On se souvient avec quel entrain, notre hyper-président national avait tenu à célébrer le 8 mai 1945 à Sainte-Maxime, un des théâtres d’opération du débarquement de Provence du 15 août 1944, car, avait-il dit, « si le débarquement de Normandie a été l’œuvre des alliés, c’est avec le débarquement de Provence que la France a vraiment commencé à se libérer par elle-même » (1).
Hors, à quarante-huit heures des cérémonies normandes, force est de constater que s’il avait déjà pris le 8 mai pour un 15 août en forçant le calendrier à se plier à son agenda, cette fois-ci c’est le Jour-J qu’il efface d'un trait en affirmant qu’il s’agissait d’une simple rencontre franco-américaine, ce qui explique sans doute que la Reine d’Angleterre, pourtant seule chef d’Etat à avoir été témoin direct de l’histoire, n’ait pas été conviée pour la circonstance (2).
Le Palais de Buckingham s’est dit choqué et le Daily Mail s’en est pris vivement au « French snubbing » (= l'affront des français) (3), ce qui a créé un certain froid sur ce qui devait être au départ un Sarko-Show prévu pour battre tous les records d’audience du concert d’adieu de Johnny Hallyday au Grand Stade.
Finalement, ce sera le Prince Charles qui représentera la famille royale, sur intervention spéciale de Barak OBAMA, désolé pour cette incompréhension momentanée entre alliés (4). On ne sait pas encore qui représentera le Canada puisque Nicolas Sarkozy s’est déjà prononcé contre le sectarisme des souverainistes en février dernier (québecois ou pas québecois ?).
Lincunable, 3 juin 2009.