« Il faut pouvoir tout dire car il faut pouvoir tout réfuter » déclare la Ligne des Droits de l’Homme de Corse.

La Ligue des Droits de l’Homme de Corse demande que le débat entre la Corse et la République, sur la base des propositions de l’Assemblée de Corse, soit remis à l’ordre du jour : voici la motion adoptée, en AG, le 17 janvier à Corté. 

LIGUE DES DROITS DE L'HOMME CORSICA

COMMUNIQUE

 « Comme partout en France, les Corses se sont rassemblés en très grand nombre contre les actes de barbarie commis par des idéologues terroristes et antisémites. Avec force, tous ont dit leur attachement à la liberté, à la fraternité et à la laïcité, pour lesquelles il nous faut rester mobilisés.

Dans ce contexte, certains s’en remettent à l’exception, au nom de notre sécurité. Ils projettent d'étendre toujours plus les pouvoirs de police, et d'affaiblir le contrôle judiciaire. Les Corses sont nombreux à pouvoir témoigner des conséquences de dérives répressives : l’arbitraire et les atteintes aux droits. Entre la liberté et la sécurité, il n’y a pas à choisir.

D’autres, parfois les mêmes, voudraient contraindre la liberté d’expression, déjà victime du terrorisme. Sans injurier, sans diffamer, sans apologie du terrorisme, sans incitation à la haine raciale, il faut pouvoir tout dire parce qu’il faut pouvoir tout réfuter.

D’autres encore, s’en prennent aux musulmans. Ils stigmatisent. Ils pratiquent l’intimidation et la menace, de la même manière, dans un premier temps, que ceux qui ont fini par passer aux actes dans les locaux d’un journal, contre des policiers, dans un magasin casher. Attisant les haines, ils se font les alliés des terroristes.

Contre les violences, l’action de la justice et de la police, dans le respect du droit, est indispensable pour protéger les libertés. Le respect de l’Etat de droit, c’est aussi de garantir le fonctionnement normal de toutes les institutions. Dans ce sens, la LDH demande que le débat entre la Corse et la République, sur la base des propositions de l’Assemblée de Corse, soit remis à l’ordre du jour. Elle demande de se saisir de l'urgence sociale : la lutte contre les inégalités, et l'accès au droit au travail, au logement, à la santé… pour tous.

Mais ce sont les citoyens qui sont les premiers garants de la liberté. La LDH en appelle à la vigilance de chacun, pour que notre droit à l’avenir ne soit pas confisqué au nom d’un présent inquiétant.»

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