E. Macron un ami de la Corse un peu trop « tiède » ?

Emmanuel Macron en Hte-Corse. Il a misé sur une ruralité insulaire bien girondine. Cela ne masque, ni sa « tiédeur », ni ses amis, propriétaires de villas illégales à Bonifacio… cité dont le maire est J.C. Orsucci son plus ardent soutien. De quoi faire bientôt jaser le Canard Enchaîné juste après le papier d’H. Constanty dans Médiapart.

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Emmanuel Macron le favori de la Présidentielle était en Haute-Corse le 7 avril, précisément à San-Nicolao, à Vescovato pour un formidable repas républicain et à Furiani pour une réunion publique (archi-comble). Invité par Jean-Charles Orsucci maire socialiste de Bonifacio (son principal soutien dans l’île) et par de nombreux élus insulaires dont François Orlandi Pd C Departemental 2B , Jean-Baptiste Luccioni, Jean-Louis Luciani, , Maria Guidicelli, Joseph Castelli, Pierre Chaubon , le député-maire de Sarcelles, François Pupponi. Plus Julien Morganti, élu bastiais, plus Henri Malosse (candidat 2nde circ. de Haute-Corse, plus François Casasoprana (candidat 1ère circ. de Corse du Sud). Soit un groupe assez " hétéroclite"  de personnalités engagées dans la course aux investitures pour les Législatives, un peu à l’image des ralliements engrangé par En Marche sur le continent, de la droite à la gauche, et parfois embarrassants (mais pour qui ?). Le Point publie ce jour un excellent article qui  recense les années de prison et les condamnations pour détournements de fonds publics du sénateur Joseph Castelli et de P.M Mancini. Il parait que le staff de campagne les a éloignés des photos en les plaçant à table suffisament loin du candidat. Alors en Haute-Corse, E. Macron a certes marqué des points mais il a aussi révélé quelques faiblesses (pas encore une vraie casserole). Notamment une proximité amicale et politique avec la famille de Pierre Ferracci. Dont le couple Marc et Sophie Ferracci, amis intimes et témoins à son mariage, tous deux bien placé dans l’organigramme du candidat. Le père est propriétaire de deux villas illégales qui passent en justice à la Cour d'Appel de Bastia le 24 mai, comme le rappelle  H. Constanty dans Médiapart. Où sont situées ces splendides constructions (670mc chacune vue mer et piscine) réalisées sans permis de construire réel mais tacite sur un « espace remarquable » et donc dans le colimateur des militants écologistes insulaires et des tribunaux ? Où mais justement à Bonifacio sur le site A Rondinara dont le maire J.C. Orsucci est candidat à la députation dans la circonscription de la Corse-du-Sud. Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ? En effet on tient là de quoi faire jaser le Canard Enchaîné de la semaine prochaine. Hèlène Constanty sur Pierre Ferracci : « Très à l’aise dans son rôle de conseiller aux affaires corses auprès du candidat, qu’il a présenté à Jean-Charles Orsucci et à Gilles Simeoni, le président autonomiste de l’exécutif de la Collectivité territoriale de Corse, Pierre Ferracci l’est beaucoup moins lorsqu’il s’agit d’évoquer ses constructions illégales dans la baie de Rondinara. Et pour cause. Sa société civile immobilière, Tour de Sponsaglia, propriétaire du terrain, a été condamnée le 8 février 2016 par le tribunal correctionnel d'Ajaccio à une amende d’un million d’euros, la peine maximale pour une infraction de ce type. Du jamais vu ! Il n’a pas interjeté appel, mais les associations de protection de l’environnement U Levante et ABCDE, parties civiles au procès, l’ont fait. Nous demandons la démolition des villas et le retour du site à l’état naturel, en application d’un principe simple, celui de la réparation intégrale du dommage , va plaider Benoist Busson, l’avocat des associations. »

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Dans cette affaire immobilière E. Macron n’est pas directement concerné ce que H. Constanty ne relève pas. Tout ceci n’enlève rien aux qualités politiques exceptionnelles d’Emmanuel Macron jeune candidat de 39 ans qui pourrait bien faire bouger les lignes, refonder la politique française et surtout relancer l’économie et pas seulement à Paris. En effet, côté décentralisation et territoires, lors de ses déclarations, le candidat de En Marche affiche un positionnement nettement moins jacobin et beaucoup plus girondin que ses challengers M.LePen, F.Fillon et J.L. Mélanchon : « aux collectivités territoriales, partout en France, je propose un nouveau pacte girondin. Non, la réussite de la Corse ne se décrétera pas dans un Ministère parisien ». Excellent début mais attendons de voir la suite, de visu et in vivo en Corse. Et comme le dit Edmond Simeoni : « douché par l’interview de Macron  de ce matin 11 heures sur RCFM. J’ai réagi par un texte ci-joint afin d’éviter les illusions chez ce candidat et les désillusions chez nous. ». Alors Emmanuel Macron est-il trop tiède pour la Corse ? Edmond Simeoni a réagit avec toute l’expérience d’un militant politique anticolonialiste qui compte 60 années de combats en faveur d’un territoire insulaire qui a tant subit. « Pas un mot dit E. Simeoni sur la politique, pas un mot sur peuple corse ou sur la révision possible de la Constitution, sans laquelle, l'avenir est fermé. Pas un mot sur la culture, ni sur l'évolution institutionnelle, mis à part la Collectivité Unique en cours de construction. Et aussi pas un mot sur les propositions de l'Assemblée de Corse ( statut de résident, coofficialité linguistique. Il a insisté sur la RF. En somme un discours, convenu, tiède qui nous a ramenés en 1967 et ensuite, aux propos des dirigeants français depuis cette date, mis à part François Mitterrand, Rocard, Joxe et les réformes institutionnelles, frileuses mais significatives, qu'ils ont initiées ou accompagnées. »

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E. Macron est aussi le seul candidat en campagne à avoir été accueilli à l’aéroport Bastia-Poretta par Gilles Simeoni. A l’issue d’un entretien de 30 minute Gilles Simeoni a déclaré à Corse Net Infos : « J’avais eu l’occasion de rencontrer Emmanuel Macron à Paris, il y a deux mois, en tant que président de région. Il m’avait dit qu’il serait heureux de me voir lors de sa visite en Corse et m’a contacté avant de venir. J’ai considéré qu’en ma qualité de président du Conseil exécutif, c’était de mon devoir et de ma responsabilité d’échanger avec lui sur la situation politique corse. C’est un candidat à l’élection présidentielle, peut-être le futur chef de l’Etat, je lui ai, donc, fait part de mon analyse et lui ai rappelé nos attentes et nos revendications fondamentales. Je lui ai dit que la situation en Corse appelait, de la part du futur chef de l’Etat et du futur gouvernement, une attitude à la hauteur des enjeux. Comme je l’ai déjà dit clairement, pour l’instant, aucun des candidats, lui compris, n’a, vis-à-vis de la Corse, un discours à la hauteur des enjeux ! ».

 

 

 

LVittori.

 

 

 

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