Sisco: enquête en flagrance pour violence en réunion

Enquête en flagrance pour violence en réunion, après la rixe de Sisco qui aurait été déclenchée par « 3 familles musulmanes », coupables présumées de caillassages, tirs de harpons, coups, menaces aux cris de « Allah Akbar » à l’encontre de touristes et de jeunes du village de Sisco le 13 août 2016.

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« Nous avons entre 15 et 18 ans. Eux de 40 à 50 ans environ… » a déclaré dimanche à Bastia une jeune fille mineure, témoin direct de la rixe de Sisco.  

De la riposte épidermique immédiate de Sisco (Cap Corse) à la thèse glaçante de Hamed Abdel-Samad sur « Le fascisme islamique » ( best-seller non encore publié en France) : il semble que la prévision européenne de « guerre civile ethnique » de l’économiste Jean-Hervé Lorenzi ne soit pas une lubie de prospectiviste. (Pour la mémoire historique, se souvenir qu’en Corse, quand un homme ou une femme s'engageait dans la Résistance insulaire contre la barbarie nazie et l’occupation italienne : sa famille, son village apportait approbation et soutien). Alors suite aux attentats meurtriers commis par des islamistes radicaux en France continentale et aux tentatives de déstabilisation sociale et de détournements de la laïcité constatés sur le territoire national : nos élus insulaires, hexagonaux, européens ont-ils pris la mesure des termes du conflit qui s’annonce ? Comment interprèter la violente bagarre de Sisco (11 km de Bastia) du 13 août ? Quasiment une émeute jusqu’à 23h, faisant 5 blessés, 4 voitures brûlées, un feu de végétation, des pneus crevés et une dizaine de musulmans bastiais « exfiltrés » par la police. A 18h, ce déchaînement aux abords de l’antique crique « Scalu Vechju », a opposé des jeunes du village puis ensuite leurs parents, face à « 3 familles maghrébines » incluant des femmes se baignant "habillées" et avec "leur voile". L’intervention d’une centaine de gendarmes mobiles et Crs a ramené le calme vers 23h. Toutefois, après leur réaction en urgence pour protéger leurs enfants: des habitants de Sisco, du Cap Corse, de Bastia se sont mobilisés dès le dimanche. Au micro, devant la mairie de Bastia et entourée de 500 personnes: une toute jeune fille, très choquée, témoin direct, a redit précisément les faits  tels qu’elle les a vécus : ( ceci est un témoignage ) « on était à la crique où des Maghrébins se baignaient habillés. Une des femmes était entièrement voilée.

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Nous avons vu un touriste prenant une photo du paysage. Les Maghrébins ont commencé à l’insulter et une femme a reçu des cailloux de leur part. Un ami a pris à son tour une photo. Les Maghrébins nous ont dit : "on va arriver ! on va arriver ! ». Après,  ils étaient au bas de la crique, ils ont alors frappé sans parler. Un ami a essayé de défendre un jeune se faisant agresser. Là, ils ont sorti la hachette avec laquelle il l'ont frappé sur la tête. Le père de mon ami est arrivé, ils ont tiré sur lui avec un harpon. Nous avons entre 15 et 18 ans. Eux de 40 à 50 ans environ… » Selon Corse-Matin, la jeune Elodie ajoute : « Ils criaient comme des fous « Allah Akbar on va vous tuer. Nous sommes du 36 de Lupino ».  

« Je lance un appel à tous les Corses afin qu’ils soient soudés pour lutter contre la barbarie. »  Puis la voix tremblante  (un témoignage pas une opinion ) « mon frère a été blessé à la tête avec une machette. Comment peut-on aller à la plage avec une machette ? Les femmes avec des couteaux ont crevé les pneus des voitures. Mon frère est tiré d’affaire mais il est choqué à vie. Je lance un appel à tous les Corses afin qu’ils soient soudés pour lutter contre la barbarie. » . Ce lundi 15 août Corse-Matin titre «  Rixe de Sisco: le feu couve », les réseaux sociaux et les médias se sont enflammés. D’autant que, après la Mairie et la Préfecture où une délégation a été reçue, la manifestation de dimanche s’est déplacée vers Lupino (Quartiers Sud de Bastia). Surveillés et circonscrits par des Crs suréquipés, les manifestants se sont retirés, après avoir lancés de retentissants « On est chez nous ! » en direction des domiciles des musulmans qui seraient impliqués dans les agressions de Sisco. Le Préfet de la Haute-Corse et le Président du Département François Orlandi appellent au calme, mais le maire Ange-Pierre Vivoni a convoqué un conseil municipal extraordinaire qui a voté un arrêté interdisant désormais  ( ceci est un communiqué officiel pas une opinion ) « le port de la burka » à Sisco. Comme l’ont fait Cannes et Villeneuve-Loubet la semaine dernière pour préserver « l’ordre public », « la sécurité du domaine public maritime » 

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et la « laïcité ». En Corse face à « la revendication communautariste voire religieuse » , les deux présidents Jean-Guy Talamoni (Assemblée) et Gilles Siméoni ( Conseil Exécutif) réagissent avec lucidité dans le but de préserver en priorité la paix et le vivre-ensemble: ( ceci est un communiqué officiel de la Collectivité Territoriale de Corse   « Des événements graves ont eu lieu à Siscu. Selon de multiples témoignages concordants, ce sont des comportements provocateurs, des actes violents de la part de personnes extérieures à la commune qui sont à l'origine des faits. Comportements, toujours selon les témoins présents sur place, assortis d'une revendication explicitement communautariste, voire religieuse. (…). Nous appelons au calme et au refus de toute réaction inappropriée. Il importe en effet d'éviter l'escalade et toute logique de bouc émissaire. » . 

(Informations sur l'enquête en cours et publiées dans la presse nationale et insulaire.)  Selon Mme la Procureure de Bastia et les articles de CORSE-MATIN et de L'EXPRESS, il apparaît que concernant les incidents de Sisco : il s'agit côté familles maghrebine , de "personnes connues des services de police  » . CORSE-MATIN : « Pour l'instant, nous procédons aux auditions complémentaires. Il faut essayer de comprendre le déroulement des faits. Globalement, la prise d'une photo est bien à l'origine de ces violences, explique Frédérique Oliveaux-Rigoutat, procureur adjointe à Bastia. Cela a été confirmé par les premières auditions. D'après nos informations, plusieurs personnes d'origine maghrébine impliquées dans ces violences sont connues des services de police. Quelques procédures ont été établies à l'encontre de ces individus. De la délinquance des banlieues, du droit commun", admet une source proche de l'enquête qui n'entend pas en dire davantage." L'EXPRESS titre "Une logique de caïds et une réaction épidermique". Pascal Pochard-Casabianca pour L’EXPRESS : « Grâce aux auditions d'une vingtaine de personnes, les enquêteurs ont pu retracer une partie du fil des événements. Sur la plage, le ton est monté entre plusieurs membres d'une famille maghrébine, des touristes et des jeunes de la région qui ont appelé leurs aînés en renfort. Des coups ont été donnés, des voitures ont été brûlées et dégradées durant ces échauffourées qui ont pris fin seulement avec l'intervention des gendarmes. Il ressort des auditions, notamment d'observateurs extérieurs, que la famille maghrébine avait considéré qu'elle avait privatisé la crique et qu'elle ne voulait pas être dérangée. Elle s'est montrée particulièrement agressive", explique notre source. " La plage est à nous. Nous voulons être seuls ", aurait-elle dit . La famille maghrébine vit dans la banlieue de Bastia depuis un certain nombre d'années. Au moment des faits, elle comptait 11 membres: quatre hommes (des frères et des cousins), quatre femmes et trois enfants. Deux des hommes sont connus de la justice, l'un pour des faits particulièrement graves (trafic de drogue, outrage et rébellion), l'autre pour des délits plus mineurs."

Après les attentats qui ont endeuillé la France et après Sisco, peut-on parler d’un symptôme, un signal faible mais incontestable, d’un clivage interconfessionnel, qui atteindrait une part de la société française ? L’économiste Jean-Hervé Lorenzi prédit pour l’Europe ( ceci est un rapport de prospective) « une guerre civile ethnique ». Les élus en Corse comme ceux de l’hexagone, ont-ils bien évalué la menace ? Et ont-ils les moyens de riposter ? Et ce, dans le contexte d’attentats meurtriers commis en France et en Europe, par les islamistes fondamentalistes radicalisés liés à la petite et grande délinquance ? Rien qu’en Corse, une île de 320 000 habitants, ou l’anonymat n’existe pas et où tout se sait : le FLNC clandestin avait déjà publié en juin, un communiqué expliquant avoir identifié des ( ceci est un communiqué de presse) « foyers salafistes actifs » dans l’île, et demandé leur expulsion. La rixe de samedi fait suite aux « incidents intercommunautaires » d’Ajaccio. Le 28 décembre 2015, des Corses indignés avaient manifesté, contre l’agression d’un véhicule de Pompiers en cours d’intervention dans le quartier des Jardins de l’Empereur. Courant juillet, des « salafistes » en djellaba, en tournée en Corse, avaient été chassés par des fidèles musulmans d’une salle de prière bastiaise, puis le même jour chassés de la  plage d’Ile-Rousse où ils tentaient une prière publique. La situation de l’hexagone ? Sur internet, on lit sur le site de « résistance républicaine » :  ( ceci est une opinion émise sur un site internet) )« la France tout entière n’en peut plus. Elle n’en peut plus de l’islam qui pourrit la vie de tout le monde, qui menace notre civilisation et notre patrimoine, qui nous oblige à changer nos lois, à dépenser des sommes folles en sécurité, en tribunaux, en prisons, en minima sociaux, à nous battre pour la moindre liberté d’expression, qui menace ceux qui ne disent pas béni-oui-oui, qui menace nos femmes et nos filles, qui menace nos libertés fondamentales. » Une spirale incontrôlable ? L’économiste Jean-Hervé Lorenzi n’est pas plus optimiste. Il prédit dans un rapport repris dans Agoravox : ( ceci est un rapport de prospective) « Jamais, dans toute l'histoire de l'humanité, d'une humanité devenue globalisée et de plus très nombreuse (9,5 milliards bientôt), sur une planète rapetissée, les risques d'un incendie général n'ont été aussi forts. (…). Voici quels sont les foyers de tension qui risquent d'interagir et de provoquer un embrasement général. L’immigration massive en Europe (de l'Ouest) sous la bannière de l'islam va progressivement dériver vers une guerre civile ethnique. L'incapacité de l'Europe à endiguer l'immigration invasive en provenance du Maghreb et de l'Afrique continentale en explosion démographique débouchera inévitablement sur un conflit majeur. » . 

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Dans Le Point : en amont d’une probable publication en France de l’ouvrage de Hamed Abdel-Samad « Le fascisme islamique ». Plus inquiétant : un interview dans Le Point en amont d’une probable publication en France de l’ouvrage de Hamed Abdel-Samad « Le fascisme islamique », best seller en Allemagne et aux Etats-Unis. Ce fils d’imam égyptien, réfugié en Allemagne, vivant sous protection policière, est l’auteur d’un essai qui ferait en France l’effet d’une bombe à fragmentations. Excusez cette métaphore, en phase avec le terrible constat d’une France clivée et désespérée qui s’attend au pire. Interviewé dans Le Point Mr Abdel-Samad affirme :  (publié dans Le Point) « l’islamisme est présent dans la naissance même de l'islam, la violence est consubstantielle à l'islam, même si le Coran peut aussi être lu dans sa dimension éthique et spirituelle ». Si cette thèse est vérifiée, si ce livre est publié : cela signifierait, qu’en France, des partis politiques seraient fondés à demander une reforme de l’Islam de France et une reformulation des textes coraniques pour en extirper les appels à la violence. Hamed Abdel-Samad critique l'islam politique qu’il compare au nazisme : 

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« le premier point commun, c'est l'idée d'avoir été choisi, d'être des gens supérieurs au reste de l'humanité. Vous pouvez lire ça dans le Coran, où les musulmans sont considérés comme la meilleure communauté n'ayant jamais existé. Allah leur donne une responsabilité particulière d'être ses représentants sur terre. Vous avez ça aussi dans le fascisme. Deuxième point commun : la culture de la mort. Dans les deux idéologies, la mort est glorifiée, car la vie et l'individu ne comptent pas. L’important, c'est la nation ou la religion. Troisième parallèle : l'idée de combat, le kampf en allemand, le djihad en arabe. Le combat, en lui-même est une fin en soi, pas seulement un moyen pour atteindre des buts politiques ».  ( Dans Le Point Juillet 2016). 

Fin juillet, le maire de Cannes, David Lisnard (LR) avait publié un arrêté municipal : « l'accès aux plages et à la baignade sont interdits à toute personne n'ayant pas une tenue correcte, respectueuse des bonnes mœurs et de la laïcité, respectant les règles d'hygiène et de sécurité des baignades adaptées au domaine public maritime ». L’association CCIF ( Comité contre l’islamophobie) avait attaqué cette décision. Dans son ordonnance, le juge des référés note que  ( ceci est un communiqué de presse) « sont respectées les dispositions de l'article 1er de la Constitution aux termes desquelles la France est une République laïque, qui interdisent à quiconque de se prévaloir de ses croyances religieuses pour s'affranchir des règles communes régissant les relations entre collectivités publiques et particuliers . Il ajoute( ceci est un communiqué officiel de la mairie de Cannes )« dans le contexte d'état d'urgence et des récents attentats islamistes survenus notamment à Nice il y a un mois [...], le port d'une tenue vestimentaire distinctive, autre que celle d'une tenue habituelle de bain, peut en effet être interprétée comme n'étant pas, dans ce contexte, qu'un simple signe de religiosité ».

 

 

LV

 

 

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