Et la main invisible se mit des baffes

Il se trouve que nous pouvons voir aujourd'hui le démenti à la croyance (néo-, ultra-) "libérale" en la Main Invisible du Marché, qui était censée forcément tout arranger, magiquement. A n'en pas douter, nous en aurions eu encore pour longtemps si l'accident de la crise nouvelle n'était advenu ; longtemps... jusqu'à ce qu'il advienne...

Il se trouve que nous pouvons voir aujourd'hui le démenti à la croyance (néo-, ultra-) "libérale" en la Main Invisible du Marché, qui était censée forcément tout arranger, magiquement. A n'en pas douter, nous en aurions eu encore pour longtemps si l'accident de la crise nouvelle n'était advenu ; longtemps... jusqu'à ce qu'il advienne...

 

N'était-elle pourtant pas aveuglante cette expression de "main invisible" ? Cette foi ?

Et encore, pas une foi tolérante et ouverte (comme ça peut arriver), mais un dogme sûr de son fait, ricanant à la moindre contradiction, aveugle à tout argument de bon sens, fort de sa position aux sommets des Etats et des universités partout dans le monde...

 

Les hurluberlus prédisant la fin du monde en l'an 2000 ont eu leur accident aussi : le 2 Janvier 2000 est arrivé... Quelle surprise mes amis !

Les idéologues de la main invisible regardent maintenant leur idole avec méfiance... La main du marché est peut-être invisible, mais on la sent bien quand elle retourne des baffes ! C'est dingue les gars, qui l'eut crû ?

 

En fait, tout le monde savait qu'elle en mettait des gaffes, la main invisible, mais jusque là ça faisait partie du fonctionnement normal : c'était de la "régulation", de l'"ajustement structurel", juste des choses désagréables mais nécessaires localement pour que globalement on avance vers le meilleur des mondes ! Mais là, elle s'est carrément tirée une balle dans le pied, la main, c'est incroyable !

 

Mais ces idéologues ne sont-ils pas parmi les esprits les plus brillants, les chercheurs les plus reconnus, les dirigeants les mieux payés, bref, l'élite de notre monde ? Alors faut-il céder au désespoir ?

Ah mais, peut-être ne sont-ils que des usurpateurs ayant réussis, ou des opportunistes surfant sur l'idéologie et faisant semblant d'y croire ? Cela laisse dubitatif quant à la santé de notre démocratie occidentale...

Mais peut-être n'était-ce qu'une mauvaise conjoncture, cette Histoire récente qui fit que les forces contradictoires n'ont pas sû se faire entendre ? Sans doute aussi un peu plus de courage de chacun dans la remise en cause de cette absurdité idéologique aurait pû prévenir le pire (qui est encore peut-être à venir) ?

 

Malheureusement, si certains penseurs (néo-, ultra-) "libéraux" révisent aujourd'hui leurs idées, l'idéologie, elle, a irrigué de son venin notre culture durant des décennies : ce n'est pas demain que disparaitront les clichés contre des fonctionnaires profiteurs ou les chômeurs fainéants... Ce n'est pas demain non plus que chacun pourra s'exprimer ouvertement (même sans être révolutionnaire), par exemple dans la multinationale qui l'emploie, sans craindre d'absurdes représailles.

Accessoirement, ce n'est donc pas demain non plus que tout le monde pourra se passer de pseudo pour écrire ici ou ailleurs ce qu'il a sur le coeur et à l'esprit. Au fait, ne serait-ce pas plutôt pour le boulot que beaucoup d'entre nous devraient se trouver un pseudo, le vrai moi étant finalement porté par l'avatar par lequel nous nous exprimons ?

 

Limoubaille,

(démocrate pragmatique)

 

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Ceci est une réaction à l'article de Thomas Cantaloube "La banqueroute idéologique des héritiers de Reagan et Thatcher".

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