VIOLENCE DES GAULOIS REFRACTAIRES OU VIOLENCE DU NOUVEAU MONDE DE MACRON?

Comment les médias relaient-ils la question des violences? Caisse de résonance du pouvoir aux abois ou lanceurs d'alerte sur le niveau de violence subie par les 99% de la population ?

Depuis deux semaines et surtout hier, sur tous les médias nationaux,  tournent en boucle les images impressionnantes d'un Paris dévasté , en proie à la violence sans freins de manifestants sur-déterminés volontiers appelés "casseurs"

En effet ces images abondamment diffusées, relayées, cherchent à atteindre un unique  objectif:

marquer les esprits, choquer, nourrir les peurs, délégitimer la colère des gilets jaunes, dissuader tous ceux qui songent à les rejoindre.

Si les journalistes faisaient l'effort d'un travail objectif et consciencieux, alors devraient-ils juxtaposer à ces images hautes en couleurs, celles beaucoup plus ternes , noires, sinistres de tous ceux que la violence d'état a détruit et continue à détruire jour après jour depuis bien trop longtemps;

Montrez-nous les visages des dizaines de milliers de gens jetés dans la gueule du chômage, de la pauvreté.

Faites-nous regarder avec autant de crudité leurs regards vides, leurs peaux tavelées , leurs corps fatigués .

Montrez-nous avec vos télé-objectifs, leurs intérieurs dénudés, leurs frigos vides, leurs regards dévorés d'angoisse quand sonne l'huissier à la porte ou l'officier de police le jour de leur expulsion.

Allez filmer les dizaines de milliers de personnes dormant désormais dans leur voiture et qui ne peuvent plus se payer un loyer même s'ils travaillent à huit euros et des poussière de l'heure .

Allez faire un petit radio-crochet dans les supermarchés discount ; là où toute cette précarité, cette pauvreté , cette désespérance se donne à voir dans les caddies tristement garnis de boites de conserve ou de paquets de pâtes  au mieux , de packs de coca-cola au pire.

Allez regarder l'expression de l'absence de perspectives qui se traduit  dans ces chariots de la misère.

Marchez dans les rues de nos villages déserts ou de nos quartiers , croisez les visages de tous ceux et de toutes celles qui portent leurs corps épuisés comme un fardeau, sans autre futur que celui de la survie, au jour le jour, entre combines petites débrouilles et grands renoncements de chaque instant.

Alors de quelle violence voulons-nous parler??

Celle exercée contre quelques pots de fleur, de quelques feux de joie alimentés par les sapins de Noël de la consommation des beaux quartiers, des voitures incendiées, et des quelques boutiques dévastées ??

Ou bien la violence d'état exercée par quelques irresponsables privilégiés  complices de la finance, qui brise des milliers de vies, les pousse au désespoir et nourrit les colères ?

Combien de suicidés après Good Year, GM et S, et toutes les boîtes qui ont fermé depuis des décennies?  Combien de familles détruites, de divorces, de trajectoires empêchées , combien de destins démolis  ??

Combien de cancers, de dépressions, de maladies mal ou non soignées ?? Combien de rêves explosés ?

La voilà la vraie , la seule violence qui mérite qu'on la combatte avec vigueur ,acharnement et même violence.

Macron et ses affidés , comme ceux qui les ont précédés, en sont les coupables, les responsables, les concepteurs.

Donnez-nous le chiffres du coût social de toutes ces vies abimées et vous verrez que les dégâts perpétrés hier à Paris représentent l'écume du mal qui ronge ce pays.

 

 

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