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Billet de blog 16 septembre 2009

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Apocalypse, la deuxième guerre mondiale (épisodes 3/6 et 4/6)

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Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

J'ai vu sur sur France 2 la séance du deuxième mardi consacré au film-montage d'Isabelle Clarke et Daniel Costelle, connus pour leurs réalisations documentaires antérieures (cf. « La traque des nazis », « 8 mai 1945, la capitulation », etc...) L'impression du 1er mardi est confirmée et amplifiée : Le déroulement historique des évènements est respecté, leur présentation est honnête (je n'ai pas relevé d'erreurs manifestes de jugement ou d'interprétation) et le travail de recherche documentaire est certain. Il n'en demeure pas moins que ce film-montage fait la part trop belle à l'esthétisme de la narration par rapport au souci du respect de l'histoire en se voulant « inédit », ce qu'il n'est pas vraiment, beaucoup d'images d'archives étant déjà connues, tant sur l'invasion de l'URSS que sur l'agression japonaise ou les opérations en Afrique du Nord, et en se voulant « réaliste » par la colorisation et le bruitage numérique qui mettent le téléspectateur au centre de l'évènement, sans pour autant ajouter quoi que ce soit à l'authenticité des sources, d'autant que le maintien en noir et blanc de tout ce qui touche à la solution finale contredit la volonté initiale d'actualiser l'image d'archive comme s'il y avait des sources transformables au plan esthétique et d'autres qui ne le seraient pas en fonction des sujets abordés. Cet écueil conduit d'ailleurs la voix off de Matthieu Kassowitz à s'approprier des expressions aussi contestées que contestabes comme « la Shoah par balles », alors que le plan nazi d'extermination des juifs a été réalisé, y compris dans les camps, sous toutes ses formes et pas seulement par utilisation de chambres à gaz : exécutions par balles, par pendaisons, par assassinats à la hâche, par suite de tortures, par privation de nourriture, etc...si bien qu'il n'y a pas lieu de distinguer dans la Shoah celle réalisée par balles et les autres. Enfin, le titre choisi pour caractériser le film, avec ses différentes têtes de chapitre, renvoie davantage à une épopée qu'à une histoire avec des précédents célèbres : « Apocalypse now » de Francis Ford Coppola pour une fiction sur la guerre du Viêt Nam, « Apocalypto » de Mel Gibson pour une fiction sur l'effondrement de la civilisation Maya. Il semble donc que nous soyons toujours dans la construction du « roman national » dont parle Nicolas Offenstadt : http://www.mediapart.frhttp://blogs.mediapart.fr/edition/article/140909/alain-corbin-au-secours-du-roman-national Lincunable, 16.9.2009

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