Municipales 2020: de Bastia à Porto Vecchio l’ancrage nationaliste confirmé.

L'ancrage nationaliste gagne en intensité au fil des scrutins. "Cela fait sens pour le pays que l’on veut construire" a déclaré Gilles Siméoni Président du Conseil Exécutif de la Collectivité de Corse.

 

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Nette victoire nationaliste de Bastia à l'extrême sud de la Corse. Dans le bureau centralisateur de Bastia, cette image éloquente symbolise le bénéfice secondaire de ces Municipales. C’est à dire, la probable tonalité du futur scrutin, essentiel et territorial, de 2021. Avant la fête de la victoire dans Bastia, Gilles Simeoni Pd du Conseil Exécutif de Corse (Femu a Corsica) observe les opérations de vote, avec en guise de décor, les trois challengers vaincus d’une alliance bastiaise hétéroclite droite-gauche, qui a tenté sans succès, de ravir Bastia à l’équipe nationaliste du maire sortant re élu Pierre Savelli.
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Lors de la proclamation des résultats G. Simeoni déclare: «cela fait sens pour le pays que l’on veut construire ». Dans l’extrême-sud insulaire, de Porto-Vecchio à Figari, traditionnel bastion de la droite : la Corse bascule aussi et engrange des voix nationalistes au 2 éme tour des Municipales. Excepté Ajaccio et Calvi, les principales villes de Corse (Bastia, L’Isula, Porto Vecchio, Figari), sont désormais gérées par des équipes autonomistes. Seule incertitude Aléria , où l’élection d'Ange Fraticelli, maire sortant de droite, reste fragile et pourrait être contestée pour « procurations litigieuses ».

Que signifie ces bons scores d’élus et élues nationalistes ? Elle confortent les victoires successives des nationalistes à la Collectivité de Corse (2015 et 2017) ainsi que l’immense travail de titan des trois députés nationalistes Jean-Felix Acquaviva, Michel Castellani et Paul-André Colombani. Cette nette victoire nationaliste, sera saluée par les partis autonomistes européens de l’Ecosse à la Catalogne, et par le parti européen Régions & peuples solidaires qui promeut « le fédéralisme à base régionale selon les principes d’autonomie, de coopération et de solidarité. »

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A Bastia, porté en triomphe par une marée humaine : c’est la consécration et la confirmation pour Pierre Savelli et son équipe autonomiste (Bastia piu forte Insème). Avec 49,37 % des voix, avec son calme et sa sincérité habituelle: celui qui fût un militant nationaliste discret, et un kinésithérapeute
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très apprécié exerçant dans les Quartiers Sud, accède à un second mandat de maire de Bastia.

Alternance nationaliste nouvelle pour la mairie de Zonza maire élu Nicolas Cucchi, et à Figari Jean Giuseppi, nationaliste Corsica Libera est lui-aussi élu. Dans le même mouvement, des scènes de liesse historiques ont marqué la soirée électorale de Porto-Vecchio (3 éme ville de Corse): l’autonomiste et Conseiller Exécutif, Jean-Christophe Angelini, PNC, 45 ans, l’emporte à son 4 ème essai et arrache la mairie, après 98 années de règne du camp libéral. J.-C. Angelini: « c’est le début d’une ère nouvelle pour notre ville, un avenir serein de dialogue et de paix, du rassemblement et de l’ouverture. C’est un projet une vision de porto Vecchio, c’est cela qui a été récompensé.» 

A Lisula (Ile-Rousse): surprise totale qui confirme une débâcle inattendue de la droite. Lors d’un scrutin extrêmement serré, 

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très surveillé, c’est à quelques voix près, que l’autonomiste de gauche Mme Angele Bastiani l’emporte, après des décennies de rêgne sans partage de la droite. C’est la seule femme à diriger une grande ville de Corse ( après Anne-Marie Natali à Borgo).

Seule exception significative mais non confirmée : Aléria  avec la fragile victoire de Ange Fraticelli maire sortant. Une élection gagnée à une dizaine de voix d’écart mais qui sera peut-être contestée bientôt à cause de « procurations litigieuses ». Son adversaire Dominique Venturini, déçu mais pas battu encore, a longuement évoqué le patient travail coopératif de l’opposition dans laquelle il a oeuvré et qui a été une force de proposition efficace. « C’est un mouvement systémique, une victoire de la jeunesse très militante » a déclaré  le député J.-F. Acquaviva. Régionalisme, indépendantisme, séparatisme, autonomisme: cet ancrage nationaliste le confirme :la Corse et se construit un avenir. Un certain dégagisme et un incontestable camouflet ici aussi pour le PR Emmanuel Macron, qui avait insulté les élus de la Collectivité de Corse et commis l'outrage de supprimer le drapeau corse A Bandera lors de ses discours dans l'île en 2018. 

LV

 

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