Non-conformisme salvateur

Une fois de plus ce sera les enfants. Que l’on mettra dehors. Une fois de plus ce sont les enfants qui nous dérangent. Une fois de plus. Quand sortirons-nous de ce cercle infernal qui veut que seuls les enfants posent problème. Délinquance des mineurs, expulsion des mineurs. Au point même que je ne sais comment le dire. Comment dire avec sagesse ce qui provoque chez moi des vomissements. De dégoût. Certes – nous devrions sûrement l’en remercier – Nicolas Sarkozy, l’infâme, l’incapable, le tortueux, l’inénarrable Président de la République, va nous redresser ces petits durs, va nous expulser ceux qui nous dérangent. Ce qui nous dérange : l’enfance. Ce qui nous dérange : l’innocence. L’envie de vivre, aussi. Leur envie de vivre. La leur. Chez nous. Nous n’avons pas voté Le Pen. Nous avons Sarkozy. Quel bonheur que cet Homme là !!! Et puis tout cet humanisme qui transpire de sa personne !!! Là encore, c’est une guerre des idéologies qui se dessine clairement, alors que l’on nous parle pragmatisme, raison ou bien simple bon sens. Le bon sens du fascho de service, on le connaît : c’est le bon sens des abrutis. Pour cela c’est à nous de lancer l’offensive des utopies, des idéologies. Alors, ce soir, je veux vous faire rêver par un bon en arrière de quatre-vingt années, sur les pas d’André Breton : « le surréalisme, tel que je l’envisage, déclare assez notre non-conformisme absolu pour qu’il ne puisse être question de le traduire, au procès du monde réel, comme témoin à décharge. Il ne saurait, au contraire, justifier que de l’état complet de distraction auquel nous espérons bien parvenir ici-bas. […] Cet été les roses sont bleues ; le bois c’est du verre. La terre drapée dans sa verdure me fait aussi peu d’effet qu’un revenant. C’est vivre et cesser de vivre qui sont des solutions imaginaires. L’existence est ailleurs ». Dieu, qu’on savait dire les choses en ce temps là.

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