Corse: la Xylella fastidiosa, bactérie dangereuse, menace les végétaux

Faisant l’objet d’une alerte en Europe dès 2013, la Xylella fastidiosa, bactérie végétale, se multiplie en Italie. Les producteurs insulaires sont inquiets du silence des services de l’Etat. Faudrait-il que le Préfet de Région envisage le confinement, des contrôles phytosanitaires, des interdictions d’importation, pour éviter que la Xylella fastidiosa ne détruise ici les vignes, les oliviers, les arbres fruitiers, la forêt, les cultures maraichères?

Faisant l’objet d’une alerte en Europe dès 2013, la Xylella fastidiosa, bactérie végétale, se multiplie en Italie. Les producteurs insulaires sont inquiets du silence des services de l’Etat. Faudrait-il que le Préfet de Région envisage le confinement, des contrôles phytosanitaires, des interdictions d’importation, pour éviter que la Xylella fastidiosa ne détruise ici les vignes, les oliviers, les arbres fruitiers, la forêt, les cultures maraichères?
Face à l’inertie des pouvoirs publics, les professionnels de Corse ( toutes filières dont l’oléiculture, la maraîchage, la castanéiculture, la forêt) se sont groupés en collectif le 18 août à Riventosa (Haute-Corse).  
Il y a urgence. Comment empêcher l’entrée en Corse de cette bactérie dangereuse transmise par les insectes vecteurs « cicadelles » et « cercopes » ?
Sans mesure de confinement et de surveillance, la Xylella pourrait entraîner des dégâts majeurs dans les cultures insulaires car elle s'attaque à la vigne, à l’olivier, au chêne, à l’orme, aux agrumes, amandiers, pruniers, abricotiers, caféiers et gingko. Elle pourrait être véhiculée par des plants contaminés que la Corse importe d’Italie et d’Espagne notamment les espèces ornementales. Les professionnels de Corse rappellent le manque de réactivité ou de moyens de l’Etat sur les précédentes affaires de la maladie du châtaignier le cynips et la recrudescence de la fièvre catarrhalle : « faute de mesures efficaces et prises à temps par ses services, malgré les alertes répétées des professionnels, le cynips du châtaignier s’est installé en Corse, entraînant un désastre pour la filière. Idem pour la reprise de la fièvre catarrhale en 2013 aurait pu aussi être évitée. » 
Nouvelle menace. Les producteurs interpellent le Préfet de région. Ils souhaitent « des mesures spécifiques de surveillance, un contrôle sanitaire systématique à l’arrivée des plants dans les ports et aéroports de l’île ».
Et pourquoi pas « une suspension d’entrée des plants en Corse tant que la bactérie n’est pas éradiquée dans le sud de l’Italie ». Le collectif de Riventosa demande une réunion en urgence du CROPSAV (Conseil Régional d’Orientation de la Politique Sanitaire Animale Végétale)  et une cellule de veille.
Un point d’étape est prévu le mardi 2 septembre  à Corte : « la Corse n’acceptera pas d’être à nouveau atteinte par une maladie importée alors que le fait d’être une île devrait la protéger. La situation commande une prise de conscience collective pour éviter un nouveau désastre environnemental et agricole. Et l’Etat doit d’urgence assumer ses responsabilités. ». En effet, le 26 novembre 2013, l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) avait  délivré un avis urgent sur la bactérie végétale Xylella fastidiosa. Repertoriée comme organisme nuisible, sa diffusion, son importation sont interdites. L’Europe préconise « une surveillance particulière à exercer sur le commerce de plants destinés à la plantation et sur la présence d’insectes infectieux dans les expéditions de plantes constituerait le moyen le plus efficace de limiter la dissémination de la bactérie Xylella fastidiosa récemment détectée dans le sud de l'Italie ». Le foyer actuel de la maladie ?  8000 hectares d'oliviers dans la région des Pouilles en Italie du Sud. Le seul moyen naturel de propagation de X. fastidiosa sont les insectes piqueurs qui ne peuvent voler que sur de courtes distances allant jusqu’à 100 mètres. La principale source de X. fastidiosa dans l'UE réside dans le commerce et la circulation  de plants infectés.

 

 

LV

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