Chemins de mémoire de la Résistance en Corse

Un colloque à Bastia le 27 mai et des Chemins de Mémoire in situ en Casinca. Chaque année les Amis de la Resistance de Hte-Corse ( ANACR2B) accompagnent les lycéens sur les CHEMINS de MEMOIRE.

Un colloque à Bastia le 27 mai et des Chemins de Mémoire in situ en Casinca. Chaque année les Amis de la Resistance de Hte-Corse ( ANACR2B) accompagnent les lycéens sur les CHEMINS de MEMOIRE. La Corse, s’est libérée avec un an d’avance sur les plans des Alliés en Méditerranée grâce à une insurrection populaire, qui fût conçue et décidée en Corse contre l’avis de Giraud à Alger, et qui favorisa la préeminence du général de Gaulle, accueilli immédiatement et d’un seul élan, en légitime chef de la France Libre dans Ajaccio et Bastia libérés ( 9 sept-4 octobre 1943). La Libération de la Corse fût une répétition générale et une leçon politique. La Corse à laquelle fût décernée le titre de « Ile des Justes ». Pendant la 2e Guerre Mondiale, aucun juif insulaire n’y fût raflé ni déporté.
En 1943 l’île e( occupée par 80 000 soldats italiens, est libérée en 1 mois, par 10 000 résistants ( armes reçues par parachutages), le concours actif et unanime de la population et les troupes d’Afrique ( Chocs, Tirailleurs, Goums) arrivées en renfort par le sousmarin Casabianca.
Tous ensemble infligent de lourdes pertes à deux divisions allemandes. Le rêve de Hitler d’occuper la Corse comme base de repli, sera finalement réalisé par les américains qui installent dans l’île une vingtaine de bases aériennes. En 1944, les pilotes des bombardiers américains qui decollaient tous les jours en direction de l'Allemagne, avaient baptisé l'île : le porte-avions " USS Corsica".  Un an avant, le principe de ce soulèvement en Corse, avait été arrêté lors d’une conférence régionale clandestine du Front National de Libération qui s’est tenue à Porri-di-Casinca les 3 et 4 mai 1943. Elle réunit 25 responsables (gaullistes, giraudistes, communistes) qui décident de structurer le mouvement de façon pyramidale et cloisonnée. Hélène Chaubin du Comité d’Histoire de la Seconde Guerre Mondiale : « désormais, et jusqu’à la précoce libération de l’île, le Front national  corse suit sa propre route, et prend des initiatives qui ne viennent pas de la direction nationale du mouvement. »
Dans son ouvrage « la Corse à l’épreuve de la guerre » (Ed Vendemiaire) l’historienne analyse tous les épisodes de cette épopée cite les sites insulaires concernés ainsi que les principaux acteurs dont Jean Nicoli, Nonce Benielli, Fred Scamaroni, Arthur Giovoni, Danielle Casanova et tant d’autres.  
Ce 4 mai s’est déroulé une randonnée vers la Grotte de la Résistance de Porri, qui cachait en 1943 l’imprimerie des tracts et du journal Le Patriote . C'était une halte aussi pour les opérateurs radio communicant avec Londres et Alger. Ce 18 mai 2015, les élèves du Lycée Jean Nicoli (Bastia) visiteront Sorbu et ensuite Porri, accompagnés par les militants de l’ANACR de Hte-Corse.
Tous reçus avec le café et le sourire, par une équipe municipale de Porri toujours magnifiquement réceptive et dévouée, consciente de son rôle dans un village qui fût un des haut-lieux de la Résistance insulaire. Un enfant du pays le communiste François Vittori qui sera sénateur en 1946, était le chef militaire de la Résistance.
On commémore cette année le 72e anniversaire de la Libération de la Corse et le 70e anniversaire de la fin de la 2e Guerre mondiale. Un conflit démesuré qui masqua pendant des décennies la réalité du génocide des populations juives d’Europe. Un crime contre l’Humanité, l’indicible, pour lequel les mots et les décryptages manquent encore aujourd’hui. 1945 fût l’année du retour des déportés des camps de concentration et d’extermination. Une année cruciale pour faire le point sur 6 années de guerre ? La vérité enfin était censée émerger du chaos… mais il n’en fût rien. Les survivants de la Shoah gardèrent le silence sur les tortures, sur la guerre d’anéantissement dont ils furent victimes et ce quasiment jusqu’aux années 80.
Pourtant
« Ce péché hantera l’humanité jusqu’à la fin du monde ». Ces mots sur la Shoah sont de Jan Karski « l’émissaire Witold » de la Résistance polonaise, qui assura les communications avec les Alliés et avec son gouvernement en exil à Londres. Parcourant la Pologne et toute l’Europe, risquant sa vie à chaque pas, Jan Karski est introduit clandestinement dans le ghetto de Varsovie et le camp d’Izbica Lubelska.
A Churchill et à Roosevelt, il révèle  dès 1943 l’extermination systématique des juifs d’Europe et la réalité de « la solution finale de la question juive « (Endlösung der Judenfrage).)». Il transmet aux Alliés l’ultime appel au secours des combattants juifs. En Israel, l’institut Yad Vachem lui décerne en 1985 le titre de « Juste parmi les Nations ». S’il fallait ne retenir qu’un seul destin d’agent de la guerre secrête contre le nazisme, ce serait celui de Jan Karski car il concentre les récits et enjeux humanitaires, stratégiques, politiques, historiques de la 2e Guerre mondiale…en une seule vie. D’autant que les historiens d’aujourd’hui, au vu des données économiques et politiques de l’Allemagne nazie, admettent peu à peu que l’obsession mortifère et maladive, la motivation prioritaire essentielle de Hitler fut précisément de détruire les Juifs d’Europe. Il s’agissait avant tout d’une guerre idéologique ( et non pas économique, financière ou territoriale) , d’un génocide et pas d’un détail de l’Histoire. En 1945 Jan Karski avait publié " Mon témoignage devant le monde. Histoire d’un Etat clandestin. (Réedition française Ed R. Laffont). En 1981, il brisait le silence qu’il s’était imposé, à l’occasion de la Conférence des Libérateurs des Camps organisée par Elie Wiesel à New York. Jan Karski jeune polonais catholique qui se destinait en 1939 à la carrière diplomatique et qui fût un témoin occulaire de la Shoah, n’a cessé de reposer les questions qui hantent la mémoire  humaine à tout jamais : "quand et comment les dirigeants occidentaux et l’opinion, ont-ils été informés du plan de la solution finale et des camps d’exterminations ? ". 
Contre l’Oubli. Jamais nous n’oublierons et jamais nous ne renoncerons à parcourir les chemins de la mémoire clament les militants de l'Anacr de Hte-Corse. Mettant en pratique in situ, les principes de recherche et du témoignage historique de la Résistance contre le nazisme : l’ANACR de Haute-Corse a crée ces Chemins de la Mémoire qui sacralisent le Col de Santu Sté, le Col de Teghime ou encore la bataille de Champlan (Ampugnagni). Les résistants de 1943, ayant reçus des armes par parachutage y ont attaqué un dépôt de munitions allemand. Sixte Ugolini Pd de l'ANACR de Hte-Corse : « nous allons dans  les établissements parler de la Résistance, pour indiquer ce qu’a été cette période de notre  histoire. Avec ces Chemins de la Mémoire nous voulons fixer presque physiquement  les évènements dans les esprits. Les élèves viennent sur les sites historiques, les évènements se marqueront encore plus fortement dans leurs mémoires. » 

Le 27 mai à Bastia ( Conseil départemental) se tient (13h) le 3e colloque Histoire et Mémoire de la résistance corse avec les interventions de 

Pierre Agostini : La Collaboration, 

Hubert Lenziani : Collaboaration dans le Niolu

Guy Méria : Résistance et clandestinité

Sylvain Grégori : Prisonniers de guerre corses une captivité singulièe

Francis Pomponi Nanou Poletti: Giraud et de Gaulle le rôle des Corses à Alger.

 

LV

 

 

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