Trois députés autonomistes et nationalistes corses siègeront à l’Assemblée Nationale

Un score historique majeur pour Jean-Felix Acquaviva (64%), Michel Castellani (60%), Paul-André Colombani (55%). Au sein d’une Assemblée Nationale imprévisible, plus ouverte, moins jacobine: ils seront la voix de la Corse, des territoires, de l’insularité, de la ruralité, des PME, des coopérations en Méditerranée.

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Les estimations sont tombées à 20h piles sur France 3 Corse ViaStella, et c’est une première historique ! Trois députés autonomistes corses " Pe a Corsica" , la presse nationale parle de "députés nationalistes" , siègeront à l’Assemblée Nationale.  En Corse-du-Sud Paul-André Colombani ( médecin 49 ans  suppléant Pierre-José Filiputti) ) avec 55, 9%, a battu avec une avance assez confortable le vétéran LR Camille de Rocca Serra, une dynastie père et fils qui régnait sur la circonscription de Porto-Vecchio depuis 1962. 
Cette triple victoire nationaliste illustre la fin des votes clanistes et campanilistes qui biaisaient les élections depuis deux siècles. On pourrait oser dire que le macronisme a été initié comme testé en Corse… tant la vague de nouveaux élu-es insulaires a balayé - dégagé avec vigueur - une classe politique jacobine usée et parfois corrompue.
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Une volonté déterminée de changement traverse la Corse mais aussi toute la communauté nationale française. « J’ai du mal à réaliser, explique le nouveau député Paul-André Colombani au micro de France 3. Nous sommes prêts à faire un lobbying incessant pour faire connaître les motivations de la Corse à l’Assemblée Nationale. Ne vous inquiétez pas pour cela! ».
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Un « séïsme politique », « la mutation commencé, il y a trois ans, se poursuit » lance le journaliste politique Jean-Vitus Albertini. Ainsi, le parcours politique, le travail de titan accomplit en seulement deux années par Jean-Felix Acquaviva constituent l’archétype même de la réussite phénoménale d’un Conseil Exécutif et d’une Assemblée de Corse, gérant tous azimuts les réalités multiples d’un île encore sous-développée et dépendante d'un tourisme aussi salvateur que destructeur.  A Corte, dans un bureau centralisateur surchauffé, on saute, on danse dans une ambiance euphorique avant d’aller chanter le Dio vi salve Regina devant la statue de Pasquale Paoli.
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A noter que le score excellent (63,5 %) de Jean-Felix Acquaviva ( Femu a Corsica) et de son suppléant Petr’Anton Tomasi ( Corsica Libera) ne semble pas étonner ces deux élus expérimentés, très calmes, déjà très rôdés à la vie politique. « Ce soir, nous pensons à ceux qui étaient là avant nous, à d’où nous venons, et à tous ceux qui se sont battus pour la Corse depuis des décennies » explique Petr’Anton Tomasi. Né en 1987; il est Conseiller à l'Assemblée, Pt du groupe Corsica Libera, élu aux Conseil d'administration de l’Office de l'environnement de la Corse, de l’Agence durable, de planification et d'urbanisme de la Corse, de l’Office foncier, de la SAEM chemins de fer de la Corse, Membre de la Commission des finances et de la planification et de la Commission des affaires européennes et de la coopération). Cette longue énumération pour re expliquer que la vie politique d’un ou d’une élu-e de Corse signifie l’exercice de compétences extrêmement diverses et pointues dans le cadre de la Collectivité Territoriale (CTC).
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Ainsi, le parcours politique, le travail de titan accomplit en seulement deux années par Jean-Felix Acquaviva constituent l’archétype même de la réussite phénoménale d’un Conseil Exécutif et d’une Assemblée de Corse, gérant tous azimuts les réalités multiples d’un île encore sous-développée et dépendante d’un tourisme aussi salvateur que destructeur.
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La Corse reste donc un prototype avec des enjeux mer-montagne et intérieur-littoral, auxquels s’ajoutent les défis de l’insularité, d’un environnement ultra-fragile, de la problèmatique des déchets, du social, de l’éducation, de l’innovation et les coopérations et les crises en Méditerranée.
Perspicace et tous terrains, Jean-Felix Acquaviva est porteur d'une conscience politique augmentée car exercer un mandat politique en Corse signifie affronter au quotidien l’ultra-complexité. Maire de Lozzi, Conseiller Exécutif, Pt du Comité Massif, des Elus de montagne, de l’Office des Transport: il est tout aussi pertinent pour traiter des questions du littoral et de l’insularité que celles du rural et de la montagne. Il a prévu de créer un groupe réunissant les députés sensibles aux enjeux spécifiques des territoires… lesquels sont, à ce jour, très mal représentés dans le gouvernement du Pd E. Macron. En effet, la ruralité, l’artisanat, les PME, l’économie sociale, les partenariats européens et transfrontaliers n’ont aucun ministère dédié ! Ses futurs collègues de l’Assemblée Nationale vont donc en entendre parler… En 2016, son action a illustré, tel un magistral symbole, les nouvelles politiques publiques de la Corse désormais gérée comme une « île-montagne ». Il analysait dès janvier avec ce nouvel élan qui traverse la Corse « On évolue au coeur d’une période particulière, que l’ont peut qualifier, soit de révolution dans le sens de transformation, soit de période d’après-guerre dit-il. Le changement est tel, que tout est possible dans la reconstruction. De nouveaux horizons s’ouvrent dans les manières de penser et d’agir, qui ont balayé les tabous, les non-dits et ce, bien au-delà de notre camp politique. Nous ne sommes pas dans une tour d’ivoire mais nous allons au contact, c’est un mouvement collectif et la réussite ne peut être que collective. C’est viral ! » . Lors des Assises de la Montagne dans le Niulu, J.-F. Acquaviva avait déclaré: « 60 à 70% de notre territoire ne peut pas être laissé pour compte, l'ambition et l'état d'esprit qui nous anime est celui d'un plan Marshall ! (*) »
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Dans Bastia en fête et survolté comme lors des victoires de Gilles Siméoni d’abord à la Mairie de Bastia en 2014 puis aux Territoriales de fin 2015: un défilé des voitures salue la victoire de Michel Castellani-Juliette Ponzevara, binôme lui-aussi autonomiste.
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Michel Castellani, élu territorial de Femu a Corsica, est un professeur d'économie secteur administration des entreprises à l’Université de Corte. Il insiste sur la spécificité d’une île disposant d’une position géostratégique, d’une longue histoire et d’une langue. Au micro de N. Mari de Corse Net infos, il s’est intéressé à la démographie en Corse, à « l’excédent migratoire », à l’impact sur le foncier, l’immobilier et le milieu naturel : « Ces 10 dernières années, la population de l’île a augmenté de 49.175 unités. Soit, 16 % en dix ans. C’est considérable ! Si l’on prend 2006 comme année de base, la Corse enregistre une croissance démographique de 5,3 %, soit plus du double de la moyenne française (2,22 %). »
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Gilles Simeoni Pd du Conseil Exécutif de Corse estime « que le vote de ce soir n’est pas le fait d’électeurs qui sont tous nationalistes mais qui souhaitent tous le changement, et que en soyons la force motrice. Le travail est si considérable que nous devons mobiliser tous les Corses, unis au service de la Corse et de ce projet »
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Il est incontestable que ces trois nouveaux députés autonomistes corses ( le quatrième est Jean-Jacques Ferrara député LR) vont peser sur les débats et les courants politiques de la nouvelle Assemblée Nationale qui s’installe le 27 juin et qui sera moins jacobine, plus ouverte, plus féminisée et plus imprévisible que la précedante. La Corse et ses alliés vont jouer un rôle considérable en faveur des enjeux des territoires.

LV

 

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