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Billet de blog 23 janvier 2010

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Avatar, une autre rencontre avec l’autre

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Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

On aura tout dit ou presque du dernier film de James Cameron, producteur-réalisateur canadien, à qui l’on doit des films à grand spectacle comme Terminator, Aliens, Abyss ou Titanic : budget démesuré (500 millions de dollars), succès énorme dès sa sortie en salle remboursant rapidement les dépenses engagées (1 300 millions de dollars au 10 janvier) (1), libertés prises avec les lois de l’évolution dans un débat à mi-chemin entre le hasard et la nécessité (2 et 3).

Pourtant, il est un aspect peu développé jusqu’à présent qui me parait tout aussi intéressant et que Thomas Heams n’a fait qu’effleurer dans sa critique en parlant de « reflet de notre imaginaire ».

Car un « avatar », c'est d'abord une métamorphose dans la religion hindoue, laquelle fait de la réincarnation un principe incontournable. Or, c’est aussi le nom d’un programme informatique à des fins militaires, d’où le titre du film, qui vise pour des humains à s’introduire dans une société indigène de gentils géants bleus aux oreilles pointues et à la natte communicante en prenant virtuellement l’apparence d’un des leurs, pour mieux les contrôler et les amener subrepticement à accepter la colonisation. Nous sommes en effet dans une station scientifique hautement stratégique implantée sur une lointaine exoplanète où l’on a découvert un nouveau minerai dont le nom sonne comme l’uranium, l’unobtanium, qui permettrait de résoudre chez nous une grave crise énergétique. Seul hic : le minerai détecté est implanté au coeur d’une épaisse forêt tropicale à la végétation luxuriante et à la faune plus fantastique que Mésozoïque, à mi-chemin de Jurassic Park et de l’île du Docteur Moreau, où a élu domicile une de ces peuplades indigènes aux mœurs arboricoles bercées par l’âme des ancêtres qui plane alentour sous forme d’adorables petites méduses aériennes. Seule solution : tenter de les déloger pacifiquement avant d’employer la manière forte.

Le héros du film qui accepte de se prêter à cette expérience virtuelle et diplomatique d'infiltration est un marine paraplégique qui voyage ainsi en quelque sorte par la pensée dans un univers vertigineux où il va se prendre d’affection pour ceux dont il est chargé d’abuser de la confiance. Il apprend ainsi à vivre comme eux et les aide à se retourner contre leurs envahisseurs dont la technologie de pointe se heurte à une connaissance supérieure des forces de la nature.

Nous n'en avons pas fini avec nos cauchemards : une autre rencontre de l'autre en oubliant l'or précieux des indiens d'Amérique, la main d'oeuvre gratuite de l'Afrique, le pétrole et le gaz des habitants du désert.

A voir bien sûr dans les salles qui proposent la version en 3 D, voire Imax.

Lincunable, 23 janvier 2010

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(1) http://boxofficemojo.com/movies/?id=avatar.htm

(2) http://www.lemonde.fr/cgi-bin/ACHATS/acheter.cgi?offre=ARCHIVES&type_item=ART_ARCH_30J&objet_id=1111804

(3) http://www.lemonde.fr/opinions/article/2010/01/21/le-non-darwinisme-visionnaire-de-james-cameron-par-jean-staune_1295072_3232.html

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