Dotations de l'Etat : tout pour Paris, rien pour les Régions.

Offensive ultra jacobine, contre-productive, purement comptable et quasiment malveillante à l’encontre des dotations des Régions. Chaque semaine confirme l’orientation radicale, déshumanisante et technocratique, de l’actuelle gouvernance France. Tout l’argent pour l’Etat central à Paris et rien ou si peu… pour les territoires, le rural, les villes moyennes, les villages, les régions périphériques.

jacobinisme
Chaque semaine confirme l’orientation radicale, déshumanisante et technocratique, de l’actuelle gouvernance France. Tout l’argent pour l’Etat central à Paris et rien ou si peu… pour les territoires, le rural, les villes moyennes, les villages, les régions périphériques. Tous et toutes devront survivre, dans l’indifférence des médias dominants que ces préoccupations si provinciales n’intéressent pas du tout !
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La semaine dernière, à Orléans lors de Régions 2017, les présidents en colère des 16 régions françaises, ont claqué la porte annonçant leur boycott de la Conférence des Territoires.
Comment décrypter la logique de la politique de la gouvernance France à l'encontre de ses propres Régions ? On peut observer et extrapoler sur la base des négociations en cours entre les élus de Corse et Gérald Darmanin Ministre de l'Action et des Comptes publics. Au programme : la Corse, sa nouvelle collectivité unique prévue en 2018 et sa clause de compétence générale déjà exercée par l'île au fil des statuts successifs concédés par Paris. Un  blocage total a caractérisé cette réunion entre Gérald Darmanin et les élus de Corse qu’il a reçus Place Beauvau en compagnie de la Jacqueline Gourault ministre déléguée auprès du Ministère de l’Intérieur. Au menu les fonds et moyens affectés à la nouvelle Collectivité unique qui remplacera la CTC et les deux départements insulaires.
Aux cotés de Gilles Simeoni, des 4 députés de Corse, était présent Jean-Guy Talamoni Président de l’Assemblée de Corse. Il résume :
« la discussion très technique a révélé un grand nombre de points de blocage très importants. Si on les additionne, il est évident que la collectivité qui va naître, présentera un handicap financier considérable. Cette nouvelle collectivité territoriale débutera sans les moyens d’assumer ses compétences. Cette discussion s’est mal passée! »
A été évoquée la dotation de continuité territoriale comprise à l’intérieur de la dotation globale. Dans le contexte de l’accord maintenu, semble-t-il, sur la dotation dite de décentralisation remplacée par un montant perçu sur la TVA locale. Soit un possible gain croissant pour la Corse au fil des années… A moins que l’Etat central ne décide de couper les cheveux en quatre, de supprimer le plus et de le remplacer par un moins, en diviser par deux ou plus, et unilatéralement et sans contrepartie, les dites dotations qu’il devra verser à la Région Corse ?  
Pour le Président de l’Assemblée de Corse la manoeuvre est évidente : « je peux affirmer que nous sommes en désaccord profond avec ce qui nous a été proposé. Une prochaine réunion est convoquée pour lever ces blocages. Les intérêts que défend G. Darmanin en tant que membre du Gouvernement sont parfaitement opposés aux nôtres au plan financier. »
Le pacte girondin véritablement décentralisateur annoncé par de E. Macron est-il mort né ?  Une offensive jacobine et purement comptable ? J.-G. Talamoni : « Si l’engagement sur le transfert de la TVA semble maintenu par le Gouvernement. E.Philippe, on a vu avec stupeur la semaine dernière, qu’une autre promesse a été reniée. C’était un engagement du précédent gouvernement, du même pays, il devrait y avoir continuité de l’Etat ! Il s’agit des 450 millions d’euros pour les Régions au titre du du Fonds de Soutien au développement économique qui ont été supprimés par E Philippe. La Corse sera aussi impactée par ce manque auquel s’ajoutent toutes les autres soustractions ! Il y a aura moins d’argent public pour la collectivité à naître. » . « Un pays centralisé ne se reforme pas il fait la révolution par manque de proximité avec les acteurs des territoires » a déclaré P. Richert qui vient de quitter la présidence de la Région Grand-Est. Bilan provisoire des suppressions de dotations pour les Régions ? Moins - 450 M de dotations ( Fonds de soutien économique) et moins - 300 M pour les collectivités locales (en août ), plus la réforme de la taxe d’habitation et les soi-disant compensations non chiffrées et sans calendrier.  Le pacte girondin véritablement décentralisateur annoncé par de E. Macron est-il mort né ? A Orléans les Régions ont quitté la Conférence Nationale des Territoires coquille désormais vide.
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« La colère et l’esprit de révolte animent l’ensemble des présidents de région »
avait déclaré F. Bonneau, président de Centre-Val-de-Loire) suivi d’un « Moi, je ne fais plus confiance. Il faut couper les ponts » de R. Muselier, président de Provence-Alpes-Côte d’Azur . Selon Jean-Guy Talamoni G. Darmanin n’aurait pas l’intention de revenir sur ce qui a été décidé par le président E. Macron. C’est à dire sur des choix risqués,  car ils ne sont pas accompagnés de mesures qui donneraient plus d’initiatives économiques au local et aux Régions. Un effet pervers du jacobinisme et de la pieuvre technocratique ?  Comme le dit Philippe Richert ex-président de la Région Grand-Est  : « l’Etat doit se reconstruire pour devenir un Etat protecteur et stratège et non plus un Etat « boîte à outils » qui intervient tous azimuts au risque de perdre le sens de son action. L’Etat doit désormais faire un choix essentiel pour le devenir de notre pays. Il doit choisir entre maintenir envers et contre tout des services déconcentrés sur des missions opérationnelles en doublon de celles des régions ou s’appuyer sur les régions pour mener à bien les réformes utiles à notre pays. Il doit choisir entre déconcentration et décentralisation. »
Il ne se passe pas un jour sans une annonce de dotations pharaoniques en faveur de Paris, du Grand-Paris, des transports parisiens et des JO 2024… toutes à fonds perdus.

 

LV

 

 

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