Corse : peut-on éviter un crash hospitalier?

Circulation du coronavirus COVID19 en Corse. Peut-on éviter un crash hospitalier dans l’île qui compte 75 000 personnes âgées, pas de CHU et un taux record de personnes infectées?

 

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Depuis les Ministères parisiens… la Corse c’est loin. Alors malgré la mobilisation extrême de l’Etat français, son discernement, sa riposte nationale phasée : le taux record de la contagion au coronavirus dans l’île ne semble pas l’émouvoir. Va-t-on assister à un crash hospitalier ici alors que la Corse compte 75 000 personnes âgées et pas de CHU (Centre hospitalier universitaire) ?
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Il y a urgence: l’île-montagne dénombre 51 infectés au coronavirus pour une population d’à peine 335 000 habitants (7 à Bastia, 44 à Ajaccio et 3 décès). Soit un taux 17 fois supérieur à celui par exemple de la Nouvelle Aquitaine : 54 cas pour 5 900 000 habitants ! Comment va se comporter le système de santé en Corse ? Malgré le dévouement des personnels soignants insulaires, le contexte va au delà du diagnostic de "désert médical". En phase d'épidémie ou hors épidémie, le sous-équipement chronique permet de parler plutôt d'un quart-monde loin du dépliant touristique... Bon an mal an, les pathologies graves sont traitées à Marseille, Nice, Toulon. 

Pourtant ici, souligne Gilles Simeoni Pd du Conseil Exécutif de Corse : « les acteurs publics et privés, ont fait preuve d’une grande solidarité, d’une implication totale. Les Corses ont collectivement réagi avec

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lucidité, civisme et sang-froid, comme toujours lorsque, dans notre histoire, nous sommes confrontés à une épreuve. ».
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e Conseil Exécutif de Corse demande avec insistance une concertation avec le Pr Jérôme Salomon Directeur de la Santé publique pour lui faire accepter, et lui faire appliquer, les 10 mesures de précaution vitale demandées par les élus de Corse.
Une visio-conférence est prévue demain matin jeudi 12 mars avec le Pr J. Salomon.

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Ce soir, on constate cependant une avancée majeure: l’ensemble des établissements scolaires de Corse seront fermés jusqu’au 29 mars, comme l’Oise, Montpellier (19 communes), l’Alsace, le Morbihan. Toutefois, alors que l’OMS qualifie de pandémie la contagion Covid19 et alors les liaisons aériennes France-Italie sont stoppées on peut poser une question légitime : l’Etat français tarde-t-il  à protéger efficacement la Corse ? Il est pourtant le seul décideur pour stopper la circulation du virus via les traversées entre l’Italie et l’île. Elles sont réduites mais pas complètement interdites par les pouvoirs publics.  
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Les mesures demandées par les élus de Corse prennent en compte l’insularité, la forte proximité avec l’Italie, les points d’entrées centralisés ports et aéroports, et très préoccupant  « l’absence de CHU et un système de santé publique dont la capacité reste limitée en équipements, en lits et en soignants ». En Corse comme partout en France, le système de santé publique est surendetté, désorganisé et à bout de souffle. Alors, comment sera géré le pic de l’épidémie et une possible surmortalité vu la population vieillissante de l’île?  Bianca Fazi, Conseillère exécutive en charge du social et de la santé propose 10 mesures. La prise en compte, au niveau gouvernemental, de la nature d’île-montagne. La désignation d’une mission « chargée de participer, en concertation avec le Représentant de l’Etat dans l’île et l’ARS ainsi qu’avec la Collectivité de Corse et les acteurs de la santé insulaire, à la définition et du suivi de la mise en œuvre des mesures spécifiques en matière de lutte contre le coronavirus que le statut d’île-montagne de la Corse commande ». Autre mesure phase : « Renforcer les contrôles dans les ports et aéroports, points d’entrée dans l’île. Les exemples taiwanais et sardes nous laissent penser que ces mesures sont efficaces. » Le Conseil exécutif de Corse suggère « un contrôle des historiques de voyage, des passagers, des confinements systématiques pour les passagers arrivant des zones à risque, la limitation des embarquements et débarquements en simultané.

 

A lire dans Médiapart : "Covid-19: «Il n’y a pas de prise de conscience», alertent les hospitaliers aux avant-postes".
12 MARS 2020 PAR CAROLINE COQ-CHODORGE
Trois médecins exerçant dans un hôpital de l’Oise alertent. Après deux semaines d’épidémie, les capacités régionales en réanimation sont déjà saturées.../...

 

LV

 

 

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