Bastia : le festival Arte Mare prédit l'avenir.

A nul autre pareil, Arte Mare reste le festival audacieux et éclectique de tous les possibles. Cette année, décollage vers le futur sur le thème « Arte Mare 2016 prédit l’avenir » avec des fictions, des documentaires, le Panorama méditerranéen, des appuntamenti, des avant-premières, des filmetti, un concert de rock of Corse, des Prix, des invités prestigieux et des débats sur le futur.

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Les îles interpellent les futurologues tout autant que les historiens. La Corse sera-t-elle au coeur des débats sur le devenir de la planète, qui réuniront sur la scène d'Arte Mare, des cinéastes et des planètologues, des écrivains et des prospectivistes, des scénaristes et des scientifiques ? Côté atmosphère et convialité du péristyle, tout prés du « Bar de l’Avenir et de la Fin du monde » :  on pourra jouer à programmer des robots (espace Roboticamp), et à tester grandeur nature une imprimante 3 D installée par les Ateliers Fab Lab. Sensations du futur garanties ! 

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Autour de la sélection cinéma, futuriste et éblouissante imaginée par Christophe Bourseiller : le festival Arte Mare 2016 conserve ses fondamentaux dédiés à notre mare nostrum (et à son avenir), via les compétitions ( films courts et long-métrages), un prix du film corse ( nouveauté), le Panorama Méditerranéen, Ciné Mioches, les invités littéraires. Le festival va ainsi célébrer Jaume Cabré romancier catalan. Puis Arte Mare vous en offre deux pour le prix d'un, en doublant sa soirée d’inauguration. Le samedi 1er octobre : en Lever de rideau un package inédit « Rock n’roll of Corse », soit 1 documentaire + 1 concert de Henry Padovani cofondateur avec Sting du groupe Police à Londres en 1977. Lundi 3 octobre démarrage des festivités purement Arte Mare avec une soirée d’ouverture titrée « Quand on n’a que l’amour c’est déjà pas si mal… » comportant un court métrage (« On/Off ») plus le récent film de Radu Mihaileanu (134 mn) « l’Histoire de l’amour » sur la vie de Léo un vieux juif polonais, drôle et espiègle. Outre les rencontres littéraires, le Prix Ulysse : on pourra aussi dit-on, débriefer une voyante extra lucide qui serait là tous les soirs au péristyle du Théâtre. 
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L’avenir est-il prédictible comme l’ont fait les cinéastes de science fiction dont on va revoir avec plaisir les meilleurs réalisations ? Comment peut-on réfléchir aux temps futurs ? Les certitudes sur le progrès ont tendances à vaciller et la présidente Michelle Corrotti résume :
« Arte Mare se prendrait donc pour Madame Irma. Et pour voir quoi dans sa boule de cristal, un futur qui frétille, des lendemains qui s’égosillent, un avenir démentant les soucis du présent ? L’homme augmenté, livré avec des pièces de rechange et des accessoires en kit ? L’espèce humaine aura-t-elle essaimé dans l’univers comme les plumets des pissenlits. Ou aura-t-elle tant disparu, que le souvenir n’en survivra plus que dans la mémoire étriquée des fourmis ? » Les scénaristes ont largement exploré les temps futurs proches ou lointains, imaginant un enfer ici-bas ou un paradis extraterrestre. Un constat sombre ou idéalement high tech et
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éternellement confortable et sous contrôle ? Incontestablement, le sommet du film de sci fi « Blade Runner » de Ridley Scott réalisé en 1989, ressemble étrangement à notre réalité traumatisée et mondialisée. Sont prévues en projection au Théâtre d’autres blockbusters dont « 2001 Odyssée de l’espace »
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(S. Kubrick) et
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«Snowpiercer » (J. Gattaceca). Quant à Interstellar (C. Nolan 2014), il entraîne le spectateur - âme trop sensible s’abstenir -
  dans un monde hostile proche de l’hypnose. Comme une dérive dangereuse, vers des univers réels ou virtuels, qui accaparent, sans discontinuer et sans repos, les heures et les jours de la vie des humains connectés du XXIème siècle. Avec d’autres grands films ( Wall-E, I-Robot, Minority report ou La Belle Verte projeté en présence de la réalisatrice Coline Serreau) : Arte Mare nous propose, à Bastia au coeur de la Méditerranée, cette méditation indispensable sur le devenir de notre humanité. Est-il plus inquiétant aujourd’hui c’est à dire nettement moins exaltant et motivant que jadis, quand la science traçait une route sans histoire, ni états d’âme vers un futur toujours plus étincelant ?
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Christophe Bourseiller, reste indécis et comme désenchanté :
« à quoi ressemblera notre malheureux monde dans cinquante ans ? A une poubelle ou à un jardin d’Eden ? Quid du terrorisme, du réchauffement climatique, de la crise migratoire ? Et la Corse, que deviendra-t-elle ? (…) Vivrons-nous dans un désert torride, ou bien au milieu des eaux ? Serons-nous contraints de fuir la Terre pour trouver refuge sur une planète hostile ? » Les projections de ces films de prospective sont suivies de rencontres notamment avec Yann Arthus-Bertrand, Pierre Bordage, Jean-Didier Vincent, Pascal Picq, Antoine Orsini(hydrobiologiste), Michel Chevalet ( journaliste scientifique), Françoise Nyssen (éditrice Actes-Sud). Il faudra assister  samedi 1er octobre à 16h30, au grand débat inaugural « Quel avenir pour l’espèce humaine ? Quel futur pour la planète ? Que deviendra notre île ? » , avec Pierre-Marie Lledo, Directeur de recherche à l’institut Pasteur, Pascal Picq, paléoanthropologue au Collège de France, Grégory Renard (société X-Brain), Pierre-Noël Luiggi (Pdg Oscaro.com). Dans le vaisseau Arte Mare tout est connecté. La comédienne Anna Karina citoyenne d’Alphaville (J.-L. Godard ) sera parmi nous ainsi que Marie-Christine Barrault, Nicolas Hulot, Didier Vincent neuropsychiatre neurobiologiste etc…
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Autre moment très attendu : la compétition du film corse 
« 9 filmi corsi, ch'elli sianu prudutti, scritti o rializati da artisti isulani. Da u filmu longu à i filmetti, passendu per i 52 minuti, da a finzione à u documentariu, a vuluntà di u Festivale hè di porghje à sta creazione una messa in lume bella meritata. » 
De « Africa Corse » comédie de Gérard Guerrieri consacré au l’improbable mais légendaire Trésor de Rommel, à  la « Règle du Je » de Anne de Giafferri (film sociologique dédié à l’enfance tourné dans une classe bilingue de Furiani) : on verra 9 films depuis la fiction ou le documentaire jusqu’au
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film-capsule tourné en autoproduction. Ainsi Ilona Codaccioni jeune réalisatrice et comédienne de 18 ans ) et Ange Guilliotiez « explorent les territoires inquiétants du genre post apocalyptique. »  
U filmettu. La sélection des court-métrages rappelle que l’exercice du film bref - ici moins de 9 minutes -  reste une ascèse, une épreuve initiatique pour convaincre. filmetti : « 5 vagues de l’avenir » (7 min 41) (librement inspiré de Jacques Attali), « Les murmures », «  Tunisie 2045 » (3 min 30), « Fais le mort » ( 8 min 48), « Anadir contacto » (3 min 37), Gaiwan » (4 min 02).
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Côté compétition des long-métrages, 7 films sont sélectionnés en regard de leur signification pour le monde méditerranéen et de leur rayonnement international. Un voyage cinématographique vers la Palestine et Israël, vers la Tunisie, le Pakistan, l’Italie et aussi la Turquie avec un thriller psychologique haletant de bout en bout tourné à Istambul. L’Egypte sera représentée avec « Le ruisseau, le pré vert et le doux visage » (115 min) de Yousry
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Nasrallah
une histoire
 « autour d’un chef cuisinier avec des actrices belles comme à Hollywood, des numéros de danse comme à Bollywood, un spectacle réjouissant, sidérant...». (Télérama) A voir aussi «Theeb l’enfant du désert » coproduction Jordanie, Qatar, Angleterre (en 1916 sous l'occupation britannique dans un campement bédouin en Péninsule Arabique). Arte Mare propose 6 séances par jour avec des tarifs étudiés et un Pass Cultura attractif. Outre les nombreuses signatures et les expositions Arte Mare a invité des chefs pour l’opération Les Etoiles aux soirées gastronomiques d’Arte Mare, en partenariat avec Office du Tourisme de Bastia, l’ODARC, les Communauté de Communes ( Cap Corse, E Cinque Pieve di Balagna, Nebbiu, Conca d’Oro et Sud-Corse). Une semaine de découverte des terroirs corses à travers la gastronomie et la viticulture. Les invités du Festival - journalistes, personnalités du monde du cinéma et de l’audiovisuel, écrivains et le public, pourront savourer un repas composé par un chef à partir des produits d’un terroir spécifique et déguster les vins des viticulteurs de ce même terroir. »  
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Les Chefs officiant sont Yann Le Scavarec  (La Roya St Florent), Jerry Monmessin ( Le Pirate Erbalunga), Pascal Cayeux (Grand Hôtel Cala Rossa), David Doury ( I Salti  Belgodère), Edouard Arnould (Chef pâtissier E Tre Stelle ). Chaque soir, le Président de l’Association des Sommeliers de Corse, Raphaël Pierre-Bianchetti  sera l’ambassadeur des chefs et des vignerons en présentant les terroirs et les cépages insulaires endémiques et méditerranéens. Qui a bu boira  ! Bon festival ! 

 

LV

 

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