Européennes. Rhône-Alpes, PACA, Corse: l’eurodéputé François Alfonsi (R&PS) en campagne pour le fédéralisme.

De la Savoie à Bonifacio et avec la diaspora Amazigh-Berbère : les fédéralistes de Régions & Peuples Solidaires (R&PS) mobilisés contre la refonte régionale de Manuel Valls. En parallèle, en Bretagne (Grand-Ouest ), se présente Christian Guyonvarc'h (Conseiller régional UDB) pour « La Bretagne dans une Europe sociale - Breizhiz dorn-ha-dorn gant pobloù Europa, la réunification administrative, la sortie du nucléaire civil et militaire ». Multiples meetings et conférences : François Alfonsi et ses colistiers ( élus regionaux) sillonnent la circonscription Sud-Est. 
Anne-Marie Hautant, opposante au FN à Orange, est vice-présidente du Conseil régional PACA. Laurent Blondaz anime le Mouvement pour la Savoie, Fabianna Giovannini est élue à l'Assemblée de Corse, Belkacem Lounés (Congrès mondial Amazigh) est conseiller régional.  Leurs 
soutiens locaux plus les Corses et leur diaspora, les Berbères d'Azawad, les Occitans, les Savoyards remplissent des salles attentives. Elles  approuvent des constats lucides… élaborés loin de la connivence parisienne entre finance multinationale hors-sol et gouvernance. Et ce, dans un contexte de dissonnance avec EELV et vent debout face à un centralisme qualifié "d'inhumain". En phase avec certains eurodéputés écossais, catalans, basques, flamands. Pour l'Europe des régions en opposition à la "vision métropolitaine". 
Les lignes à grande vitesse LGV comme survolant des zones déshéritées ou les "relents technocratiques insupportables », ou encore les froides statistiques occultant le vivre-ensemble,  les « lobbies puissants et obscurs », les spoliations foncières, les spéculations immobilières. En local leur constat est amer. Les Régions, et pas seulement la Corse, souffrent d’un « centralisme autoritaire » selon François Alfonsi maire d'Osani,membre du PNC et de Femu a Corsica.
Comment vont se comporter les électeurs dans le contexte du projet de " réforme territoriale " du premier ministre Manuel Valls ? « L’attente et la frustration sont fortes partout dans les régions françaises. Les territoires marqués par une identité ont des difficultés politiques à faire reconnaître leurs existences, leurs handicaps, leurs atouts, leurs cultures » explique François Alfonsi. L’Etat traite-t-il  mieux les grandes villes au détriment des territoires ruraux ? « En France, le monde rural et periurbain subit une rétractation jacobine. La volonté d’ouverture des années 80 n’y est plus. C’est une contre-réforme, les propos de Manuel Valls sur la refonte des Régions a des relents technocratiques insupportables. Dans son esprit, une région se définit comme une statistique Insee. Une arithmétique ne révélant pas la réalité d’un peuple, d’une culture, d’un terroir. » 

Les revendications de Régions & Peuples Solidaires ? 
Une macro-région en Méditerranée, à l’exemple de la Baltique, en phase avec la nouvelle donne européenne «  le développement imposé par les visions d’aménagement élaborées à Paris est une vision métropolitaine. Nous défendons l’Europe des peuples » Un aperçu de la diversité de R&P S,  parti européen des régions A Marseille le 3 mai : conférence de presse sur le Vieux-Port. Sont présents : l’occitaniste Patricia Dupuy, Hervé Guerrera (Cons. Rég. PACA), Fabiana Giovannini (élue CTC Corse), la militante berbère Salima Ait-Mohamed (Aix-en- Provence), Didier Cade (Comité anti-LGV - Var). Et Paul Leccia (Pt du prestigieux Cercle des Nageurs), Jean Grazi et Anne Marie Venturini ( Groupement des Corses de Marseille). Le Mouvement Région Savoie mène campagne pour un statut de résident en Savoie. Laurent Blondaz (n°3 sur la liste) déclare à Chamonix : « Les effets de la spéculation immobilière dans les secteurs de forte pression touristique sont très pénalisants pour les populations locales. L'accès au logement et à la propriété foncière sont devenus inaccessibles aux revenus modestes, aux classes moyennes. Il faut doter les populations d'un statut de résident et de dispositifs favorables à ceux qui travaillent au pays.La proportion de résidences secondaires explose, la population permanente diminue inexorablement, ceci menace les équilibres indispensables à la région. » 
Restaurer l'identité de la Provence et la dimension culturelle occitane  Didier Cade : «  la LGV Paca est une parfaite illustration d’un projet inutile, entouré de mensonges, et dénoncé par François Alfonsi qui propose une contre-explication au niveau européen . Ce projet participe d'une logique obscure et souterraine poussée par un lobbying extrêmement puissant ». 
Le conseiller régional Belkacem Lounès du Congrès mondial Amazigh n’est pas dit-il un candidat caution : « en France parler de diversité consiste à prendre une personne issue de l’immigration et la mettre sur une liste. Avec RPS, c’est la 1ère fois que nous sommes véritablement partie prenante d’une démarche offrant le droit à l’épanouissement de chaque culture. » 

Vigilant, François Alfonsi s’est fortement mobilisé au Parlement en faveur de modifications de la politique agricole commune (PAC), intégrant les attentes des agriculteurs du sud, dont les éleveurs et la production durable, éthique. Avec la reécriture des amendements « sur la ressource en herbe et la ressource fourragère » , à  l’opposé des rentabilités des grands céréaliers du Nord de l’Europe particulièrement français. Le candidat R&PS a aussi fait voter le rapport sur la diversité linguistique (645 voix pour sur 700).
Avoir un député européen cela accélère-t-il les négociations en faveur des bonnes décisions pour le local et la proximité ? « Porter la voix des Régions à Strasbourg et Bruxelles, c’est l’intérêt des Corses et de tous les territoires. Avoir un député européen signifie faire passer un message direct, pour améliorer un règlement ou une disposition trop contraignante inadaptée". Une situation qui advient souvent en Corse plus souvent qu’ailleurs? " Oui nous avons les spécificité d’une île, d’une culture à défendre.
Si ce député n’y est plus, la Corse se retrouve avec zéro ! En Rhône- Alpes il en aurait 5 au lieu de 6 ne change pas grand chose. Chez nous cela équivaut à être ou ne pas être ! » . I
dem pour les questions cruciales de frontières maritimes, les  coopérations entre îles appartenant à deux pays différents. " On ne peut reprocher aux régions « terrestres » de ne pas avoir pensé spontanément aux obstacles insulaires insiste François Alfonsi. La Savoie veut sa Région, l’espace Rhône-Alpes est le prototype Insee! On agrège des gens sur un total chiffré. La Savoie, tournée vers ses montagnes, veut y construire son avenir, préserver son tissu industriel. Sans structure administrative pour défendre vos atouts, on vous les enlève ! Il a été question de fermer l’Université de Savoie ce qui pénalise la Recherche & Développement entre chercheurs et entreprises locales. Le statut de résident intéresse la Savoie, les travailleurs de Chamonix sont obligés d’aller vivre à 25 km de chez eux à cause des frais de succession et de la spéculation". 
Décentralisation ? Un projet de loi de réforme territoriale défendu par Manuel Valls sera proposé en Conseil des Ministres prochainemnt. Il accorderait plus de compétences aux Régions dont l'économie, les transports, le tourisme. Prérogatives existant déjà dans l'île mais elles sonr encore virtuelles ceci pénalise le développement insulaire... Inquiet Jean-Marc Raffali de Corse-Matin: " la Corse le dindon de la farce ? Alors que les discussions sont engagées pour son inscription dans la Constitution ". Plus de "pouvoir régional" pour adapter les législations et réglements ? Ce serait soit-disant accordé aux nouvelles "grandes" Régions calquées sur le modèle des Landers d'outre Rhin. Le gouvernement prévoit de diviser par 2 le nombre des régions, de faire coincider intercommunalités et bassins de vie, de supprimer les départements.
A Bastia , le collectif  "Simu di stu paese" appelle à manifester le 10 mai pour protester contre "la méthode" de Mme Marylise Lebranchu : " les visites de la ministre de la décentralisation constituent simplement une manière de gagner du temps. Cela nous conforte dans notre volonté de descendre dans la rue pour faire valoir nos droits. L'Etat fait clairement preuve de mauvaise volonté dans la conduite des discussions en les ralentissant sciemment, en abordant principalement les sujets techniques. Il est clair que le gouvernement français n'a pas la volonté de résoudre le problème corse même de manière graduée."    Liliane Vittori.

 

 

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.