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Billet de blog 23 nov. 2018

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Valoriser les trésors du patrimoine insulaire.

Un miracle le Festival d’Automne de la Ruralité ? La méthode depuis 2008 : célébrer in situ le patrimoine matériel et immatériel de Corse pour le valoriser et réveiller le rural !

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« Nous sommes des résistants » déclare Cristianu Andreani en clôture des trois semaines fantastiques du Festival d’Automne de la Ruralité 2018. Soit des dizaines de fidèles et de personnalités remarquables écrivains, artistes, historiens,  réunis autour d'environ 150 évènements vécus in situ lors de célébrations festives dans une vingtaine de village de Corse… et avec la participation essentielle de la population.

Le Festival incluant pour sa 10ème édition, une journée historique à Omessa dédiée à l’extraordinaire fresque du XIV ème siècle, elle-même au coeur d’un colloque international à Corte « Fresques de Corse et de Méditerranée Occidentale. »

Outre son intérêt scientifique, mémoriel, historique, social : le patrimoine culturel insulaire est-il le nouveau moteur du réveil de la ruralité dans l’île? Est-il capable d’enclencher une dynamique vertueuse pour pérenniser un tourisme culturel à l’année donc la vie et l’activité dans la montagne corse ? Incontestablement le Festival de la Ruralité, positionné en octobre et novembre, impulse une vision d’avenir devenue incontournable mais auquel personne ne croyait…

Pourtant aujourd’hui victoire, ce festival atypique fédère avec succès socio-professionnels, producteurs, vignerons, bénévoles, historiens militants, associations, élus locaux. Christian Andreani président du Réseau européen de la Via Sancti Martini et du Centre Culturel San Martinu de Patrimoniu: « le bilan global du Festival de la Ruralité 2018 est très positif, il est plus lisible pour la population locale et bien relayé dans les médias. Notre travail commence à porter ses fruits, car on ne peut bâtir un projet de développement sans la population locale ! On ne peut décréter la Corse destination touristique majeure si la population locale n’en a que les désagréments. Ce sont les données de l’évolution du monde. Et chez nous, les petites communes sont aussi essentielles que les grandes. Elles détiennent une richesse culturelle mais il leur faut les moyens d’entretenir ces trésors culturels. »Le Centre culturel San Martinu prévoit des jumelages entre villages de Corse et sites européens : « les projets émergeants de développement rejoignent la plus-value culturelle ajoute Ch. Andreani. » Des perspectives offertes par la Via Sancti Martini dans sa dimension européenne, écologique, coopérative.

L’île peut-elle inversera la tendance de la surfréquentation et valoriser son patrimoine rural en mobilisant les élus, les bénévoles, les associations, les socio-professionnels, les agriculteurs ? Christian Andreani a initié une méthode dont toutes les communes peuvent s’inspirer. La recette?

Des itinéraires pédestres, des musées locaux, des conférences historiques et archéologiques, des célébrations mémorielles, cette année le centenaire de  l’Armistice du 11 novembre et Teghime haut lieu de la Libération de la Corse. Plus des des concerts, des danses anciennes, des dégustations festives de vin et de gastronomie insulaire. Cristianu Andreani  : « Nous sommes des résistants!  Ici on n’est pas dans le consumérisme ou sur un coup médiatique. Nous sommes sur des territoires ruraux qui travaillent à l’année pour  construire une Corse du XXI ème siècle.

Ici ce n’est pas une manifestation gadget. Je rends hommages à tous ceux qui nous ont accompagnés, historiens, chercheurs, producteurs, vignerons, associations bénévoles, professionnels du tourisme, guides de montagne! Ce projet est parti d’ici de Patrimoniu. La fresque d’Omessa qui révèle l’existence au XIV ème siècle un hôpital génois de 1450 peint a fresque, cela veut dire que l’histoire  de la Corse on ne la connait pas !

Ici nous sommes dans l’actualité du rural, des villages désertifiés, la déprise agricole, la spéculation immobilière, tous ces producteurs qui proposent des produits merveilleux, mis à mal par la mondialisation. Oui nous sommes des Résistants! » Découverte sensationnelle : à l’Eglise Sant’Andria d’Omessa, la fresque du XV ème siècle « jamais touchée, jamais repeinte », représente St-Martin offrant son manteau et St-Pierre martyr selon les Evangiles Apocryphes. Ce qui fait d’Omessa un hôpital génois au coeur de la montagne corse, peint à fresque comme ceux de Gènes et de Florence !  Pour le colloque international « Les Fresques de Corse et de Méditerranée Occidentale. »: des historiens, des universitaires de Madrid, Barcelone, Toulouse, Sophia-Antipolis, Séville, de Corte se sont réunis à l’Université Pasquale Paoli pour échanger sur leurs recherches, leurs regards croisés, leurs expériences. Un colloque de la Collectivité de Corse via son Service de l’Inventaire du Patrimoine dirigé par Michel-Edouard Nigaglioni. Et même si près de 90% des décors peints insulaires des chapelles romanes ont disparus… les fresques sauvées sont bouleversantes de beauté et de spiritualité. Saints guérisseurs, saints médiateurs, collège apostolique au complet, Christs en majesté, Vierge Marie à l’Enfant : des visages inoubliables parce qu’ils racontent l’histoire de l’île,  avant les razzias et incursions barbaresques, turques et sarrasines.

La Collectivité de Corse se mobilise pour le patrimoine avec une dynamique nouvelle. Josepha Giacometti  Conseillère exécutive en charge de la culture : « nous allons faire de la médiation pour que les Corses se ré approprient leur patrimoine et sa valorisation vers un tourisme culturel. Déjà nous allons re éditer en 2019 le concours « Photographie ton patrimoine » vers les jeunes et d’autres appels à projets. On va rénover les tours littorales qui seront des portes d’entrée vers les sites à visiter. Nous allons les remettre en scène en créant un maillage incluant les  bénévoles, les communes, les associations locales. »

Comment amener les publics vers les villages de montagne, vers des chapelles restaurées mais ensuite fermées, comment aider les associations à faire du tourisme patrimonial ?

J. Giacometti : « le programme « Chapelle à fresques » a été ambitieux et intéressant. Mais en 2004 on n’avait pas pensé à la valorisation donc les chapelles restaurées sont parfois de nouveau  mais fermées, détériorées et non visibles pour les Corses ! Ce colloque nous permet de nous enrichir des expériences des autres rives de la Méditerranée pour installer des logiques d’itinéraires car rien de fonctionne de manière isolée. Il faut protéger les édifice s et créer l’attractivité, construire les itinéraires. La collectivité de Corse doit assister et encourager les artisans , les professionnels et les communes.

LV

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