PETITES DIABOLICATESSES… D’UNE ANDOUILLE SERPENTINE ON THE ROCK

La douce harmonie du paisible et du nécessaire musiquait un temps de couvaison thérapeutique chez les Pois Sauteurs de St Thélème.
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    La douce harmonie du paisible et du nécessaire musiquait un temps de couvaison thérapeutique chez les Pois Sauteurs de St Thélème.

    Du haut de ses hautes stratosphères Ouroboros s’était programmé suivant les consignes du Big Boss, le grand Ithyphallus, en pilotage automatique sur le logiciel : « Get Happy », aussi sur la planète bleue chacun bricolait ses désirs sur un streaming au feeling très              « Ad Libitum » cher à Deleuze. Doué de cette vue panoramique extragalactique il observait les Pois sauteurs dans leurs chamailleries intestines. Son regard fut attiré par une silhouette frétillante. Focalisant de plus près il reconnut la Comtesse.

    Dans ses douves elle semblait jouir des accents d’allégresse des Guerriers de la joie turlutant à tous vents tels les fameux bergers d’Arcadie :

    « We’re Always Chasing Rainbow ».

    Cependant, dans ses labyrinthes, Satan, le Big Boss

    « Himself » s’ennuyait.

     

     

     

     

     

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    Un jour où l’Éternité lui sembla insupportable, il céda à la pulsion d’une overdose et cliqua sur son logiciel favori :                                    « Welcome Diabolicatesses ! »

    Bientôt les petits vents coulis pollinisateurs commencèrent de souffler de travers et le doux babil entre loriots et mésanges accusa un couac É-nor-me. Un couac jamais entendu. Un couac des plus assassins. Et pour cause : il sonnait « Couic ». Mais pas toujours. Un couic sur deux, ou sur trois, ou n’importe où…

    Là, les Pois sauteurs et autres moulineurs de courants d’air opérèrent un salto arrière sur les branches de l’arbre généalogique de l’évolution, tirant un bon pied de naze aux fourches et embranchements de plusieurs milliers d’années.

    Ils régressèrent brutalement au niveau de l’amibe. Sans identité, outillés des seuls rudiments neuronaux de conscience, là où le « Moi » et le « Soi » étaient fondus dans un flou quantique d’électrons libres, d’un « Çà » improbable, ils se mouvaient avec une lenteur à peine visible, proche de l’immobilité.

    Le prof vapotait derrière son balcon. Entre deux volutes il s’absentait à lui-même, sans pour autant se perdre tout à fait de vue :

    « : On dirait que la flèche du Temps danse sur place… »

    Ailleurs, du plus profond de ses tréfonds labyrinthiques, le grand Ithyphallus prit peur. Pour la première fois de son Éternité,

    Ouroboros voyait son Big Boss suer des torrents de boue qui dégageaient une odeur asphyxiocide. Il ne put réprimer un cri. Ou plutôt un couac.

    Là, le Big Boss se réveilla en sursaut. Face à ses multi écrans qui brûlaient il s’entendit cliquer des chicots sur un Rock’n Roll endiablé :

    « Sus aux Ténèbres ! ! Vade Rétro Omphallos ! Réveillons les Puissances du Lux ! ».

    Animé d’une furie cosmique, Il activa ses logiciels « Morphogènes » : « Try ! Try, Try Again And Fail Better ! »

    Le cosmos entier résonnait de ses clics-clics, clacs-clacs électro-cosmiques.

    Il vit la Flèche du Temps frissonner… Puis s’inverser.

  • Sur ses écrans les amibes se mirent à vibrer. Des molécules émergèrent, puis commencèrent leur lente diffusion. L’intuition de Turing concernant les codes chimiques illuminait tout l’espace et le maintient de l’équilibre dynamique était bien respecté.

    Tout rentrait dans l’ordre.

    Enfin, pour un temps… Car si l’énigme de ces codes écrits sous forme linéaire comme un programme informatique est capable de générer des structures se développant dans l’espace en trois dimensions, elle n’en demeure pas moins un mystère.

    Ouroboros sentit ses anneaux antennes frémir.

    À St Thélème, face au danger des forces invisibles qui étaient la cause du Couic de la gente oiselle, un comité de grincheux ratiocineurs fut constitué. Après moult ébats et débats, vieux rogatons, croupes et croupions, croûtes et croûtons décidèrent de s’en remettre aux autorités scientifiques. Les spécialistes concernés dindonnèrent du bulbe durant des jours et des semaines pour accoucher d’un rapport nébuleux des plus éloignés de nos gentils hennequineurs de motte.

    Il y était question de bras spiralés de galaxies, de convergences d’amibes sociales pour créer des nouveaux organismes multicellulaires, le tout fondé sur des nombres et codes simples. Sauf que la théorie de la morphogénèse dans l’espace et dans le temps avait comme Ulysse plus d’un tour dans son sac. Certains un peu plus encornés que les autres crurent saisir que déjà en son temps, Platon, dans la peau d’un lanceur d’alerte, avait bien vu dans sa « République » l’impact des disfonctionnements rythmiques des sons musicaux leur donnant le pouvoir de modifier les consciences.

    Pendant ce temps les vents pollinisateurs bombardèrent de plus belle les airs et plus pernicieusement le cornet acoustique de Tête Plate, lui martelant le tympan comme sur une enclume. L’innocente victime s’échauffa et commença de se creuser les méninges afin de décrypter le message : mais, sans résultats.

    L’hippocampe en feux, se sentant basculer au bord d’un Burn Out il s’adressa au vieil écossais Arnold histoire d’harmoniser ces dissonances perceptives. Mais contre toute attente, Arnold, occupé à d’autres objets de syntonisation fit entendre son agacement d’un revers de poigne-coup –de-fouet agacé contre son kilt-serpillière :

    « What A Strange Galimatia ! Every Word Is Flight Into Amazing Fancy !

    By The Lord, Is’nt Some Of Circée’s Incantations ? It’s All Got To Be Done ! »

  • Joignant le geste à la parole il lui fit comprendre en signes symboliques que suite à des perturbateurs biotechniques il y avait quelque chose qui devait godiller dans le « Reposoir sacré ».

    Avec mille contorsions et spirales en vortex de sa sepillière-kilt, il grisolla qu’il ne prisait guère cette plongée sans filtre dans ce qu’il considérait comme les « Voies du ciel » et que pour lui, c’était domaine privé. Bref, sur un sec Coming Out de son instrument de torture, il renvoya le pauvre innocent à ses godailleries.

    Tête Plate ne captant rien au mode d’expression « Speak Low » non moins que les autres accoquinés du croupion, moines moinés et moinants, qui crurent entendre que quelque part çà godaillait du côté des godilles et que mettre en algorithme ce que le brave Escamillo appelait le « Frisson sacré des Incantations de Circée » outrepassait leurs compétences.

    Certains un peu plus cortiqués du bulbe ovulèrent que selon un chercheur astrophysicien ces perturbations pouvaient être des effets de poussières extra galactiques qui s’étaient aventurées jusque dans le cornet acoustique. Aussitôt, gâte-sauce et frise-beurre métabolisèrent et balancèrent leurs crottes sur la table. La comtesse « Herselve », sur un pic aigu de dématérialisation, pollennisa que dans les Védas on retrouvait les mêmes structures des manifestations des Lois de la Nature, relayée en chorus par les commentaires d’Arnold évoquant ses rêves :

    « Dreams Of Long Ago… Védas Are Laws Of Nature !

    And The Half Have Never Been Told… » Ajouta-t-il sous kilt.

    « Au Pourquoi pas ? » Le prof rappela la formule d’Héraclite comme quoi « La Nature aime à se voiler ». Mais… Ajouta-t-il avec une lueur lubrique dans l’œil, même si Isis se laisse dévoiler, se dévoiler n’est pas se mettre à nu » !

    Et les aiguillettes de saluer le brio de la répartie d’un vigoureux réflexe érectif d’approbation.

    C’est seulement à la fin de la soirée c’est à dire au moment où les aiguillettes étaient gonflées comme des bourses de dinosores qu’un buzz s’éleva comme quoi là-haut aux « Saillies de Satan » çà godillait aussi dans leur Reposoir sacré. Un certain brûle- gueule sévèrement allumé chercha la provoc. Après avoir craché sa gomme arabique il s’égosilla :

    « Çà « godille » ou çà « godaille ? »

    « Et toi ? T’ânonnes ou t’ahanes ? »

    « Çà branle ! » Fulmina un excité éméché.

    « Le monde est branle pérenne ! » Flûta Le prof en reprenant sa pipe.

    Après en avoir tiré quelques bouffées il ajouta : « Nous ne sommes que des électrons libres, non ? »

    Le temps d’en savoir plus dans le champ des écritures sacrées les concasseurs de lune et autres écorniflés de l’aiguillette s’entendirent

    pour marquer la « Pause ».

    L’air était électrique et chaque espinette guettait fiévreusement en catimini l’étincelle rédemptrice…

    En attendant le coup de gong, certains jouaient volontiers du sistre ou du fifre. Ci avec son ceinturon, ci avec son col de polo. Certains déjà en mode alpha s’abandonnaient voluptueusement à leur rythme biologique.

    On vit passer un vol de coquecigrues…

    Le coup de gong ne tarda point à vrombir, sonnant le déclic des hostilités.

    Ce fut en plein cœur de la célébration dominicale que les ouailles d’Escamillo le virent fioriturer son prêche de bizarreries telles que claquements de doigts et claquettes, de « Bits » de Rock’n Roll bien frappés, le tout sur une impro vocalisante des plus subversives.

    La notairesse s’épongeait tout en soufflant comme un bœuf tandis que d’autres s’étranglaient de rires. Soudain Escamillo reprit souffle et, sur l’éclair d’une intuition, balança que si dans les pays d’Orient les jonques marchent à la godille guidées par le Sanctus Spiritus, eux, pouvez bien relever ce challenge par la puissance de leur membre. Il expédia sa célébration sur un lapidaire :

    « Go ! Get Happy ! Ite Missa Est ! »

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