Corse : un schéma montagne pour la relance économique des zones rurales.

Démonstration de la solidarité insulaire comme du constat accablant du sous-équipement global et tous services des zones rurales de Corse: c’est à Chjatra, village durement touché par les incendies fulgurants de janvier que s’est tenu le Comité Massif du 22 mars 2018.

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Invités par Jean-Felix Acquaviva Président du Comité Massif et par Mme Pancrace Maurizi, maire de Chjatra di Verde ( intercommunalité de l’Oriente), une quarantaine d’élu.es ont assisté au Comité Massif de mars 2018, en présence de Jean-Guy Talamoni président de l’Assemblée de Corse. La Casa Cumuna de Chjatra est cernée aux quatre points cardinaux, par les vestiges d’une forêts de chênes et d’arbousiers, intégralement dévastés par le feu en janvier dernier. Les causes? Les vents en tempêtes et les chutes de lignes à haute-tension. Sinistre aggravé par d’autres drames : les victimes brûlées et intoxiquées, les habitations détruites, les dégâts matériels nombreux, les troupeaux de caprins et d’ovins disparus dans les flammes.
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Auxquels s’ajoutent aujourd’hui les ruissellements des eaux, qui attaquant les sols et les murs de pierre, créent des glissements de terrains. Un état des lieux qui traduit la défaillance de la surveillance, la fragilité des réseaux d’eau, la dangerosité du réseau électrique aérien. Preuves formelles et évidente du sous-équipement dont la ruralité corse est la victime
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Alors, la programmation, les fonds, les projets, le « schéma global montagne » et son calendrier restent les atouts majeurs d’une possible revitalisation stratégique de l’intérieur de l’île. Et il faut le répéter : exhumé in extremis des profondeurs des institutions jacobines françaises par J.-F. Acquaviva élu nationaliste : ce Comité Massif de Corse, avait été tragiquement oublié par les précédantes mandatures insulaires.

Le COMITE MASSIF de CORSE disposera désormais de 182, 3 millions d’€ sur 7 ans ( 2017-2023) pour participer au financement du Contrat de territorialité électrique , de la téléphonie et du numérique. C'est tres peu. Pour des fractures à résorber pour tenter de rétablir une équité de services entre le littoral et la montagne. C’est un peu une dernière chance pour les zones rurales de Corse, afin d’entrer dans la modernité et retrouver une dynamique économique. Sont programmés en priorité la sécurisation et renforcement du réseau électrique en concertation un aménagement raisonné du territoire.
Un rattrapage vital vu l’état de sous-développement qui est la norme dans les communes de montagne corses car sinon  « de la ruralité il ne restera plus rien! ». Il est toujours affligeant d’entendre les représentants de l’Etat se réfugier régulièrement derrière les grands axes pluri annuels du Contrat de Plan Etat-région: lesquels, étant de la gestion courante, n’ont jamais résolu la question cruciale du rattrapage et d’un sous-équipement dramatique de la ruralité insulaire.
Outre le fait de raccrocher - enfin ! - la Corse aux fonds nationaux dédiés aux massifs montagneux français, la gestion des instances Comité Massif et Schéma montagne, signifie aussi pour son président et ses équipes, une certaine capacité et beaucoup d’astuce pour imaginer des solutions pour financer les investissements. 

Ainsi la « taxe sur la consommation électrique départementale » sera affectée désormais, non plus au budget général de la CTC…mais aux investissements montagne. Autre projet à moyen terme du député Jean-Felix Acquaviva? Faire voter par l’Assemblée Nationale, le principe de zones franches fiscales dédiées à la ruralité. J.-F. Acquaviva: « les étapes ? Nous essayons via des amendements, de populariser le principe de zones franches en faveur de la montagne corse. En écho d’ailleurs à d’autres initiatives des régions françaises qui demandent des zones franches rurales, eu égard aux cumuls de contraintes sur leur territoires respectifs. Le ministre de l’Economie Bruno Le Maire s’est engagé devant l’ensemble des territoires qui le questionnaient, à ouvrir une mission sur l’état des zones de revitalisation, pour faire un point d’étape. » Cela été admis ( à l’tat de promesse) par le Ministre de l’Action et des Comptes Publics G. Darmanin. Il étudie ce principe de zone franche pour les bassins miniers. Alors pourquoi pas inclure aussi les zones de montagne dans cette dynamique de relance par la défiscalisation, le rattrapage des services publics et en priorité l’attractivité numérique indispensable aux professionnels?
Le périmètre du Schéma montagne? Elaboré avec les acteurs territoriaux, il se déploie sur 4 axes (SADPM Corse): les infrastructures routes et rail, la téléphonie, le numérique, les réseaux d’eau agricole et potable, l’assainissement, le logements, les énergies renouvelables. Sont concernés aussi les services de base (éducation, formation, santé) , plus ce que J.-F. Acquaviva definit comme « les systèmes réceptifs touristiques durables et la gestion des sites naturels de montagne » auxquels s’ajoutent « le soutien aux activités agropastorales et aux productions primaires »
Un immense chantier de sauvetage incluant l’économie, la culture, la patrimoine? Jean-Felix Acquaviva : « la ruralité et la montagne, en terme spacial et en terme d’organisation du peuple corse, au sens historique du terme et aussi sociologique, se situent c’est évident, au coeur de l’identité corse. Non pas que les territoires littoraux n’aient pas eu d’identité, ils en eu aussi par le passé, y compris liée au pastoralisme. Ici d’est une montagne dans la mer, le littoral rural recoupe souvent le littoral montagneux en continuité. La Corse elle est une et elle est diversifiée. Mais il est évident que l’intérieur, le coeur, les villages, leur histoire, la relation familiale, la relation aux espaces, aux lieu-dits , est consubtentielle de l’identité corse à préserver. C’est aussi une ressources de potentialités économique, une ressource naturelle dont le receptif touristique. Je parle aussi de la filière bois. Tourner le dos à ces territoires signifie tourner le dos à un développement endogène, local et maîtrisé par les Corses, s’intégrant à leur identité corse et méditerranéenne. »
Autre moment de l’ordre du jour : Napoléon de Peretti Della Rocca maire de Levie siégera à la Chambre des Territoires, le président Acquaviva et Nelly Lazarini siégeront au Conseil National de la Montagne.

 

LV

 

 

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