La foire du Troll et l’Autruchon gris

Je n’aime pas trop cette expression de « troll » pour désigner les parasites récurrents du club. Parasite me semblerait plus approprié : « perturbateur de réception d’un signal empêchant d’entendre le message émis », ou encore « être vivant qui vit au dépends d’un autre sans rien lui apporter ni produire en échange ».

Les parasites ne sont pas drôles. Ils sont destructeurs, lentement mais sûrement, surtout si on les laisse faire. Les trolls, eux, sont des lutins nordiques plutôt sympathiques et farceurs, naïfs plutôt que méchants, habitants gnomiques des forêts dont ils maîtrisent les forces naturelles et nous en font part.

Le parasite, donc, vit par les billets des autres qu’il conspue. lui-même n’en produit pas ou peu. Son objectif n’est pas d’échanger ou de partager mais de dénigrer, diffamer, insulter, casser, rabaisser, étouffer. Or, à force de dénigrer, diffamer, insulter, casser, rabaisser, étouffer, il en reste toujours quelque chose. Certaines bonnes âmes aux postures de lotus qui pensent se prémunir des agressions extérieures en se fermant les yeux et se bouchant les oreilles prétendent alors que l’agressé provoque l’agression, qu’il récolte ce qu’il a semé. La victime est toujours accusée par son bourreau de l’avoir provoqué.

Ne pas répondre ! Voilà le maître-mot. Or, ne pas répondre, c’est laisser le parasite accomplir son œuvre en toute mauvaise foi, et ce malgré la loi qui prétend l’interdire tout en s’interdisant de se faire respecter au besoin par la contrainte organisée de la sanction (cf. la charte).

C’est une faute. La non-réponse n’a jamais empêché la progression du parasitisme, elle a toujours fait fuir en revanche ceux qui la refusent.

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