Mal à la tête...

Bon. Vous avez dû le remarquer, les billets d'Humeur se font rares en ce moment. OK, pendant ces mois d'été j'étais plus souvent à arpenter les Pyrénées ou sur mon vélo, mais depuis la rentrée, je peux pas dire que j'ai forcé question productivité! Je relativise, vous n'êtes pas si nombreux à consulter les pages de ce blog!

Il faut dire que l'actualité à flux tendu désoriente sérieusement mon GPS cérébral. Je ne mets pas en cause les seuls médias, bien que ces derniers (je parle des médias dits "grand public") font danser les mots et propos de nos hommes et femmes politiques selon leur bon plaisir et jamais pour aller à l'essentiel des dits propos. La "petite phrase", le "bon mot" s'affichent rapidement à la Une des publications écrites, des éditos radio ou télé pour permettre aux spécialistes et chroniqueurs de tout poil de pérorer et s'écouter tout à loisir distiller des analyses creuses, voire "people", n'apportant rien aux lecteurs et auditeurs.
Les responsables politiques prêtent le flanc aux "ragots" médiatiques. Notamment les hommes et les femmes du gouvernement actuel avec, à leur tête, le chef de l'État lui-même. Depuis l'élection présidentielle il ne se passe pas un jour sans que l'un(e) ou l'autre ne se contredise ou contredise les propos tenus par un(e) autre ministre. Quant aux échos que ce foutoir provoque du côté de ceux qui n'en perdent pas une pour mettre à mal l'actuel gouvernement, c'est pas mieux... À droite ils se bousculent pour devenir calife à la place du calife et proposent au peuple des remèdes encore pire  que ceux de Hollande, Valls et Macron réunis avec, en guest star, le Sarko qui tente de renaître de ses cendres.
À gauche, (je rappelle ici que je ne considère plus depuis longtemps que le PS est une formation de gauche!), le Front du même nom ne me fait plus rêver comme il a pu le faire lorsque JL Mélenchon et MG Buffet ont insufflé l'idée d'un regroupement des gauches radicales sur des thèmes communs.
D'où un petit coup de mou qui s'est emparé de mon pauvre bulbe, bien encombré de toutes ces données, qui a du mal à jouer son rôle de shaker pour en tirer la substantifique moëlle.

Je viens de lire "L'ère du peuple" de JL Mélenchon. comme quoi je ne suis pas tout à fait éteint! Une fois de plus cet homme dont j'envie la rapidité et la justesse de sa réflexion a le talent de m'expliquer clairement les méfaits du jeu (étendu à l'Europe et à la planète) des politiques menées par le libéralisme (de droite ou de gauche). Je vous conseille vivement de le lire. 
Dans la foulée JL Mélenchon a lancé un mouvement pour la 6ème République. Serait-ce l'évènement qui pourrait m'aider à y voir plus clair? 
Ce mouvement qui n'est pas un parti politique (initié toutefois par le Parti de Gauche) pourrait apporter aux citoyens autre chose que l'image déplorable de ces partis qui les éloigne de plus en plus des urnes. Un mouvement "fédérateur" des déçus de la politique dès lors qu'on leur permet et qu'on les aide à "prendre le pouvoir sur leur condition de vie"? Pourquoi pas?

Après les dernières élections, JL Mélenchon déplorait un "manque de lisibilité" du Front de Gauche. Ne serait-il pas temps alors, pour le Pari de Gauche, de rompre une bonne fois avec le PC toujours à la traîne du PS? Les gens ne sont pas idiots. Les accords électoraux entre le PC et le PS vouent aux gémonies le FdG au même titre que les partis institutionnels. 
D'autre part, il me semble que ce mouvement affirme sa volonté de mettre fin au capitalisme et de ses composantes, le productivisme et la croissance à tout crin dont on sait qu'ils nous mènent à une catastrophe écologique et économique. Et, dans cette optique, osons évoquer une sortie de l'Europe, cette Europe des capitalistes justement! Comment envisager une rupture avec le capitalisme tout en respectant des règles européennes qui sont faites par lui et pour lui?

Alors oui, le mouvement pour la 6ème République est à même de rendre l'espoir pour une société dont "l'intérêt général humain" sera la ligne d'horizon de ceux qui en seront les acteurs.

À lire, un article d'Aurélien Barnier paru dans "Le Grand Soir": Tourner la page du Front de Gauche

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