A LINTERSECTION (avatar)

A LINTERSECTION

Exploratrice d'idées et de questionnements - partage de réflexions et d'expériences

Abonné·e de Mediapart

2 Billets

0 Édition

Billet de blog 11 janvier 2026

A LINTERSECTION (avatar)

A LINTERSECTION

Exploratrice d'idées et de questionnements - partage de réflexions et d'expériences

Abonné·e de Mediapart

A la recherche d'un kit de survie : Bonne année 2026

A LINTERSECTION (avatar)

A LINTERSECTION

Exploratrice d'idées et de questionnements - partage de réflexions et d'expériences

Abonné·e de Mediapart

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

On m'a appris hier qu'en numérologie nous étions en année 1.

Le début d'un cycle. D'une époque ?

Oui mais laquelle ? Parce que moi je commence l'année pleine de bonnes volontés et pourtant je dois dire que je n'en peux déjà plus.

Je n'en peux plus que mon temps d’attention soit aspiré par de l’information qui m’indigne.

Je m’épuise d’indignation.

Je n’en peux plus que mon temps de partage soit absorbé par de la simple redirection d’information.

Cela m’épuise de réfléchir seule à quelle(s) action(s) concrète(s) proposer derrière.

Je n’en peux plus d'être spectatrice d’un monde dont l'évolution va à l’encontre de toutes les valeurs que je défends. Fatiguée de regarder les bras ballants les décisions quotidiennes qui sont prises et qui vont à l’encontre du bon sens, de la justice et de la science.

Je n’en peux plus de constater la prise de pouvoir de notre espace commun par les dingueries des uns et des autres.

La conséquence est phénoménale : la construction d’un nouveau récit dans lequel des valeurs opposées aux miennes envahissent le quotidien et créent peu à peu une nouvelle réalité. Un nouveau monde, une nouvelle ère. Là. Sous mes yeux.

Des dérives individuelles et collectives qui créent un déséquilibre structurel ! Des histoires, des faits, des situations qui font le buzz, qui sont commentés, combattus même, mais qui en faisant cela, restent dans mon espace vitale. J'ai beau écouter des débats qui critiquent ou questionnent tel "fait du jour" (en provenance des instances politiques nationales, européennes, étrangères, d'entreprises, d'artistes, d'influenceurs...) c'est toujours cette action qui occupe le terrain, et pas toutes les autres. Même dans la remise en question, la place est prise. Circulez, pas de temps pour toutes les autres beaucoup plus inspirantes.

Et par dessus tout : je n'en peux plus de constater ma sidération face à cette situation alors que je sais pertinemment que c'est là l'effet escompté.

Alors oui, je peux le dire, je me fatigue moi-même de ne pas réussir à prendre la juste distance nécessaire qui me permettra de ne pas baisser les bras !

Bon. Pour ma défense, on ne peut pas dire que l'on me rende la tâche facile. Après tout, ce n'est pas comme si tous nos espaces communs s’étiolaient, s’effritaient, se désagrégeaient.

Et oui! Vous savez ? Tous nos espaces communs ! Ces espaces de liens, de partage grâce auxquels nous faisons société (mais que certains ont bien l'intention de saboter) :

Nos liens symboliques qui se vivent à travers la culture, l'art, et qui s'expriment grâce à la LIBERTE. Cet espace invisible qui nous lie les uns aux autres lorsque l'on visite une exposition, que l'on assiste à un spectacle ou à un concert, ou que l'on regarde un film. Budgets coupés! Les prévisions pour toutes les formes d’expression artistique sont alarmantes.

Nos liens sociaux qui se tissent grâce aux milliers d'association et organisations de l'ESS. Une partie de ce qui nous relie les uns aux autres dans l’engagement, le partage. La FRATERNITE (solidarité?). Les budgets sont supprimés. Combien vont fermer ? Quelles conséquences sur tous.tes les bénéficiaires?

Que dire de nos conditions de vie (survie?) : Une partie de ce dont nous avons tous besoin pour vivre (la santé, l’éducation et la nature), est en pleine destruction. Une destruction par ceux-là même qui sont censés faire des choix pour assurer cet espace commun de sécurité à nous tous.tes. EGALITE

Et ce n'est pas fini!

On en parle de notre réalité partagée ? Une partie de notre espace commun se trouve dans la diversité de l’information, dans le respect de principes et de valeurs fondamentaux qui volent en éclat ! Désinformation, privatisation de l'information, idéologie libertarienne sur les réseaux, perte de confiance et coupe des budgets pour les services publics d'information.

Et que dire de notre cadre commun ! Celui qui permet de garantir la bonne cohabition de ces différents espaces. Ce cadre dont nous avons besoin pour vivre en paix, qui s'incarne à travers la démocratie et le droit, et qui est mis à mal par certains et non protégés par d'autres. Par manque de courage, de vision, ou les deux.

(Restez avec moi, j'ai des solutions plus bas)

En revanche !

Tout ce qui peut rapporter de l’argent à celles et ceux qui ont les moyens humains et matériels à leur disposition pour combler les manques issus de ces différents effondrements énumérés ci-dessus est tout à fait favorisé ET valorisé ! Par des règles, des cadres, des process, et même des récompenses. Les valeurs qui sous-tendent ce projet sont toutes trouvées : l'efficacité (surtout si elle est technico-gestionnaire); la compétition, la concurrence, la performance, le court-termisme, l'individualisme et surtout LA LIBERTE (Libéralisme? Libertarianisme?) ! Mais seule. On laisse tomber ses deux autres copines. Trop extrêmes !

Nous vivons un moment où le tapis rouge est déroulé pour le chacun pour soi. Le retour de la règle du plus fort, et que le meilleur gagne, jusqu’au dernier s’il le faut !

ALORS MERDE.

J’en ai marre.

Trop c’est trop. J'ai besoin de me défouler en écrivant cet article et en mettant cette photo (photo sur l'article de mon blog). Une petite goutte d'eau me direz-vous, certes.

Mais rester passive je n’en peux plus. Imaginez dans 5 ans, dans 10 ans. Je leur dirai quoi à mes filles quand elles me demanderont ce que j’ai fait pour protéger la démocratie, leurs droits, leurs moyens de subsistance, leur éducation, leur santé (je ne parle même pas de leur retraite : la terre sera-t-elle encore vivable quand ça sera leur tour ? Vous imaginez ce que je suis en train d'écrire !? Une partie de mon cerveau lutte pour ne pas croire à ce que j’écris, et l’autre la regarde et lui réponds : «arrêt de lutter, tu vois bien que c’est plausible ».)

Je me sens scindée en deux.

Une partie de moi, a connu la liberté, l’égalité et la fraternité, même si elles n’étaient pas parfaites. Mais elles étaient là. Elles me permettaient de me sentir en sécurité. En liberté. La maison tenait debout et moi je me sentais en confiance. Quel cadeau précieux offerts par les générations qui nous ont précédés.

Une autre partie de moi assiste à la fragmentation de ces trois fondations. L'impensable devient plausible.

Ok, mais dois-je m'y résigner ? Certainement pas !

ALORS QUE FAIRE ?

Comment faire pour reprendre le contrôle sur le récit immonde qui nous est servi tous les jours à travers tous les canaux d'information que nous avons autour de nous et qui empêche de rendre visible et de donner la voix à toutes ces actions quotidiennes de cette majorité silencieuse qui œuvre à contre-courant de ce récit ?

Car à nouveau, j'y tiens : prenons conscience que même si nous prenons la parole pour critiquer les divers "faits du jour", ce temps de critique n'en reste pas moins un moyen d'occuper l'espace par ces mêmes "faits du jour" et non pas des exemples inspirants.

Et c'est là où ce nouveau récit gagne.

En effet, notre cerveau est câblé pour réagir au danger, à la colère, à l’indignation. L’économie de l’attention le sait, et s’en nourrit. Résultat : le négatif envahit nos écrans, nos discussions et nos esprits, laissant trop peu de place à ce qui inspire, relie et met en mouvement.

Alors critiquer oui, informer oui,

Mais agir, inspirer et faire savoir, c’est encore mieux pour rééquilibrer l’espace mental collectif, reprendre la main sur nos attentions et rendre visibles d’autres récits.

Nous devons lutter contre nous-même avant tout. Contre nos biais cognitifs.

Il faut absolument que les valeurs que nous défendons réoccupent l'espace. Non pas tant en posture de défense, mais en posture d'inspiration, pour embarquer le plus grand nombre.

Liberté - égalité - fraternité. C'est déjà un début non ?

Faire du bruit autour des valeurs dans lesquelles nous croyons. Prendre son courage à deux mains et les défendre dans toutes les micro situations de notre quotidien.

Un exemple tient : Je suis à vélo, il pleut des cordes, c’est la tempête. Est-ce que je m’arrête pour laisser passer la personne à pied qui galère avec une poussette ? Ou est-ce que j'accélère? Ca ne change rien si je passe très vite, je ne l’empêcherai pas de traverser, non ? Oui mais si je m’arrête je crée un lien invisible avec elle. Je lui montre que quelqu’un compatis avec sa situation et surtout je m’assure qu’elle n’aura pas d’obstacle à sa traversée. Elle en sera surprise peut-être, tout au tant que les gens autour. Et peut-être que cela les incitera à faire de même dans 1h, lorsqu'ils se retrouveront dans la même situation. Et je n’en serai pas moins trempée vous savez !

Et voilà. Une valeur fraternité mise en action. Une nouvelle goutte d’eau me direz-vous.

C’est vrai. (Il n'empêche que ça fait 2 depuis tout à l'heure!)

Pour autant, faire vivre nos 3 valeurs fondamentales par nos actions quotidiennes, et ne pas attendre que d’autres le fasse à notre place, ce n'est pas suffisant.

Le sentiment de solitude peut vite démotiver et donner envie de ne rien faire. "Après tout, s'il n'y a que moi, ça ne changera pas". "Ca ne sert à rien".

Comment faire alors pour que ces gouttes d’eau se relient et créent une flaque. Un lac.

Que dis-je. Un océan !

(Je laisse ici la partie idéaliste, pour ne pas dire poétique, mais non moins pragmatique, prendre le dessus).

Nous sommes unis par des récits. Et faire du bruit autour de récits qui incarnent vraiment ces valeurs.

C’est susciter de l’engouement pour faire de même.

C’est permettre à certaines et certains d’oser.

C'est inspirer, et créer un cadre propice à faire des petites actions et à savoir qu'en le faisant, on appartient à un collectif plus grand que nous.

C'est savoir que j'agis tel un agent secret en mission. On ne connaît pas ses alliés, mais on sait qu'il y en a et que c'est ensemble que nous y arriveront.

C'est participer à créer un changement.

A son échelle.

Il ne manque plus qu'à les rendre visible et à les connecter. Se relier.

On fait comment ?

Et si on se trouvait un nom de code pour commencer ?

Bonne année 2026.

---------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

BONUS TRACK POUR 2026

Une liste non exhaustive d'autres petites gouttes d'eau pour votre kit de survie

(c'est cadeau !)

1. Continuer à s’informer oui, pour évidemment ne pas fermer les yeux, au risque d’avoir la surprise de se réveiller dans un monde sombre, pétri de frustrations, de peurs et de colères de n’avoir rien vu arriver et de n'avoir rien fait.

Savoir c’est pouvoir.

3. Nourrir la joie, les rires, les moments de partage, les liens, pour maintenir un niveau d’énergie élevé car il va en falloir de l’énergie ! Que ce soit pour celles et ceux qui voudront et/ou pourront agir comme pour celles et ceux qui seront en période d'observation.

4. S’indigner, exprimer nos désaccords quand nos valeurs ne sont pas respectées.

5. Discuter, dialoguer, questionner, écouter les besoins de celles et ceux qui ont peur et se replient.

6. Poser ses limites. Apprendre à dire non.

7. Apprendre à se connaître. Pour être mieux avec les autres8. Voter ! En ayant pris le temps de s’informer sur les idées défendues autant que sur l'aspect réaliste de leur réalisation.

9. Agir sur ce que l’on peut maîtriser, ce sur quoi nous avons du pouvoir : Notre entreprise, notre équipe de travail, nos activités, nos relations dans la rue, avec les commerçants, avec nos voisins, au sein de notre famille.

10. Donner de l’argent quand on le peut pour subvenir à celles et ceux qui ont besoin ou soutenir ceux qui ont les moyens d’agir.

11. Eduquer, enseigner, transmettre, expliquer, vulgariser

12. Prendre le temps. De rien. De penser, de lire, de se reposer aussi.

13. Faire participer les enfants (adultes de demain)

14. Consommer en conscience des impacts de nos choix d’achat.

15. Se réunir pour en parler. Retrouver du collectif pour imaginer des solutions communes dans nos différents cercles de vie.

16. Être créatif. Oser.

17. Signer des pétitions, soutenir celles et ceux qui se bougent. D’une manière ou d’une autre.

18. Se mettre en mouvement, en action, aussi minime semble-t-elle être. Cela envoi un signal au cerveau que le mode "je ne me laisserai pas faire" est en marche et surtout, ça permettra de se connecter aux autres gouttes d'eau !

19. D'autres idées ? 

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.