Victoire à Sperone: les pietons se promèneront en bord de mer et les golfeurs reculeront.

Une victoire (d'étape) pour le « vrai » sentier littoral de Sperone (Bunifaziu - Corse-du-Sud) et contre la décision du Préfet. Une victoire de la Loi littoral et du Code de l’Urbanisme. Ainsi en a décidé la Cour administrative d’Appel de Marseille. Reste maintenant à la Préfecture de Corse-du-Sud ... de faire appliquer la Loi contre les intérêts du Golf de Sperone, établissement de luxe.

Une victoire (d'étape) pour le « vrai » sentier littoral de Sperone (Bunifaziu - Corse-du-Sud) et contre la décision du Préfet. Une victoire de la Loi littoral et du Code de l’Urbanisme. 
Ainsi en a décidé la Cour administrative d’Appel de Marseille. Reste maintenant à la Préfecture de Corse-du-Sud ... de faire appliquer la Loi contre les intérêts du Golf de Sperone, établissement de luxe.

Le sentier du littoral de Sperone retrouvera sa place légale longeant le bord de mer. La Cour administrative d’Appel de Marseille s'est prononcé contre l’arrêté, hélas en infraction, du 10 mars 09 du Préfet de Corse-du-Sud. Une procédure engagée par U Levante depuis 2005. Les services de l’Etat avaient osé transférer la « servitude de passage des piétons » pour les éloigner du parcours du golf de Sperone : « de la plage du Grand Sperone au petit Sperone : le sentier était rejeté vers l’intérieur afin de ne pas déranger les golfeurs ! » .

La Cour d’Appel est claire : « le jugement querellé et l’arrêté préfectoral en litige sont annulés pour insuffisance du dossier soumis à enquête publique et méconnaissance des dispositions de l’article L 160-6 du Code de l’urbanisme. » Le droit dit que " les propriétés privées riveraines du domaine public maritime sont grevées sur une bande de trois mètres de largeur d’une servitude destinée à assurer exclusivement le passage des piétons." Cette servitude suit le tracé bleu (photographie), la pointe la plus méridionale de la Corse étant occupée par un golf lotissement de luxe. « À Sperone, après deux enquêtes publiques assez agitées sous le prétexte de la dangerosité au bord des falaises, le Préfet de Corse du Sud transférait en 2009, le tracé de la servitude légale, vers l’intérieur au milieu d’une bande de maquis » (en rouge).
Les associations ABCDE, U Levante, Surfrider Foundation Europe demandaient que le tracé reviennent à sa place légale jusqu’à la pointe du site. Le Tribunal administratif de Bastia les déboutait en 2010. Les militants écologistes précisent : «  le green longe la petite falaise, le départ du tee 16, le plus célèbre vanté par les documents promotionnels, est à côté de l’Amer. Le cheminement pour les promeneurs aurait été dangereux… alors qu’à Étretat le sentier littoral longe une falaise de 40 mètres de hauteur, aurait -il été dangereux à Sperone de longer une falaise de 6 mètres de haut non érodée protégée par des blocs ? Sperone, une sacrée décision qui paraissait impossible ! Une porte ouverte à d’autres décisions possibles ?". 

U Levante a demandé le classement de ce site géologique exceptionnel, un récif fossile vieux de 18 millions d’années. Patrimoine qui "doit être accessible à tous. ». Le Collectif Loi littoral a gagné, ces dernières années, en justice, contre de nombreux PLUs en infraction au Code de l'Urbanisme à Piana, Calvi, Bonifacio, Porto Vecchio, Borgo etc...

Les militants se préoccupent aussi des constructions en cours qui s'élèvent sur des terrains pourtant "inconstructibles" selon le Tribunal Administratif de Bastia.

 LV

 

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