l'Histoire de la Corse et débats sur son historiographie.

"Premières journées historiographies corses" Ste Lucie de Talla et Sartène 3-4 juillet 2021. Quelle île en Méditerranée dispose d’une histoire aussi extraordinaire que la Corse ?

Et hormis la Corse, quelle autre région française a donné naissance à autant d’ouvrages publiés sur sa propre histoire et ses illustres personnages, étudiés et décryptés par des universitaires

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corses, passionnés et engagés ? De nombreux historiens , dont Jean-Guy Talamoni, Lucie Arrighi, Philippe Peretti, A.-M. Graziani et M. Vergé-Franceschi seront à Ste-Lucie de Talla et à Sartène  les 3 et 4 juillet 21, pour des rencontres sur l’historiographie des sources historiques de la Corse. 

Notre ile-montagne se distingue par des périodes et des séquences historiques, se déroulant depuis les sites cyclopéens et les stantares anthropomorphes de la civilisation torréenne  de l’Age du Bronze jusqu’à l’Alalia étrusque, grecque et romaine. Puis se poursuivant par une longue période de razzias des Barbaresques jusqu’aux seigneuries et castelli du médiéval corse avec ses monastères et ses églises romanes. Ensuite les tours et citadelles pisanes et génoises nous conduisent vers les églises baroques décorées, enrichies de centaines d’oeuvres d’art religieux , le tout enserré dans l’histoire naissante des Révolutions de Corse, avec Pasquale Paoli et Napoléon Bonaparte en figures majeures de l’Europe des Lumières pour nous amener aux événements des 19e, 20e et 21e siècles. Dont les moments essentiels restent la Libération de la Corse en octobre 1943 et ensuite l’accession majoritaire des élus autonomistes à la Collectivité de Corse dès 2015. Evénement historique confirmé par le récent épisode électoral des Territoriales du 27 juin 2021, qui culmine avec une participation record ( 68%!), octroyant la victoire, avec majorité absolue de 32 sièges, à la liste de Gilles Siméoni (Pd Conseil Exécutif sortant) et un total de vote de 59% en faveur de trois listes indépendantistes et autonomistes. 

Pourtant « l’Histoire de la Corse reste à écrire » c’est le propos de ces « Premières journées historiographies corses » organisés par Henri Flach.

Comment évolue l’historiographie consacrée à la Corse? C’est à dire comment les historiens, en prenant de la distance scientifique sur les faits et les sources, vont eux-aussi réfléchir sur leur « façon d'écrire l'histoire ».  Comme une mise en abîme,  car l’Histoire reste une science évolutive et mouvante, qui s’appuie sur des sources, des faits, des chiffres, des lieux, des objets, des archives. Toutefois, ceux-ci, tout en restant figés inexorablement, sont analysés, re évalués et re commentés au fil du temps, via de nouvelles découvertes et hypothèses, via les technologies numériques et via les sciences attenantes à l’histoire. L’histoire, comme une perpétuelle métamorphose, se diversifie au fil du temps, accumulant des investigations et des conclusions (..toujours provisoires). 

Des archives privées jusqu’aux sources publiques, en passant par les traces, les fouilles archéologiques, les bâtiments et les oeuvres existantes : tout appartient à l’Histoire, aux peuples, aux historiens et aux mémorialistes.

Ces rencontres débutent avec une visite commentée par Robert Colonna d’Istria sur les livres dédiés à l’histoire de la Corse. Puis après la conférence de P. Guenniffey sur les batailles mémorielles de l’histoire de France, elle-même sur « la sellette comme principe d’identité collective et comme catégorie d’intelligibilité ». Ensuite les universitaires corses invités (qui ont tous publiés et pour certains des dizaines d’ouvrages et de thèses) et dont la majorités sont dotés d’agrégations en Histoire, de titres de docteurs en Histoire, de poste de chercheurs , vont déployer tout leur savoir-faire qui est immense. Ils seront tous là : Antoine Franzini , Lucie Arrighi, Antoine-Marie Graziani, Jean-Yves Coppolani, Michel Vergé-Franceschi, Philippe Perfettini, Vaninna Marchi Van Cauwelaerte, P Ferreira. 

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