Je dois à l’aimable intervention de Brocéliande sur mon billet précédent (voir infra) cette note complémentaire à ma présentation du rapport du Haut conseil à l’intégration d’avril 2009 « Faire connaître les valeurs de la République », disponible à La Documentation française.
En effet, sur les 96 pages dudit rapport, dont il m’était reproché de ne faire aucune mention, 4 pages seulement lui sont consacrées, de la page 32 à la page 36, encore qu’il ne s’agisse nullement d’une proposition nouvelle mais d’une proposition d’amélioration de l’existant :
Le contrat d’accueil et d’intégration concerne tout étranger admis pour la première fois à séjourner dans notre pays en vue de son installation durable. Créé par le comité interministériel à l’intégration le 10 avril 2003, puis intégré à la loi du 18 janvier 2005 sur la programmation pour la cohésion sociale, il est devenu obligatoire depuis le 1er janvier 2007 en devenant l’article L 311-9 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile à l’occasion de la loi CEDESA portant restriction de cette entrée.
Le rapport du H.C.I. tire un bilan de son application : il s’agit d’une journée de formation civique obligatoire dispensée par des formateurs recrutés à bac + 3 et se déroulant en 2 fois trois heures avec déjeuner offert ( !) où les points suivants sont abordés : point de bienvenue, histoire de France, symboles de la République, principes de la République, institutions de la République, droits de l’homme, accès à la nationalité française, présentation de l’Europe (ah, quand même !).
Propositions du H.C.I. : améliorer la propreté des locaux, regrouper les présentations en 3 modules au lieu de 6, mieux sérier les groupes de niveaux, introduire des films documentaires.
Voilà qui ne manque pas d’interpeller :
- traiter en une journée un tel programme est-il sérieux ?
- rendre obligatoire cette formation est-il raisonnable ? (quid des niveaux bac + 5 ou bac + 8 des candidats potentiels séjournant pour la première fois en France ? Prend-on tous les immigrés pour des demeurés ?)
- est-on dans la recherche d’intégration ou dans la volonté d’assimilation asymétrique soumise à de la pure propagande idéologique dans le droit fil de la troisième République (cf. Nos ancêtres les Gaulois) ?
- est-il sain de vouloir évacuer de la formation toute histoire comparative avec le pays d’origine en partant du principe que l’effort à fournir est à sens unique ?
- n’a-t-on rien à dire sur la vie pratique en France : se loger quand on est immigré candidat à la naturalisation, trouver un emploi, se faire soigner, aller à l’école, payer ses impôts, etc…
Lincunable, 20 juin 2009
PS : Prenant quelque jours de congés, je ne serai pas là pour commenter la prestation de Nicolas Sarkozy qui va s'adresser pour la première fois lundi directement aux parlementaires, c'est-à-dire indirectement aux français, contrairement à l'usage. Il devrait à cette occasion évoquer "l'intégration". A travers sa soudaine stigmatisation du voile intégral, sur lequel il reviendra, c'est l'Iran intégriste qui est visé. Je ne vais pas m'en plaindre. Je me demande seulement s'il s'agit d'un problème capital en France, et si, à travers burqa et niqab, ce n'est pas le voile islamique qui est tout simplement concerné.