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Billet de blog 16 mai 2020

L’entraide à Saint-Denis, témoignage et perspectives pour l’écologie sociale

Saint-Denis se prend l’épidémie de Covid-19 en pleine face, tant du point de vue du nombre de victimes que des conséquences du confinement mis en place le 17 mars dans toute la France. C’est en même temps ici que l’entraide s’est imposée comme un réflexe de survie intuitif, solidaire et partagé. Témoignage.

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Saint-Denis se prend l’épidémie de Covid-19 en pleine face, tant du point de vue du nombre de victimes que des conséquences du confinement mis en place le 17 mars dans toute la France. C’est en même temps ici que l’entraide s’est imposée comme un réflexe de survie intuitif, solidaire et partagé.

« À la guerre, nous opposons le soin, de nos proches jusqu’aux peuples du monde entier et au vivant »

J’ai rejoint le groupe de Saint-Denis à la suite d’un appel initié sur le journal indépendant Bastamag appelant à constituer des groupes d’entraide pour opposer le soin aux logiques de guerre et de peur prônées par le gouvernement.

Un regroupement d’abord virtuel sur Télégram, avec quelques personnes liées au mouvement des Gilets noirs, qui s’organisent dans les foyers de travailleurs migrants de Saint-Denis pour leurs papiers et leur dignité, à des militants écologistes, ou simplement avec des habitant.es n’envisageant pas de sombrer dans le repli du confinement en abandonnant tout espace collectif.  Une diversité de voisins anonymes, des voix sans visages créant peu à peu une sorte de complicité d’action au fil des réunions téléphoniques, puis plus directe au fur et à mesure avec l’organisation de collectes et de distributions… 

Comme si le confinement avait libéré notre pouvoir d’agir ici et maintenant en nous restituant l’usage de notre temps, d’ordinaire aliéné par les rythmes pendulaires et ronflants du train-train quotidien et des mobilités imposées d’un bout à l’autre de la métropole parisienne. Les échelles de l’immédiateté, de la proximité, du quartier, de la commune s’en sont trouvées réconciliées, participant à la création de nouveaux récits et imaginaires collectifs. Comme l’écrivait Thierry Pacquot : « l’écologie existentielle ne sépare jamais nos territorialités de nos temporalités, elles sont toujours reliées entre elles, elles sont interdépendantes, alors que la société fait tout pour les séparer ». Face à l’incurie de  celles et ceux qui se sont succédé à la gestion de l’appareil d’état, marchandisant notre santé et nos vies, le réflexe pour beaucoup a été de se réapproprier la responsabilité de notre sur-vie, en somme, du soin.

Le collectif s’est tout de suite positionné en soutien aux mouvements de lutte pré-existants, tout en restant ouvert à toutes personnes et demandes.  Nous avons rédigé un premier appel, avec l’idée première que le groupe était là pour s’épauler, relayer des infos fiables sur le Covid19 et son monde à Saint-Denis, faire le lien entre les besoins et les initiatives, dénoncer et lutter contre la répression et les bavures policières, nombreuses, dans des quartiers contrôlés par les forces de l’ordre depuis déjà tant d’années.  Peu à peu un travail s’est amorcé avec d’autres collectifs, comme les copains d’un centre social autogéré, et récemment expulsé ; des collectifs de solidarité avec les migrants, des syndicats, des collectifs de précaires et des militantes féministes.

© Oiseau de Passage

 A Saint-Denis, s’en sortir sans sortir

Ville ouvrière, Saint-Denis est un lieu de créativité et de résistance.  C’est également l’un des derniers endroits de la petite couronne parisienne où les aides-soignant.es, les infirmier.es, les caissier.es, les educat.eurs. rices, les chauffeu.se.rs, les livreu.se.rs, les éboueu.se.rs peuvent encore se loger. 

Ici vit une grande partie de « l’armée de réserve » de la « guerre » contre l’ennemi invisible décrétée par Macron dans son allocution du 16 mars.

Ici, les transports dont la cadence a été réduite pour faire face à la propagation du virus, sont encore bondés de personnes qui vont travailler.

Ici, le taux de mortalité a augmenté de 130% entre le 1er mars et le 20 avril . A Saint-Denis, on vit déjà en moyenne quatre ans de moins que dans le centre de Paris. Les maladies chroniques liées à la précarité sont nombreuses et l’accès aux soins très défaillant.

Ici, il faut en moyenne un an à un étranger qui travaille pour obtenir la sécurité sociale et les médecins font cruellement défaut. Les hôpitaux saturés par l’afflux de patients atteints du Covid-19 ne tiennent que grâce à l’engagement des soignants et aux soutiens, des voisins, des associations, de la municipalité, qui fabriquent des blouses, des masques, apportent des gâteaux, font la navette entre l’hôpital et la gare. Les personnels soignants sont exsangues. Beaucoup ont été contaminés par le virus faute de protection suffisante disponible à l’hôpital. Ces mêmes personnels qui avant la crise, avec leurs syndicats, dénonçaient déjà les conditions de travail et le manque de moyens.

Ici, les capacités du funérarium de l’hôpital sont totalement dépassées et les familles ne peuvent souvent pas enterrer leurs proches victimes du Covid-19 dans des conditions prévues par leur culte ou les rapatrier au pays. 

Ici, l’espace public est encore occupé par les personnes qui n’ont d’autres alternatives que d’y établir leur demeure, ou par celles et ceux qui sont confinés dans les 20% de logements insalubres que compte la ville, dans des foyers de travailleurs migrants bondés, ou dans des conditions de suroccupation qui rendent impossible le confinement.

Ici, une grande partie de la population occupait des emplois intérimaires ou travaillaient dans le secteur informel avec le confinement et se trouvent privés de revenus. Les démarches dématérialisées pour toucher ses droits au chômage ou aux allocations familiales laissent encore plus démunies les personnes qui ne peuvent se rendre à la caisse d’allocation familiale et au Pôle Emploi. 

Ici, de nombreux enfants dépendaient de la cantine pour pouvoir manger deux fois par jour et la faim, quand elle ne sévit pas, menace de nombreux foyers.

Ici, les quartiers sont quadrillés par la police nationale, qui avec le concours de la police municipale,  traque, contrôle au faciès et parfois fouille au corps et agresse les personnes, simplement parce qu’ils circulent dans l’espace public.  A l’Ile-Saint-Denis, le 23 avril, un homme s’est jeté dans la Seine pour éviter la police qui le traitait de « bicot ».

Ici, où 40% de la population est immigrée (née à l’étranger sans la nationalité française) des personnes sans papiers n’osent plus sortir, de peur de se faire contrôler par la police.

Ici, où des personnes vivent dans des bidonvilles, dans des tentes, l’accès à l’eau et aux sanitaires est souvent difficile.

Ici aussi, les habitant.es s’obstinent à survivre, à résister et inventent un autre récit que celui qui nous stigmatise dans les médias dominants et celui de populations récalcitrantes et dangereuses véhiculées par le gouvernement.

Quand les derniers remparts de l’appareil d’état s’effondrent

Sur les friches d’un État dont les gouvernants successifs ont détricoté toutes les protections et marchandisé la vie avec leurs alliés les grands investisseurs et entrepreneurs capitalistes, pousse l’entraide et la solidarité. L’Etat a remplacé la protection et le soin par la sécurité, se présentant comme le garant incontournable contre l’incertain, l’accident, le risque ; mais à condition d’en accepter le prix. Partant de ce ‘pacte de sécurité’, déjà brandilors d’attaque terroriste, l’état d’urgence sanitaire proclamé au lendemain du 17 mars est une occasion inédite de plus de contrôler les classes populaires et d’origine immigrées dans leurs moindres faits et gestes, de faire régner la peur et la défiance. Les hélicoptères, les drônes, les brigades spécialisées quadrillent la ville ; le capitalisme de surveillance sponsorisé par l’État s’installant durablement dans les pratiques et les esprits.

L’état de délabrement de la santé publique révèle en plein jour que le dernier rempart pouvant légitimer l’Etat, à savoir la redistribution et la garantie des droits, est tombé. Toutes les administrations sont prises au dépourvu par une crise que tous les rapports de l’OMS, de l’inspection générale de l’administration (Rapport confidentiel de 2005), autres rapports classés confidentiels (comme ce rapport du directeur général de la Santé, Jacques Salomon adressé au candidat Macron en 2016) avaient prédit. Déjà en amont, dans le domaine de la recherche, Bruno Canard, spécialiste des coronavirus au CNRS, accable l’absence chronique de financement et la dégradation des conditions de travail des chercheurs. A cela s’ajoute, les réductions continues ces dernières années des charges patronales sous la pression du patronat, accrues depuis le gouvernement Macron, qui a considérablement entaillé le financement du système de protection sociale. Puis en aval, dans les hôpitaux, la logique de l’efficience qui a tant dominé le new public management a sacrifié l’objectif même de protection de la vie, poussant partout à la rentabilisation des actes médicaux en restreignant drastiquement les dépenses.

Cette crise a rendu visible  l’état de dénuement d’un système de santé, qui était censé être un bien commun de la société : c’est comme se rendre compte d’une énorme arnaque.

En réaction à ce hold up et refusant la sidération passive imposée par le confinement,  se sont créés un peu partout des comités d’entraide, les brigades de solidarité populaire liés au mouvement antifasciste et inspirés de celles de Milan, et toute la myriade d’initiatives qui fleurissent un peu partout pour s’en sortir sans sortir. L’essor de la plateforme Covid-Entraide, appelant à l’auto-organisation et la formation d’un réseau de solidarité national, en témoigne. Parce que quand il ne reste plus rien, il faut tout reconstruire.

S’entraider pour survivre

Des banderoles aux fenêtres, des concerts d’un immeuble à l’autre, la ville confinée reprend son visage, le vis-à-vis redevient possible. Les voisins s’inquiètent et s’informent les uns des autres, la solidarité s’organise. De nombreuses associations culturelles ou sportives qui ont contribué à transformer la vie des quartier ces dernières semaines démultipliant les réseaux d’entraide pré-existants.

Grâce au collectif d’entraide de Saint-Denis, j’ai pu moi aussi survivre au désespoir assourdissant de l’isolement confiné.

J’ai le sentiment revigorant de participer à une initiative reposant sur la créativité et la complémentarité de gens ne pouvant se résoudre au repli. Une action collective marquée par des petites victoires :  nous pouvons nourrir une cinquantaine de familles, faire le relai avec d’autres collectifs qui préparent plusieurs centaines de repas ou organisent des maraudes auprès des personnes vivant dans la rue. Des couturières fabriquent des masques pour les familles.

En quelques semaines, d’un groupe d’habitant.es qui ne se connaissaient pas, le collectif a organisé, sans se voir physiquement, une aide alimentaire, où les contacts des uns et des autres permettent de récupérer des denrées alimentaires, des couches, et des produits d’hygiène qui sont ensuite désinfectés et livrés selon un protocole rigoureux.

Tout comme dans le domaine de la santé et toujours dans l’optique de privatisation, les pouvoirs publics s’étaient déchargés de l’aide alimentaire en faisant appel à des associations humanitaires reposant sur des bénévoles retraités. Le retrait de ces personnes plus vulnérables en période d’épidémie et la saturation de l’aide alimentaire a de nouveau démontré l’incapacité organisée de l’Etat à répondre aux besoins les plus élémentaires des gens.  C’est sur les activistes de l’entraide que repose aujourd’hui en grande partie la survie des personnes privées de ressources. 

Très vite, le collectif a créé une cagnotte. Elle permet de faire principalement des achats pour apporter des produits d’hygiène dans les foyers de travailleurs migrants en lien avec les camarades Gilets noirs qui s’y trouvent, pour acheter des couches pour des femmes hébergées d’urgence avec leurs enfants dans un hôtel et que des militantes féministes du collectif accompagnent collectivement, et pour acheter des médicaments pour une famille réfugiée…

Sur les réseaux sociaux, le collectif est devenu une plateforme où sont relayées tout plein d’initiatives ayant cours à Saint-Denis :  des occupations, des pétitions, des dénonciations de violences policières, parfois des informations de prévention sanitaire en toutes les langues, ou contre les violences faites aux femmes.

Des camarades ont aussi réalisé un guide sur toutes les initiatives d’entraide qui permettent aujourd’hui à de nombreux habitant.es de s’en sortir…

Traversés par des diversités de sensibilités politiques, nous sommes toutefois parvenus à rédiger un texte pour interpeller la municipalité, au milieu d’un entre-deux tours des élections municipales où les communistes pourraient perdre la ville qu’ils tiennent depuis 70 ans : pour que la ville mette à disposition des besoins de la population les moyens de production (la cantine centrale, l’accès à l’eau), qu’elle réquisitionne les logements vides, qu’elle intervienne dans les endroits où sont relégués des personnes mal logées et en détresse. Mais la mairie est dépassée.  Elle semble confinée dans son palais. L’aide alimentaire et le monopole que prennent certaines associations pour l’organiser, viendra sans doute nourrir les clientèles politiques de certains partis en lice pour le deuxième tour des municipales – reporté au mois de septembre. 

© Oiseau de Passage

Et après…

Mais donner à manger, sans perspective d’auto-organisation et d’auto-défense, c’est aussi risquer de contenir l’émeute. Traversés par nos diversités politiques et nos envies d’agir, l’horizon qui s’ouvre au au collectif d’entraide après le confinement est encore incertain. Les besoins sont  encore présents, mais les forces seront-elles aussi au rendez-vous quand beaucoup devront retourner au travail ? Pourrons-nous stocker encore les denrées collectées et les désinfecter dans l’établissement scolaire qui a mis a disposition ses locaux après la rentrée ? Faut-il continuer à combler les défaillances des pouvoirs publics ? Comment s’organiser collectivement sans espace public ? 

Je m’interroge sur l’après confinement sachant qu’on a mis en place des colis alimentaires et qu’on a créé des dépendances auprès des personnes et des familles.  Un des enjeux principaux de cette crise n’est-il pas au contraire le développement de l’autonomie?

Beaucoup d’initiatives d’agriculture urbaine se développent dans le département de la Seine Saint Denis, mais nos terrains sont souvent des friches industrielles très polluées. Difficile d’inscrire l’urgence sociale (15 000 à 20 000 foyers ont des  difficultés à se nourrir en Seine Saint Denis maintenant et après le deconfinement), dans une démarche d’autonomie alimentaire de plus long terme. Il y a des expériences inspirantes comme à Detroit mais comment mettre en place un mouvement d’éducation populaire et d’appropriation collective des espaces à cultiver pour nourrir une telle densité urbaine avec des pratiques alimentaires si diversifiées? Souvent, les jardins partagés au pied des tours reposent sur quelques militant.es aguerri.es qui finissent par s’approprier l’espace... Les quelques associations pour le maintien d’une agriculture de proximité (AMAP, qui livrent en direct les membres de l’association) du territoire font déjà beaucoup mais difficile de pouvoir accompagner une telle demande.

Comment poursuivre un travail de fond tant nécessaire sur l’autonomie alimentaire, sur la pérennité des liens de solidarité qui se sont créés, sur notre capacité à agir directement, au plus près pour soutenir les plus fragiles, mais aussi pour s’entraider, se sentir debout quand tout pourrait nous abattre ? 

Ce collectif a tissé des liens forts et rien ne sera plus jamais comme avant. Finalement, les droits, nous en sommes les seuls garants. C’est par cet élan des habitant.es que s’invente une nouvelle façon de mettre en commun, de faire commune. Le confinement, comme rupture et discontinuité de la vie quotidienne, est l’opportunité d’une réaffirmation de la valeur d’usage face à la valeur d’échange, de la réciprocité face au profit. Le temps libéré par l’arrêt partiel ou total du travail nous redonne un peu de souveraineté, individuelle et collective, et nous permet de construire l’autonomie par l’auto-organisation. C’est pendant ces temps là, consacrés à des tâches d’intérêt collectif, que se développent la complémentarité et l’interdépendance, bases d’une société écologique et sociale telle que défendue par le communalisme théorisé par Murray Bookchin.

Dans une ville monde comme à Saint-Denis, où coexistent plus de 100 nationalités, cette solidarité nouvelle construit des ponts entre les multiples archipels culturels et affinitaires qui souvent coexistent sans cohabiter dans la ville. Se développant dans les interstices d’un état déchu, ces unité-des-diversités seront-elles en mesure de dépasser le moment de la crise sanitaire pour se constituer comme alternative  politique durable ?

Déjà, le confinement redessine les frontières de l’intime et du politique. Dans ce nouveau rapport à soi et à l’autre qui se fait jour, un des plus grand enjeux s’avère être le soin. Ce soin, qu’on avait délégué à des institutions étatiques accaparées par des logiques de rentabilité, revient désormais entre nos mains et c’est sans doute un socle pour nous repenser politiquement, comme des communautés organiques et ancrées dans nos lieux de vies.

C’est précisément sur cette confluence des « citoyens » luttant contre toutes les dominations sur leurs lieux de vie que se base l’écologie sociale, qui revendique la démocratie directe et la relocalisation des activités de production pour satisfaire les besoins de chacun et de tout.es, tels que définis par la communauté.  Les besoins et non les injonctions à la consommation irréfrenée.

Ce que je perçois  de ce que nous faisons vivre aujourd’hui, au milieu du chaos, c’est la magnifique notion d’entraide, dont Kropotkine avait démontré qu’elle était un des principes intrinsèques à la vie, à la survie et à la reproduction des espèces vivantes. Une entraide déjà vécue  au quotidien par les sociétés émancipées des Zapatistes du Chiapas et des Kurdes du Rojava. Une entraide croissante en France depuis le mouvement des gilets jaunes et active dans les collectifs comme celui de Saint-Denis. Une entraide libertaire et collective, pré-figurant les chemins possibles du monde d’après.

Parce que leur avidité ne pourra pas nous dérober notre dignité, nos capacités, multiples et conjuguées.  S’ils nous mettent en danger, protégeons-nous, prenons soin les un.es des autres..

L’Oiseau de Passage, avec l’aide de Lino,

Transnational Institute of Social Ecology (TRISE), Mai 2020

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