corse et les députés Pè a Corsica. Dont Jean-Felix Acquaviva (Hte-Corse) : « Voilà ce que fait l'Etat espagnol pour empêcher les catalans d'exercer leur droit au libre choix. La répression de la Guardia civil contre la volonté démocratique et la mobilisation pacifique d'un peuple qui veut voter . » 
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Paul-André Colombani ( député de la Corse-du-Sud):
« le Gouvernement Rajoy tente de freiner les opérations de vote en piratant l’émargement numérique prévu en cas de bureaux de vote bloqués. »
A Bilbao ( Euskadi), à Bayonne, Mauléon, St-
Jean Pied de Port des rassemblements ont été organisés. Une conciliation de la dernière chance  avec le pouvoir central et jacobin de Madrid, aurait-elle été possible ? Jakes Borteyrou-Daguerre dirigeant du mouvement Euskal Herria Bai (EH Bai)  : « le gouvernement espagnol avait montré qu’il n’avait aucune intention de trouver une sortie politique.Cela ne date pas d’aujourd’hui cela fait cinq ans que les propositions venues de Catalogne pour reformer le statut, changer les choses, négocier, de discuter le gouvernement ont été traité par le mépris et la repression.
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Il était certain qu’il irait jusqu’au bout dans sa ténacité, sa bêtise on peut le dire, sa position anti démocratique. Ce qui nous interpelle ? Les Etats européens et l’Europe restent hélas silencieux. Au coeur de l’Europe, des citoyens, veulent s’exprimer sur leur l’avenir, ils utilisent les procédures et voies légales. Et un Etat européen, l’Espagne, au lieu de chercher des solutions politiques à un problème politique se retranche derrière des arguties juridiques et derrière la force brute
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Mon pronostic ? Les Catalans ont montré une grande intelligence politique, un courage et une détermination incroyables, pour aller jusqu’au bout. Et aussi un self-control important, ils ripostent de manière pacifique à la violence de l’Etat espagnol et ils sauront développer des voies politiques pour la suite » .

 

LV

 

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