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Billet de blog 3 mai 2009

DEMANDEZ L’ELYSEE ET LA PRINCESSE DE CLEVES…

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Tout le monde se souvient de la réplique d’anthologie adressée par le Président de la République à un visiteur lambda du salon de l’agriculture qui refusait de lui serrer la main tendue le 25 février 2008 : « casse-toi, pauv’con ! ».

(http://www.youtube.com/watch?v=i-7i-082HBo&hl=fr)

On avait alors à l’esprit une autre réplique mémorable, celle attribuée à la reine Marie-Antoinette face aux récriminations du bas peuple : « s’ils n’ont pas de pain, qu’ils mangent de la brioche ! », bien que la réalité historique soit ici plus contestable, http://fr.wikipedia.org/wiki/Marie-Antoinette_d'Autriche.

Sûr qu’avec des personnalités de cette trempe, nous sommes bien gouvernés, que ce soit par les hasards de la sacralisation du mariage ou par ceux du sacro-saint calendrier électoral. Or, il n’aura échappé à personne que cette réplique, désormais célèbre et passée à la postérité, a été reprise en de nombreuses occasions pour être renvoyée à l’expéditeur au titre de l’arroseur arrosé, ce qu’il n’apprécie guère au demeurant vu les conséquences co-latérales qu’il entraîne au titre de crimes de lèse-majesté pointés du doigt par la justice de Mme Rachida Dati avec son épée de Damoclès levée au-dessus de nos têtes :

http://www.rue89.com/2009/03/24/casse-toi-povcon-en-appel-toujours-30-euros-avec-sursis

Dernière en date parmi les utilisations citoyennes de la réplique, celle des slogans des défilés du 1er mai où on l’a vu fleurir comme le muguet entre banderoles et boutonnières sans que n’y trouvent à redire les multiples sosies du président présents ce jour-là dans les rang des manifestants et sur les podiums du parcours, portant queues de pie, masques obligatoires (les cagoules étant interdites) et tridents de tous les diables avec petites cornes sur le dessus du front.

Corollaire de cette médiocratisation des français, la mise à l’index de leur intelligence. On savait déjà tout le bien que le Président de la République ne porte pas à ses chercheurs et à ses enseignants-chercheurs dont il se pique d’être l’autorité de tutelle parce qu’il les nomme par décret (ce qui n’est vrai que pour les professeurs des universités),

http://hebdo.nouvelobs.com/hebdo/parution/p2313/articles/a395916.html, mais le coup de semonce est antérieur, ayant été donné devant des jeunes auxquels il s’adressait en tant que dépositaire de l’identité nationale, ordonnant le bannissement de leur culture générale de quelques fleurons de la littérature dont le seul tort est sans doute de faire réfléchir, ce qui serait inacceptable à ses yeux pour de futurs serviteurs de l’Etat : ainsi, de la Princesse de Clèves, raillée semble-t-il par vengeance personnelle car son ignorance du sujet l’aurait desservi dans sa carrière professionnelle :

http://www.dailymotion.com/video/x68qpd_nicolas-sarkozy-karcherise-la-princ_fun. Or, c’est à tort qu’il proclame sa non-lecture officielle, La Princesse de Clèves ouvrant l’esprit des hommes et des femmes de pouvoir plutôt qu’il ne le ferme : écrit en 1678 sous Louis XIV et sous un nom d’emprunt masculinisé car l’auteure ne pouvait pas alors être une femme sous peine de porter atteinte à l’ordre social, ce premier roman français d’analyse psychologique met en scène les intrigues de cour et les amours hors mariage d’un autre temps, celui du roi Henri II, délibérément choisi pour ne pas être suspectée de porter atteinte à l’honneur de sa majesté régnante, Marie-Madeleine Pioche de la Vergne dite Madame de Lafayette, l’auteure véritable de l’œuvre, se trouvant être ancienne demoiselle d’honneur de la reine et intime d’Henriette d’Angleterre, épouse de Monsieur, frère du Roi, et donc susceptible de détenir des secrets d’Etat qu’il serait fort mal venu de divulguer.

En conséquence, il me semble que le (ou la) successeur(e) de Nicolas Sarkozy devra s’atteler en priorité, entre autres, à rétablir les français dans leur dignité et dans le débat d’idées. C’est seulement à ce prix qu’on peut espérer refonder la démocratie : gouvernement du peuple, pour le peuple et par le peuple dont on tient compte de la voix exprimée par ses représentants.

Lincunable, 3 mai 2009

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