Combattons la ségrégation nationale et l’abandon public

Le traitement dévastateur infligé aux jeunes et mineurs étrangers sur notre sol doit appeler une condamnation nette.

Un dispositif législatif récent à la main du gouvernement (les lois du 29 juillet 2015 du 14 mars 2016) ruine le droit antérieur, lequel s’appuyait sur un principe d’égalité universel :

« Un enfant doit être protégé ».

 

Les rafles récentes de Calais et Paris combinées à un cynique abandon public font la matière d’un déchainement sans précédent du gouvernement contre les jeunes. L’implacable détermination d’Etat à l’œuvre suit un principe d’une espèce unique : La normalisation de la ségrégation nationale et la généralisation de l’abandon public.

Les deux sont indissociables.

La nouvelle figure de l’abandon public concerne les mineurs étrangers, les réfugiés, les roms, les pauvres, d’autres encore, au fond tous ceux qui dépendent étroitement, pour vivre, des décisions d’une autorité publique.

La ségrégation nationale arrache au tout formé par les habitants de ce pays des catégories toujours plus spécifiées et nombreuses de gens à séparer les uns des autres.

 

Chacun est sommé d’adhérer à cet ensemble politique néfaste que le système électoral et les machineries d’opinions qui en sont les rouages agitent et solidifient. S’ouvrent des développements fortement inégalitaires et nouveaux qui réclament une adhésion directe. Les prochaines élections, qui s’apparentent pour l’occasion à un quasi référendum, devront les consacrer comme un fait politique incontestable.

 

Il nous faut prendre des résolutions qui dépassent la posture ordinaire de la contre-information ou de la protestation. Nommer les crimes politiques n’empêche pas leur permanence. L’ordre d’Etat ne s’embarrasse guère des oppositions puisqu’il ne désespère jamais de les voir, sous une espèce ou une autre, se satisfaire des fins électorales.

 

 

Notre souhait est de combattre la ségrégation nationale et l’abandon public, aussi la nécessité renouvelée de se rassembler est-elle impérative.

 

En trouver ensemble les termes actuels, tel est l’objet de ce à quoi nous appelons.

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