Pour se déstresser de la vie parisienne trépidante, rien ne vaut une bonne escapade européenne : Cologne est à cet égard une étape idéale, située à 3h50 en train de notre capitale qu’il dessert sept fois par jour.
Peuplée pourtant d’un million d’habitants, la ville, vieille et nouvelle, est étonnamment peu bruyante et l’on y vaque tranquillement à ses occupations avec décontraction alors qu’on se presse ici pour un oui ou pour un non. Ceci ne signifie pas qu’on s’y ennuie comme dans la province d’Emma Bovary mais qu’on prend le temps de tout, l’animation étant assurée au long de l’année par différentes manifestations, que ce soit à l’occasion des « Messe » (1), des « Lichter » (2), du « Fastelovend » (3) ou du « Philharmonie Festival » (4).
En flânant le long des quais verdoyants du Rhin (5), on se croirait même dans une station estivale de la Méditerranée, pas seulement à cause de la largeur du fleuve, navigable pratiquement sur toute sa longueur en portant péniches et paquebots de croisières, mais à cause des nombreuses terrasses de restaurants et de brasseries, dorées au soleil face au ballet incessant des embarcations de toutes sortes. D’ailleurs, les colonais aiment à se définir comme des latins égarés en pays germanique, arborant fièrement leur « quartier latin » qui se déploie autour du campus universitaire.
Le fait est que Cologne doit son nom à un ancien oppidum fortifié par Auguste et élevé au rang de « colonie romaine » par l’empereur Claude dont la femme y était originaire : « Colonia Claudia Ara Agrippinensis » (= CCAA). Les vestiges prestigieux de cette « latinité » sont visibles un peu partout dans la ville : restes du mur d’enceinte, ancienne voie pavée, trésors archéologiques du musée germano-romain, comme cette mosaïque de Dionysos parfaitement conservée, datant du IIIème siècle après J.C., ancien pavement d’une salle de banquets découverte en 1941 en contre-bas de la cathédrale à l’occasion du percement d’un abri anti-aérien.
Cologne fut aussi érigée en archevêché par Charlemagne pour consolider Aix-la-Chapelle dont elle est distante de 65 km. Elle compte aujourd’hui, outre son imposante cathédrale classée au patrimoine mondial de l’UNESCO, 12 églises romanes, 5 églises baroques et 148 autres églises catholiques, ainsi que 82 temples protestants, une synagogue et une mosquée, ce qui est un tour de force pour une ville détruite à 72 % pendant la dernière guerre mondiale (90% dans le centre-ville), la communauté juive quant à elle, forte de ses 23 000 membres en 1930, étant tombée à 40 en 1946 avant de remonter à 5 000 membres aujourd’hui en particulier du fait de l’immigration soviétique d’après-guerre. A noter qu’une des premières mesures prises par le régime nazi en 1933 fut la destitution du maire de la ville, Konrad ADENAUER, en fonction depuis 1917, qui deviendra le premier chancelier de la République fédérale de 1949 à 1963.
On ne saurait toutefois terminer ce périple sans dire un mot de la cuisine et des riches possibilités environnantes :
La « Kölsch », tout d’abord, est une bière légère et rafraîchissante à haute fermentation qu’on tire du fût pour servir dans des flûtes de 20 cl, la raison l’emportant sur la passion. Elle accompagne parfaitement les entrées, plats et desserts. Pour les entrées, le chef vous recommande le « Heringstipp Hausfrauenart », hareng mariné à l’ancienne avec pommes vapeur, concombres et tomates, ou le « Halve Hahn », fromage mi-étuvé à pâte pressée avec pain de seigle et beurre, ou encore le « Hausgemachter Bier-Krauter-Käse », fromage à la bière fait maison. Pour les plats, on ne saurait trop conseiller les petites portions comme le « Haxen Teller », assiette de jarret de porc grillé aux choux rouge et choucroute (de préférence au « Reisen schweine Haxen », jarret de porc géant de 1400gr.), ou le « Decke Bunne met Speck und Salz Kartoffen », fèves au lard fumé et pommes de terre nature, ou encore le « Himmel un Äd », boudin noir avec compote de pommes et purée de pommes de terre. Si l’on n’est pas encore rassasié, un bon dessert s’impose : le « Reisenapfel strudel mit vanillesauce », strudel aux pommes sauce vanille.
Enfin, pour compléter une visite colonaise, l’extension d’une journée dans les environs donnera un meilleur aperçu du Land : soit à Aachen (6), capitale de l’empire franc aux VIIIème et IXème siècles avant de devenir siège du couronnement pour le Saint Empire Romain Germanique de 936 à 1536, soit à Brühl (7), ville natale de Max Ernst qui possède un important château rococo construit par le prince-électeur Clemens-August Wittelsbach, soit encore à Bonn, ville natale de Ludwig Van Beethoven et capitale éphémère de feue la République fédérale allemande de 1949 à 1989 (8).
Pour tous renseignements complémentaires, s’adresser à :
Office de tourisme de Cologne,
Unter Fettenhennen 19, 50667 Köln, Deutschland, www.koelntourismus.de_____________
(1) foires internationales organisées sur près de 300 000 m2 répartis en 14 halles d’exposition sur la rive droite du Rhin.(2) feux d’artifice colossaux donnés en juillet. (3) carnaval de février qu’on prépare depuis le mois de novembre. (4) saison musicale de l’orchestre Philharmonique.(5) der Rheinpromenade. (6) 35mn de trajet par le Thalys direction Paris Nord, quai 8. (7) 30mn de trajet par le métro ligne 18, direction Bonn, descendre à Brühl-Mitte.(8) 25mn de trajet par le train régional direction Koblenz, quai 9.