A Helsinki la Corse présente "Isularia" projet de métro aérien en Méditerranée.

Helsinki (Finlande) 45 ème AG de la Conférence des Régions Périphériques Maritimes de l’Europe : la délégation corse conduite par Gilles Simeoni Président de la CTC et Président de la Commission des Iles, présentera Isularia, projet de métro aérien en Méditerrannée pour relier, désenclaver la Corse, la Toscane, la Ligurie, le Latium, la Sardaigne, la Catalogne, les Baléares.

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Helsinki (Finlande 18-20 octobre 2017) 45 ème AG de la Conférence des Régions Périphériques Maritimes. Insertion de la gouvernance de Corse dans les flux des grands programmes stratégiques européens. A Malte en mai dernier, Gilles Simeoni Président de la CTC avait été élu en président de la Commission des Iles, l’une des 6 entités de la Conférence des Régions Périphériques Maritimes (CRPM), structure regroupant 149 régions européennes. Rien que la seule Commission des Iles concerne 22 millions d’européens, répartis sur 23 territoires insulaires soit en tout 500 îles. Gilles Simeoni avait déclaré au quotidien Corse-Matin : « le travail est considérable : il ne se résume pas à changer le rapport entre le centre et la périphérie. L'enjeu est également de modifier la perception que nous avons de nous-mêmes : non pas des assistés ou des populations marginales, mais des citoyens européens, fiers de la dimension insulaire de leurs identités respectives. L'insularité n'est ni un fardeau, ni un problème. Elle est une chance et une opportunité. »
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Cette chance de repositionnement économique de la Corse, le Conseil Exécutif de Corse l’a saisi avec une énergie et une détermination exemplaires. L’Office des Transports alors présidé par Jean-Felix Acquaviva (depuis élu député de la Hte-Corse), a misé sur la coopération et la continuité territoriale entre les îles avec le projet de metro aérien "Isularia". A Helsinki (Finlande) lors de la 45ème AG de la CRPM et lors de la session sur les transports aériens entre les îles : la délégation corse de la CTC présentera ce concept de métro aérien entre Corse, Toscane, Sardaigne, Catalogne.
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Développé et présenté à Bastia (avril 17) par Jean-Felix Acquaviva au séminaire Gestion Européenne des Connexions et Transports pour les Iles (GECT-ÎLES), Isularia illustre la vision stratégique de la CTC concrétisée par la signature d’une convention de coopération avec la Sardaigne, et par un protocole d’accord de délégation de service public (DSP) de continuité territoriale transitoire entre les îles, signé (22 février 17) dernier par les autorités régionales sarde et corse.
Les objectifs d’Isularia ? Désenclaver et décloisonner les îles de l’arc méditerranéen, les rapprocher des autres métropoles de proximité, restaurer la logique de la continuité territoriale transfrontalière en Méditerranée. Jean-Felix Acquaviva : « le programme Isularia est piloté par la Corse, la Toscane, la Ligurie, le Latium, la Sardaigne, la Catalogne et les Baléares. Ce métro aérien est la traduction dans le domaine des transports d’une vision stratégique de l’inscription de la Corse dans son aire euro-méditerranéenne avec une structuration de l’espace de Méditerranée occidentale favorable à toutes les parties prenantes. Avec Isularia, les régions participent à la construction d’un axe en Méditerranée occidentale qui permettra de défendre les intérêts des régions méditerranéennes et insulaires, de rééquilibrer l’Europe vers le Sud et de faire de la Méditerranée un espace d’échanges et de coopération »Concretement Isularia signifie la création d’un véritable service public aérien via la mobilisation des compagnies aériennes pour proposer de bons horaires, des liaisons simples, des correspondances courtes, des prix raisonnables, des capacités adaptées à la demande. Soit des vols quotidiens reliant neuf villes: Bastia, Ajaccio, Cagliari, Olbia, Rome, Gênes, Pise, Barcelone et Majorque.  Ce projet de métro aérien, rendu possible grâce à la réactivité de l’Office des Transports qui est maintenant chef de file du GECT Groupement Européen de coopération Territoriale. Le député Jean-Felix Acquaviva en précisait ainsi la philosophie : « la Corse, serait-elle condamnée à la formule, usée jusqu’à la corde d’« une île entourée d’eau de toutes parts » ? La clause de style à la vie dure. Elle ne fait qu’exprimer le sentiment d’isolement, voire de déclassement, qui frappe notre région depuis tant d’années. Inverser le cours des choses. Changer, pourquoi pas, de logiciel ? Mettre le cap sur l’arc Européen et Méditerranéen. Et miser sur la notion de « périphérie ». Cet engagement programmatique, porté par la nouvelle majorité territoriale, a trouvé, d’ores et déjà ses premières applications concrètes. La politique des transports en fait partie. Un domaine où la nouvelle donne est à l’œuvre. Au cœur de l’aggiornamento, un concept phare : la continuité territoriale transfrontalière. ».
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Effacer les frontières ? Le GECT Transports, lancé à Bastia en présence de Massimo Deiana, responsable des transports de Sardaigne, est le seul du genre en Europe. « Rien n’est dû au fait du hasard précise le communiqué de presse. Monter des dossiers. Les défendre auprès de Bruxelles. » Côté maritime la liaison Bonifacio-Santa Teresa fonctionne depuis juin tout comme la ligne Propriano-Porto Torres (Elbe). " Toutefois ajoute J.-F. Acquaviva : « le principe d’une continuité territoriale inter-îles actuellement à l’œuvre n’allait pas de soi. L’OTC su se montrer convaincant. En faisant entendre la voix de la Corse auprès du comité de suivi du fameux programme «  Interreg maritime. ».  Ensuite toujours en 2016, le décret européen n°13582 du 8 Novembre autorise la création d’un projet de coopération en matière de transports. La Corse, chef de file, aura pour partenaires la région autonome de Sardaigne, la Toscane, les autorités portuaires de Sardaigne et de Ligurie, les chambres de commerce et d’industrie de Haute -Corse et de Corse- du- Sud, ainsi que la CCI du Var.  Le financement ? Selon le communiqué de la CTC : « ce métro serait financé à 85 % par des fonds européens dans le cadre de programmes de coopération Interreg, Italie-France Marittimo et MED. Les 15 % restants seraient mutualisés entre l’ensemble des régions partenaires. Ce dossier devra être porté devant la Commission européenne afin de démontrer la déficience du secteur privé sur ces vols et sur le modèle d’ensemble avant d’élaborer, en 2018, le premier contrat d’Obligations de Service Public transfrontalier sur 4 ans, porté par le Groupement Européen de Coopération Territoriale (GECT des régions partenaires. Le dispositif se déploierait de manière progressive et les premiers vols devraient avoir lieu mi-2019. »
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A Helsinki, la participation de la CTC à la 45e AG de la CRPM permettra une première sensibilisation des instances européennes et un espoir de soutien lors de prochaines réunions opérationnelles avec la D.G. MOVE. Un soutien qui serait décisif afin que les programmations des réseaux transeuropéens de transport (RTE-T) intégrent si possible les îles dans les corridors éligibles, pour les infrastructures (ports propres notamment), les services, la définition d’un service public européen de lignes régulières entre les îles.

 

LV

 

 

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