Merdia

" Jamais un rassemblement agricole dans le Tarn n'avait attiré autant de médias. C'est derrière une forêt de caméras, de micros et d'appareils de photos qu'on a défilé dans le calme" (La dépêche edition numérique du 16/11/2014)

" Jamais un rassemblement agricole dans le Tarn n'avait attiré autant de médias. C'est derrière une forêt de caméras, de micros et d'appareils de photos qu'on a défilé dans le calme" (La dépêche edition numérique du 16/11/2014)

" Jamais un rassemblement populaire à Toulouse n'avait été snobé par les médias. C'est avec l'absence manifeste de journalistes de la Dépêche du Midi qu'on a défilé dans le calme."

Dimanche 16 novembre, le lendemain du 15 où avait lieu à Toulouse une manifestation anti-austérité dont les lecteurs de la Dépêche (édition papier du Gers) peuvent toujours en chercher la moindre trace dans l'édition dominicale de leur journal préféré... Pourtant, le boulevard de Strasbourg était noir de monde ce samedi. L'austérité n'a pas pour autant cassé la bonne humeur des manifestants qui chantaient et dansaient tout en dénonçant la politique sociale du gouvernement actuel.
La Dépêche considère que tout va bien au royaume des socialistes régnants et l'appel national du collectif "3A" n'avait aucune raison d'être... Quant aux "pue-la-sueur" qui ont battu le pavé hier dans les rues de Toulouse, ils n'avaient qu'à se rendre à Albi où la FNSEA et les "pro-barrage" ont eu droit à un traitement de faveur de la part des journalistes de la DdM et à une pleine page de pube ce dimanche pour promouvoir le barrage du Testet.

Aucun journaliste de la Dépêche ne réagira à un tel déséquilibre dans le traitement de l'info? Je n'ose le croire... Pourtant, j'ai parcouru les colonnes à m'en crever les yeux et je dois bien me rendre à l'évidence, rien sur les milliers de gens qui défilaient boulevard de Strasbourg. Alors que le silence était de mise pour ne pas annoncer les manifs anti-austérité et leurs mots d'ordre, il est toujours d'actualité pour ne surtout pas expliquer pourquoi des Français se mobilisent contre les "réformes" qui mettent à mal, chaque jour davantage, la démocratie et leurs conditions de vie.

Monsieur Baylet a passé les consignes. Le président du conseil général du Tarn et Garonne partie prenante à Sivens, propriétaire de la Dépêche, président des radicaux de gauche (à ne pas confondre avec la gauche radicale!) a toute latitude pour indiquer ce qu'il est bon de publier ou pas dans son journal: ne pas froisser ses amis au gouvernement et caresser la FNSEA dans le sens du poil... La rédaction et les journalistes acceptent sans moufter... réveillez-vous!

Jusqu'à présent j'achetais régulièrement la Dépêche (pour les "locales" comme on dit par ici). À compter de demain j'irai jeter un coup d’œil aux "locales" au bistrot mais il n'est plus question de mettre un centime d'euro dans ce torchon.

NB:
J'ai voulu passer cette contribution dans les commentaires de la Dépêche, j'ai eu ce message en retour:

"Bonjour,
Nous vous remercions pour votre contribution.
Malheureusement elle comporte une expression ou un mot refusé par notre charte de modération (voir la charte).
Veuillez reformuler votre propos afin que votre message soit validé."

J'ai remplacé le mot "torchon" par "journal" et j'ai eu le même message... je vois pas ce que je pourrai retirer d'autre...

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