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Le Club de Mediapart jeu. 28 juil. 2016 28/7/2016 Édition du matin

Bactérie Xylella Fastidiosa: contamination mortelle, épidémie hors de contrôle en Italie

Les élus et les services de la Collectivité Territoriale de Corse constatent (Symposium de Gallipoli) que l'Italie est incapable de lancer une riposte, face à ce risque de cataclysme écologique. A bref délai, dans les prochains mois, la bactérie pathogène Xylella fastidiosa menace donc la Corse, la Région Paca et au-delà toute l’Europe, via la contagion italienne.  Avec un impact économique d’ampleur. En Italie, 60 000 hectares de paysages sont définitivement dévastés dans les Pouilles par le « disseccamento spontaneo » de la Xylella Fastidiosa.

Les élus et les services de la Collectivité Territoriale de Corse constatent (Symposium de Gallipoli) que l'Italie est incapable de lancer une riposte, face à ce risque de cataclysme écologique. A bref délai, dans les prochains mois, la bactérie pathogène Xylella fastidiosa menace donc la Corse, la Région Paca et au-delà toute l’Europe, via la contagion italienne.  Avec un impact économique d’ampleur. En Italie, 60 000 hectares de paysages sont définitivement dévastés dans les Pouilles par le « disseccamento spontaneo » de la Xylella Fastidiosa.

Quasiment la totalité des oliviers et autres végétaux y ont été infectés, nécrosés, désséchés… en une seule année ! Sans mesure opérationnelle, comme le confinement total, la quarantaine sévère, les contrôles rigoureux et l’arrachage massif : cette peste qui tue 200 espèces végétales, ce désert, pourrait s'étendre aux régions avoisinantes dans les prochains mois. Un scénario catastrophe probable selon les experts.
Contre cette dissémination mortelle et ses insectes vecteurs (cicadelles), menaçant arbres fruitiers, plantes maraîchères, lauriers, vignes et chênes : il n’existe, à ce jour, aucun traitement scientifique.
L’éradication reste impossible sur un végétal infecté par la bactérie X.fastidiosa, elle-même voyageant via les plants dits porteurs sains, via les plantes contaminées européennes, via les variétés ornementales tropicales fortement contagieuses. Elle sévit à Taiwan et aux Etats-Unis où les vignobles ont été arrachés dans 29 Etats. La Xylella détruit inexorablement en quelques mois ou quelques années… jusqu’aux racines, sans repousse, ni guérison. 
Les symptômes ? Selon la DRAAL - DGAL Aquitaine ils sont « variables selon les plantes atteintes, peuvent être confondus avec le stress hydriques, la sénescence, la carence nutritionnelles ». Ce sont des «  chloroses et brûlures foliaires, le desséchement des rameaux suivi de la mort des oliviers, amandiers, chênes, ormes, platanes sycomores… »
Ce cataclysme écologique en marche, laisse quasiment sans réaction le Ministère de l’Agriculture français qui n’a lancé aucune alerte auprès du grand public. En Corse, les services de l’Etat, alertés depuis octobre, réagissent mais faiblement en regard de la menace. Dernier espoir :
José Bové, député EELV, adresse une interpellation écrite à la Commission Européenne tout début janvier.
Les pouvoirs italiens sont inertes, et le service de presse de la Préfecture de la Région Paca n’a jamais entendu parler de la Xylella Fastidiosa (!). Les élus de Corse restent mobilisés et positionnées en avant-garde de la prise de conscience. Lors du Symposium scientifique de Gallipoli (22-23 oct. 2014) sur cette bactérie tueuse Xylella Fastidiosa (nov. 2014) les délégués insulaires (élus de l’Assemblée de Corse, Culletivu Xylella, CTC, ODARC, oleïculteurs, médias corses ) constatent avec effroi, que les autorités italiennes n’isolent pas correctement les zones infectées, contrairement aux préconisations européennes.
Que la dévastation gagne, que même la vente publique et légale de plants d’oliviers continue… sans aucun contrôle. Qui fait quoi ? Qui évalue réellement les impacts de cette bactérie, absolument imparable, selon les scientifiques ?
Agnès Simonpietri Conseillère Territoriale : « En Corse, le Ministère de l’Agriculture ne répond pas aux courriers successifs du Président de l’Odarc. Manifestement la question de la bactérie mortelle Xylella Fastidiosa n’intéresse pas les services de l’Etat. Nous ne sommes pas sur la même me longueur d’onde qu’eux, ils font une erreur majeure, car nous ne sommes pas les seuls concernés, au-delà des Alpes-Martimes  il y a la région Paca avec ses oliviers, ses amandiers, ses fruitiers, ses vignobles ! En Corse, ce qui est un handicap insulaire deviendrait paradoxalement une chance. Nous demandons des mesures spécifiques plus sérieuses que les lettres, les minuscules affichettes sur les bateaux, les  contrôles aléatoires dans les ports de l’île, soit 1 ou 2 par semaine. La véritable grande campagne de sensibilisation des publics n’a pas commencé. » 
L’heure tourne ! Ultra conscients du danger qui se rapproche, les élus de Corse Femu a Corsica ont déposé une 2è question orale (20 déc.) après une motion votée (Ass. de Corse oct.). Si les italiens semblent démunis face à cette bactérie qui ravage des centaines d’hectares de culture : la France, cinquième puissance mondiale, fait un peu mieux pour la Corse-du-Sud et la Haute-Corse. Départements français insulaires, qui bénéficient d’une petite et temporaire protection naturelle. Comme un répit mais jusqu’à quand ?
L’insularité serait un atout face à un tel désastre, mais la notion d’insularité, semble difficile à intégrer, depuis Paris, pour les services de l’Etat, y compris dans le domaine phytosanitaire dans le contexte des échanges commerciaux globaux tous azimuts. Une évidence que le Conseil Constitutionnel devrait admettre : les îles et la Corse ne sont pas
« des régions comme les autres », et certaines demandent à exercer, à adapter les compétences sanitaires. 
Alerte rouge. Femu a Corsica , l’ODARC, l’Office de l’Environnement interpellent Paris et l’irlandais Phil Hogan, Commissaire Européen Agriculture et Développement rural. Saveriu Lucciani Conseiller Territorial Assemblée de Corse : « il y a urgence pour l’île à obtenir une dérogation restrictive sur l’importation de végétaux accompagnée de la mise ne quarantaine et contrôles renforcés.
Il faut lancer un diagnostic phytosanitaire territorial, afin de savoir si la bactérie est déjà présente sur l’île, en lien avec l’ODARC et l’Office de l’Environnement, l’Agriculture, les professionnels, l’INRA, l’Università di Corsica en lien avec l’ANSES (*) et l’EFPA (*). »
 
En Corse une cellule de crise phytosanitaire sera-t-elle bientôt installée ? Les médias nationaux, y compris les télévisions publiques dont les JTs nationaux de France 2 et France 3, ont-ils fait des reportages sur place ? La réponse est non. Jean-Louis Lucciani, Conseiller Exécutif Président de l’Office du Développement Agricole Rural de Corse, est sur le pied de guerre contre la Xylella Fastidiosa. Il a constaté les paysages dévastés, l’intervention italienne totalement inopérante,
la situation alarmante des Pouilles :
« de l’aveu des spécialistes, tout le bassin méditerranéen est menacé par la bactérie. Les barrières sanitaires actuelles que les autorités italiennes se révèleront, sans utilité tant les zones infectées sont déjà nombreuses. Vous me demandez d’interpeler Paris et le  
Nouveau Commissaire Européen. Nous n'avons eu aucune réponse. Seul le gel des importations de végétaux, la concentration des flux sur un ou deux ports, la quarantaine et les contrôles systématiques, pourraient nous prémunir de l’introduction dans l’île de la bactérie. »
 
Pierre Ghionga Conseiller Exécutif Pd de l’Office de l’Environnement pose la question des compétences, du rôle et des moyens de l’Etat qui délègue à la FREDON la surveillance du territoire : « moyens très insuffisants pour des contrôles exhaustifs, beaucoup de végétaux sont en milieu naturel et non cultivé. Il serait intéressant que les services de l’ETAT distribuent une brochure permettant de détecter les premiers symptômes de la bactérie et mettent en place un numéro vert. » En Corse, suite aux signalement de ventes illégales de plantes (travail au noir ou autorisations provisoires ) la Conseillère Territoriale Agnés Simonpietri constate : « nous téléphonons aux gendarmeries pour les contrôles sanitaires mais les services de l’Etat n’interviennent pas. Personne n’est disposé à réagir ».  Depuis janvier 2014 : la Préfecture de Région Corse a réalisé 280 analyses, 12 contrôles portuaires (21 bateaux) avec la FREDON, les Douanes, les transporteurs. Et 14 établissements professionnels locaux (oliviers, lierre, laurier, pittospurum, chêne, agrumes) sont surveillées. Les résultats?  « A ce jour, aucune anomalie n’a été constatée lors des contrôles portuaires et les analyses réalisées sur des prélèvements effectués au sein des établissements visités se sont révélées négatives. » Selon les experts, il est certain que  la bactérie pathogène atteindra la Corse. Le professeur Joseph Bové (INRA et Université Bordeaux 2 ) : « la Corse ne pourra échapper à la Xylella fastidiosa… » ( A lire dans Corse Net Infos, article de Charles Monti, les conclusions de la conférence de San Giuliano, sur la biologie de Xylella fastidiosa - http://www.corsenetinfos.fr/Selon-Joseph-Bove-la-Corse-ne-pourra-echapper-a-la-Xylella-fastidiosa_a12981.html). 
Faut-il un « blocus » pour protéger l’île de la Xylella Fastidiosa ? Daniel Sainte-Beuve responsable Filières végétales à l’ODARC, était présent au Symposium de Gallipoli. Son constat est accablant. Il estime que« la situation dans les Pouilles n’est plus sous contrôle. Les autres régions italiennes sont menacées, ajoute-t-il, et, très probablement, l'ensemble du bassin méditerranéen. Il faut mettre en alerte les professionels pépinièristes, horticulteurs, fleuristes, commerçants et informer toutes les popupations, touristes comme habitants, pour espérer prévenir ce cataclysme écologique. Et se rappeler que aucun foyer de Xylella n’a dans le monde n’a jamais été résorbé ! Quand elle y est, on ne s’en debarrasse plus !
Les Pouilles serait soi-disant une zone isolée depuis 2013 et 2014, mais on n’a pas vu d’oliviers arrachés, 60 000 hectares avérés sont touchés par la nouvelle souche Xylela Fastifio Codiro».
Le Passeport Vert européen reste une passoire facile à contourner, car basé sur des contrôles aléatoire, menés par les pays exportateurs, et réalisés sur à peine 5% des plants. Cela ne fonctionne absolument pas, il existe une période latence dans les contaminations ainsi que des porteurs sains. Mais « les affaires sont les affaires » ajoute Daniel Sainte-Beuve car ce Passeport Vert européen entre en contradiction avec le dogme européen de la libre concurrence et de la libre circulation des biens et des personnes.

 

 LV

 

 




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