En cette sixième journée de grève, la pénurie d’essence bat son plein en France avec plus de 1000 stations en rupture de carburant, soit 25% du parc disponible (1), mais notre futur ex-ministricule ridicule des transports, plongé dans les malles jusqu’au coup puisqu’il attend le prochain remaniement gouvernemental pour prendre sa retraite à taux plein, s’est livré hier sur LCI à un savant exercice d’intoxication au gaz-oil en se posant en professeur de français.
Interrogé sur les suites attendues de la pénurie, il a coupé le journaliste avec beaucoup d’agacement : « non, il n’y a pas de pénurie d’essence. Il y a des difficultés, certes, dues au comportement infondé de certains automobilistes, mais une pénurie, dans la langue française, cela signifierait qu’il n’y a plus d’essence, ce qui n’est pas le cas ».
Interloqué, je me suis reporté au dictionnaire pour m’assurer que ma connaissance de la langue française n’était pas totalement saugrenue et j’ai lu : « pénurie = manque de ce qui est nécessaire, rareté de produits », en aucun cas « absence de ». D’ailleurs, l’étymologie est encore plus précise puisque le mot vient du latin *paene-uria », ce qui signifie « presque consumé », comme on a « presqu’île » ou « pénultième » (presque la dernière, donc l’avant-dernière).
En faisant étalage de son inculture, Dominique Bussereau n’apparaît pas seulement comme un fat donneur de vraies fausses leçons drapé dans les oripeaux du parfait pédagogue de la réforme incontournable des retraites à la française, mais aussi comme un parfait exemple de l’arrogance crasse de ces hommes et femmes qui nous gouvernent en se plaignant du mauvais état de connaissance de notre langue à la fois dans nos écoles et dans les candidatures à la naturalisation.
Lincunable, 3 octobre 2010
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http://www.tdg.ch/geneve/actu/penurie-essence-france-stations-services-genevoises-attentives-2010-10-18