Corse : patrimoine et "géopolitique" du rural.

« Dans l’histoire du territoire il y a les ingrédients du développement du territoire » : sur cette philosophie se construit le futur itinéraire patrimonial et touristique corse dédié à St-Martin de Tours.

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Future étape corse, patrimoniale et touristique, sur l’Itinéraire européen des centres culturels St-Martin), ce projet de parcours est adossé, et documenté, par le Festival d’Automne de la Ruralité (12ème édition). En Corse, peut-être plus qu'ailleurs, on peut parler, in situ, d'un fort potentiel géopolitique du territoire rural. Si on accepte l'idée, comme le dit Christian Andreani que « dans l’histoire du territoire il y a déjà les ingrédients du développement du territoire ».
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A condition toutefois d'y croire, d'inventorier, de valoriser les atouts de l'immense patrimoine historique, monumental, archéologique du rural insulaire
C’est à dire, à l’échelle des villages de l’île-montagne , imaginer une possible renaissance, une relance économique via un apport significatif de populations actives. En effet, comment sauver le territoire, valoriser son patrimoine sans la ressource humaine? Et ceci n'est pas hors sujet mais au contraire au coeur même de la problématique du rural. Car il y a les « ingrédients » mais où sont les femmes et les hommes qui seraient les moteurs du sauvetage ?
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Bonne perspective en regard du chaos de la mondialisation : des signes positifs d'une relance , apparaissent dans l'île…là où de jeunes agriculteurs s’installent. Ainsi à Penta-di-Casinca en l’espace de six mois, deux exploitations d’élevage porcin sont crées par de très jeunes entrepreneurs ( 21 et 22 ans). Dans la perpective de "l'effondrement global ", du peak oil ( pénurie) , du dérèglement climatique: on retrouve , au coeur de la problématique du rural corse, la question de l'autonomie alimentaire. 
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Quel serait le support de ce tourisme rural et patrimonial, éco responsable, ancré au plus profond de l’Histoire de l’île ( et pourquoi pas de son roman national)?

Sur cet engagement et sur cette relecture personnelle du territoire insulaire, Christian Andréani ( Pd des centres culturels européens St-Martin de Tours)  a rassemblé autour du Festival d’Automne de la Ruralité : des élus, des universitaires, des historiens (y compris amateurs et locaux), des écrivains, des muséographes, des organistes ( E. Pardon et la Montagne des orgues), des artistes ( Veronique Desideri, Sandrine Luigi), des guides de montagne, des conférenciers, des experts en environnement, des agriculteurs …

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Mais, qui dit " "Festival d'automne de la ruralité " ne renvoie pas immédiatement, ni à des filières touristiques connues et surexploitées, ni à la saisonnalité majoritairement balnéaire du tourisme en Corse. Pourtant une vision innovante du rural et de ses nombreux atouts touristiques encore peu ou pas inexploités, pourrait être adoptée avec profit par les villages et les intercommunalités.

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Si elles souhaitent créer des circuits de tourisme patrimonial en lien avec les projets de l’Agence de Tourisme de la Corse ( ATC).
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Comment mettre en pratique cette valorisation patrimoniale  ? Suivez le guide c’est à dire l’histoire de la Corse, ses itinéraires, ses monuments, ses trésors méconnus, ses vestiges, ses églises baroques, ses fouilles archéologiques etc.... 

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Démarré le 28 septembre à Speluncato (« Prêtres balannins au XVIIème siècle et Droit des peuples à disposer d’eux-mêmes » de I. Lucciani), le festival s’est terminé
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le 1 er décembre à Ville-di -Pietrabugno, traversant du nord au sud de l’île uns trentaine de villages et de sites. Certains totalement oubliés ( sauf des archéologues dont l’historien S. Orsini ). Ainsi, enfoui dans la nature, on a vu le baptistère paléochretien de Bravone à Linguizetta. Et à Scata , le castellu de Lumitu des seigneurs Cortinchi. D’autres sites sont en cours de recherches dont l’église d’Omessa (ses fresques extraordinaires de sa Charité martinienne), ou Barbaggio (sa fonderie de cloche du 11è siècle). D’autres étapes du festival ont permis de mieux connaître des trésors inestimables de l’art baroque corse. C’est à dire des églises au coeur de la montagne ( dans l’Orezza) si richement décorées d’or,  de peintures, de fresques, de statues par dizaines, qu’elles valent celles de Florence ou de Venise ( Piedicroce, Carchetu, Bastia). D’autres étapes se sont déroulées en phase avec des fêtes traditionnelles comme à Sisco et à Evisa (Parc Naturel marin Cap Corse Agriates et aussi la Fête du Marron et du Champignon). Ou en milieu urbain via des sites à décrypter comme l’ancien village de Lupino et sa veillée populaire.
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A Vescovato les visiteurs ont parcouru un itinéraire découverte de l’architecture villageoise (moulin, écomusée A Mémoria). A Biguglia : « 1000 ans de l’histoire des Seigneurs » par Lucile Gandolfi de la Piquelière, ou à Casaglione « Enjeux et pouvoirs sur les Territories de Corse depuis le Moyen Age » par A.-M. Graziani ). Et puis au fil des dates des visites patrimoniales et des expositions temporaires (« La Corse Impériale » de S. Grégori).  Le Festival de la Ruralité est aussi passé ) Sotta, Centuri, Sisco, Barettalli, Morsiglia, Patrimoniu, San Fiurenzu, Tocchisu, Matra, Canale di Verde, Santa Luccia di Talla ....La dynamique du Festival de la ruralité est validée par Stephane Orsini ( FAGEC  publications Cahiers Corsica ) tant pour la recherche que pour la relance du rural : « A Scata comme à Linguizetta certaines recherches archéologiques sont relancées pour explorer la période paleochretienne en Corse et le Haut Moyen Age . »
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Cette année une trentaine de sites ont été auscultés, visités, décryptés Ch. Andreani : « ce festival a été voulu d’abord prendre le pouls du territoire et savoir si le territoire pouvait être prêt a accueillir un itinéraire.

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La corse peut-elle rêver à un développement  maitrisé, vert et éco responsable, respectueux en enjeux de demain?. Nous le constatons, il y a des attentes chez les gens pour savoir, interpréter, connaitre le territoire. Ils sont sensibles à nos informations ainsi à Casaglione la semaine dernière, cela  a été exceptionnel dans une petite salle était pleine , on a vu des gens avides de savoir. C’est vrai en Corse, on passe à côté de choses qu’on voit tous les jours et on a tendance à dire ces vielles pierres à quoi ça sert ? »  

Les élus de Corse sont-ils prêts à valoriser cet immense patrimoine insulaire? C’est le défi des politiques publiques des prochaines années pour relancer le tourisme sur des bases qui associent aussi  les élus locaux, les historiens, les populations, les professionnels.

 

 

 

LV

 

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