Une région "de taille européenne" cela n'existe pas !

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"Une anti-régionalisation coupée du terrain et allant à l'encontre des réalités humaines " : François Alfonsi, eurodéputé R&PS non réelu en mai, publie une analyse percutante du projet de réforme territoriale de François Hollande. Pointant les « mensonges technocratiques » et l'absence d'autonomie réelle pour les exécutifs régionaux. Un cas de figure unique dit-il  "un grand écart entre la France et le reste de l'Europe. Appeler cela une décentralisation est une escroquerie sémantique digne des régimes totalitaires". Autre écran de fumée:  il se trouve que la région de « taille européenne » est un concept totalement inexistant en Europe, qui compte de grandes régions tres étendues, tres peuplées... mais aussi de minuscules entités comme Val d’Aoste ou Voralberg. Les réalités culturelles de la Bretagne, de l'Alsace, de la Savoie, de la Corse, du Pays Basque, de la Catalogne, de l'Occitanie  
« Le meccano régional concocté par François Hollande, coupé des réalités de terrain, va conduire aux pires difficultés. Décidé d'en haut, pétri de tous les réflexes jacobins, niant les réalités culturelles de la Bretagne, de l'Alsace, de la Savoie, du Pays Basque, de la Catalogne, de l'Occitanie, le projet va à l'encontre de toutes les valeurs qui fondent l'idée régionaliste, basée sur des réalités humaines et non sur des oukases technocratiques venus du cœur de l'Etat central » explique François Alfonsi.
Il rappelle le
quadrillage hexagonal et les « colossaux programmes d'aménagements de la Datar » (années 60) liant les régions à des activités : « la chimie et la sidérurgie à Fos-sur-mer, le tourisme sur le littoral languedocien (la Grande Motte), en Corse avec le schéma d'aménagement Setco, les télécom et l'agriculture intensive en Bretagne, l'aérospatiale à Toulouse ». Le flou  technocratique c'est bien pratique. 
François Alfonsi liste les  "mensonges technocratiques ". Tout d’abord le « nouveau concept de région de taille européenneTout projet bureaucratique commence par un mensonge avéré, asséné comme une vérité centrale. C'est une marque de fabrique ! 
Il y a en Europe environ 230 régions, de toutes les tailles ».
  
De très grandes comme la Bavière (12 millions d'hab. pour 70500 km²) , le Piémont (4,5 millions d'hab. pour 25400 km²). Mais aussi de toutes petites. Le Val d'Aoste (Italie) compte  -130000 habitants sur 3263 km²). Ou en Allemagne le Länder de Bremen (660.000 hab. isur 404 km²), idem pour le Tyrol, le Voralberg. « Une région est définie par une histoire ajoute le maire d’Osani ( Balagne Hte Corse) avec une culture, un bassin de vie, un lieu où des femmes et des hommes partagent un vivre ensemble. Certainement pas par une définition numérique et statistique ! »  
Critiquant la « vision technocratique jacobine du tous pareils » le maire PNC d’Osani membre de l'Alliance Libre Européenne (parti européen progressiste) défend les « affirmations régionales réelles ». IL annonce « la fin programmée de l’Alsace, l'occultation totale de la Savoie, des collectivités territoriales spécifiques pour le Pays Basque, la Catalogne. Ainsi que l’imbroglio de l’Elysée sur la Bretagne à cinq départements. »   
Le seul
« standard européen » qui compte ? Les compétences et les pouvoirs réels dévolus aux régions. Il ajoute : «  Et là, entre la France et le reste de l'Europe, c'est le grand écart. Si les  nouvelles régions auront par exemple compétence pour adopter un schéma régional de développement économique, ce dernier sera soumis à l'approbation du représentant de l'Etat. Tout à l'avenant, dans les régions françaises, le Préfet gardera la haute main sur le véritable pouvoir régional. Ce qui n'existe nul part ailleurs en Europe où l'autonomie des exécutifs régionaux est la règle. Appeler ça un acte de décentralisation relève de l'escroquerie sémantique, telle qu'on la connait dans les régimes totalitaires. »  La Corse déjà Collectivité Territoriale . 
Quant « au traitement de la question corse sur fond de plusieurs mois de travail et de délibérations de l'Assemblée de Corse sur la base du rapport Chaubon » : « l'article 10 traite des dispositions spécifiques à la Collectivité Territoriale de Corse . Il apporte en tout et pour tout les deux novations suivantes. Le président du conseil exécutif assiste de droit aux réunions de la Commission permanente. Et, lorsque le président et l'ensemble des membres du Conseil Exécutif démissionnent collectivement, ils retrouvent de plein droit leur mandat à l'Assemblée de Corse. Autant dire que, pour la Corse, la révolution institutionnelle est en marche."

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